general4981 wordsRead on Arc Codex

EN DIRECT - Au moins 1800 personnes ont été interpellées hier dans toute la France, une cellule interministérielle de crise se tiendra à 19 heures

EN DIRECT - Au moins 1800 personnes ont été interpellées hier dans toute la France, une cellule interministérielle de crise se tiendra à 19 heures La journée de mobilisation du 17 octobre contre la vie chère a été marquée par des scènes de guérilla urbaine et de pillages dans de nombreuses villes. Le premier ministre Sébastien Lecornu a fait état de 1200 interpellations et de 150 policiers et gendarmes blessés. À Limoges, l’hôtel de ville a été en grande partie détruit par un incendie. Gérald Darmanin, garde des Sceaux, réclame une réponse judiciaire «extrêmement ferme». Le direct Faits Essentiels - 1500 commerçants touchés, des centaines de millions d’euros de dégâts - Plus de 1800 interpellations hier et plus de 500 membres des forces de l’ordre et pompiers blessés - Une cellule interministérielle de crise à 19 heures - Laurent Nuñez à Marseille lundi - Violences à Paris: plus de 500 personnes en gardes à vue, annonce le parquet - Paris : 855 interpellations en marge du 17 octobre - Incendie de la mairie de Limoges: «le feu est circonscrit», indique le préfet REPORTAGE - La douleur et la colère à Limoges, au pied de l’hôtel de ville en ruines : «J’en ai pleuré, comme si c’était ma maison qui brûlait» Ce dimanche matin, une centaine d’habitants sont venus voir les décombres encore fumants de la mairie de Limoges, incendiée la veille en marge d’une manifestation. Les Limougeauds sont encore sonnés, et la colère monte déjà. La police nationale «a manqué de moyens» et «a reculé» face aux casseurs, à Limoges comme ailleurs, a dénoncé dimanche le maire de la ville, Guillaume Guérin. «L’État a abandonné ses policiers nationaux face à des hordes de sauvages», a-t-il fustigé. 1500 commerçants touchés, des centaines de millions d’euros de dégâts Alexandre Bompard, président de la Fédération du commerce et de la distribution, a estimé dimanche à 1500 le nombre de commerces directement touchés par les violences de la veille, pour une facture de centaines de millions d’euros. «C’est un peu tôt» pour évaluer l’ampleur des dégâts mais «pour tout le commerce français, 1500 commerçants ont été touchés directement» et la facture sera «très élevée», a-t-il dit sur LCI en évoquant un montant de «plusieurs centaines de millions d’euros». 21 interpellations à Caen après le pillage d’un commerce Ce matin, le préfet du Calvados a fait état de «violences», «dégradations» et «intrusions visant plusieurs bâtiments publics et commerces à Caen». « À cette heure, 21 interpellations ont été réalisées, notamment à l’encontre d’individus impliqués dans le pillage d’un commerce», ajoute-t-il. Le préfet du Calvados «condamne fermement ces agissements violents, qui ne sauraient en aucun cas être assimilés à l’exercice du droit de manifester.» Les dégâts se chiffrent à «plusieurs centaines de millions d’euros», affirme le PDG des magasins Carrefour «Du désarroi, de la tristesse et de la colère»... Voilà ce que ressent Alexandre Bompard, le PDG du groupe Carrefour, au lendemain des saccages et pillages subis «par plus de 1500 commerces en France» ce samedi 17 octobre. Ce chef d’entreprise chiffre sur LCI les dégâts «à plusieurs dizaines de millions d’euros» pour ses magasins touchés, et «à plusieurs centaines de millions d’euros» pour l’ensemble des magasins touchés un peu partout en France. Évoquant «l’état de sidération» dans lequel se trouvent aujourd’hui ses équipes, il assure qu’un certain nombre des 6500 magasins Carrefour étaient «détruits» et «pour certains d’entre eux très durablement». En outre, il a appelé à «accélérer les procédures d’indemnisation». «Il faut que ça aille vite, parce que certains partenaires sont déjà en risque financier», a-t-il expliqué. Le petit commerce, déjà fragilisé, craint «le coup de trop» Le réseau des chambres de commerce et d’industrie (CCI France) a dénoncé dimanche les violences «inacceptables» survenues la veille en marge des manifestations, craignant les conséquences des dégâts pour des petits commerces déjà à la peine. Ces violences ont touché «des entreprises déjà fragilisées par des années de crises successives, par la hausse des coûts et par la baisse de fréquentation des centres-villes», observe CCI France dans un communiqué. «Pour nombre d’entre elles, ces dégradations peuvent être le coup de trop», alerte l’organisation. «Nos commerçants n’ont pas besoin de ça. Ils se battent chaque jour pour faire vivre nos villes, et ce sont eux que les casseurs ont pris pour cible. C’est inacceptable», a jugé Alain Di Crescenzo, le président de CCI France, cité dans le communiqué. Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a assuré dimanche matin sur le réseau BlueSky que le gouvernement et les services de l’État étaient «mobilisés auprès des entreprises et des commerçants affectés». Les CCI, mobilisées au côté des commerçants, appellent à «une réponse collective et rapide afin qu’aucun commerçant ne reste seul face aux conséquences de ces dégradations et de ces pillages inacceptables». De nombreux débris jonchent encore le sol de rues du centre de Paris Le 1er arrondissement de la capitale s’est réveillé groggy. Rue de Rivoli, des dizaines de débris calcinés, des plantes, ou des vélos jonchent le sol. À quelques encablures, les magasins de l’avenue de l’Opéra n’ont pas encore enlevé les planches de bois qui recouvrent leurs vitrines. Les services de la ville sont à pied d’œuvre pour effacer les innombrables tags effectués sur cet axe emblématique de Paris. Par Emile Douysset. « Nous sommes mobilisés pour vous aider » : le gouvernement veut rassurer les commerçants après les saccages du 17 octobre D’innombrables boutiques et magasins d’alimentation, d’articles de sport, de prêt-à-porter, de produits de luxe ou de téléphonie mobile ont été dévalisés et vandalisés à travers la France samedi après-midi, parfois, comme à Paris, à des kilomètres des manifestations autorisées contre la vie chère. «Le bilan va être lourd, partout dans le pays», a commenté peu avant minuit le premier ministre Sébastien Lecornu, assurant avoir «donné des instructions aux différents ministres pour qu’on se tienne aux côtés de ceux qui ont perdu leur outil économique». Le ministre du Commerce Serge Papin a dans la foulée assuré sur X «à tous les commerçants touchés» que «nous sommes mobilisés à Bercy pour vous aider». Plus de 1800 interpellations hier et plus de 500 membres des forces de l’ordre et pompiers blessés «Manifester est un droit fondamental. Semer le désordre avec violence et de manière concertée n’en est pas un», a écrit sur X le ministre de l’Intérieur. «Pour l’heure, 1800 personnes ont été interpellées et dès aujourd’hui des enquêtes sont menées pour identifier les auteurs de ces actes pour qu’ils en répondent devant la justice», a poursuivi Laurent Nuñez. Par ailleurs, «plus de 500 policiers, gendarmes et sapeurs-pompiers ont été blessés», déplore le ministre, qui ajoute que ce «bilan sanitaire n’est malheureusement que provisoire». «Les dégâts matériels sont considérables, pour notamment plusieurs centaines de commerçants.» Et d’assurer que «la République ne cédera rien à ceux qui veulent imposer le désordre et la violence». Une cellule interministérielle de crise à 19 heures Le premier ministre, Sébastien Lecornu, présidera une nouvelle cellule interministérielle de crise ce soir à 19h, à la suite de la journée de violences du 17 octobre. Seront abordées les conséquences en termes d’économie, de commerce, d’assurance, de suivi judiciaire. Le premier ministre recevra également les maires de Paris, Lyon et Marseille. Marine Tondelier appelle à la «démission» du ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez La patronne des Écologistes, Marine Tondelier, a jugé dimanche que le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez n’avait «pas d’autre issue» que la «démission», l’accusant d’avoir été «incapable de prévoir un dispositif adéquat» pour prévenir les violences en marge des manifestations du 17 octobre. «Laurent Nuñez est manifestement dépassé par la situation, dont il a clairement sous-estimé l’ampleur», a jugé sur X la candidate à la présidentielle, arguant que «des villes entières» ont été «abandonnées aux casseurs», «pendant que des manifestants pacifiques étaient violentés». Dans une publication sur X samedi, le Rassemblement national avait lui estimé que «dans une démocratie normale, Laurent Nuñez aurait déjà démissionné». Laurent Nuñez à Marseille lundi Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez se rendra à Marseille demain, a appris Le Figaro. La ville compte parmi les plus touchées par les violences de samedi. En début d’après-midi, plusieurs dizaines d’individus ont enfoncé la porte de l’hôtel de ville, sur le Vieux-Port, tandis que le commissariat central de la Canebière était attaqué. Des dizaines de boutiques ont été pillées. Le maire Benoît Payan a mis en cause le dispositif de sécurité. «Les forces de l’ordre ont été débordées», juge Hollande Les forces de l’ordre «ont été débordées», et l’État «n’a pas été capable d’assurer partout l’ordre public», a déploré dimanche François Hollande, soulignant qu’il est désormais «essentiel de ramener au plus tôt la paix civile». «Les forces de l’ordre, dont nul ne peut contester l’extrême difficulté de leur mission et qui ont elles-mêmes été agressées, ont été débordées», a jugé sur X l’ancien chef de l’État, soulignant que l’État «n’a pas été capable d’assurer partout l’ordre public». «À six mois d’une échéance cruciale pour la France, il est essentiel de ramener au plus tôt la paix civile, de garantir la stabilité du pays et d’assurer l’union des citoyens autour de la République», a par ailleurs jugé François Hollande. «Il appartient donc aux pouvoirs publics d’ouvrir des négociations sérieuses avec les organisations de jeunesse et avec les centrales syndicales», a ajouté le député de Corrèze, souhaitant qu’elles portent «sur les thèmes qui ont justifié l’ampleur des manifestations», notamment les revendications des lycéens et les craintes des Français sur le pouvoir d’achat. Dénonçant l’action de «groupes ultra-violents» et de «pillards déguisés en émeutiers», «à côté de jeunes et de manifestants qui entendaient exprimer leurs revendications», il a appelé à ce qu’ils soient «implacablement condamnés». «En 50 ans, je n’ai jamais vu ça», déplore une habitante du quartier République Suzie, 76 ans, qui habite avenue de La République, depuis 50 ans, est venue constater les dégâts. Elle contemple, effarée, les kiosques de la place de la République qui finissent de se consumer. «Je trouve ça lamentable. En 50 ans, je n’ai jamais vu ça. À côté de chez moi, il y a une parfumerie. Ils l’ont pillé, ont jeté toutes les boîtes de parfum dehors. C’est à pleurer», déplore-t-elle. Et d’insister, en colère : «Qui va payer tout cela ? On m’a dit que les boutiques pliées allaient faire marcher leur assurance. Mais ce n’est pas aux assurances de payer, c’est aux casseurs !» «La police fait son travail. Et elle le fait tant bien que mal, alors que d’autres veulent mettre de l’huile sur le feu, comme Mélenchon», poursuit la septuagénaire, qui n’a pas de mots assez durs contre LFI. Elle reste pantoise face à l’ampleur des violences survenues hier. «Mes voisins m’ont dit que les militaires n’avaient pas que ça à faire que de venir secourir les policiers, un samedi après-midi, mais quand on voit les dégâts… Je trouve que le gouvernement aurait pu se bouger bien plus, pas qu’hier, mais depuis plus longtemps.» Suzie s’inquiète des prochaines années pour son pays. «La réponse, elle se trouve plus à droite qu’à gauche», avance-t-elle au sujet de l’élection présidentielle. «Mais bon courage à celui qui prendra la suite, il aura beaucoup de boulot !» Par Jeanne Durieux. «On va en avoir pour la journée» : scènes de désolation dans le quartier historique des jeux vidéo à Paris À République ce dimanche matin, les stigmates de la veille sont bien partis pour rester. Le boulevard Voltaire, quartier historique du jeu vidéo et de la pop culture à Paris, a été saccagé par des centaines de pilleurs, qui ont laissé derrière eux, sur les pavés restants, des milliers d’emballages de cartes Pokémon, de boîtes de jeux vidéo et de figurines Pop. Les vitrines, brisées, laissent entrevoir le pillage dont ont été victimes les boutiques. Certaines d’entre elles, telles que All Geeks et Hobby One, ont été protégées par des panneaux de bois à l’aube. Les agents de la ville, de leur côté, s’affairaient pour nettoyer la marchandise perdue. «On aurait dû amener une pelleteuse!», clame l’un d’eux. «On va en avoir pour la journée», lui rétorque un autre. Un badaud, qui semble connaître le patron d’un des commerces visés, craint que le boulevard, déjà éprouvé par le manque de ventes, ne se révèle pas. Les gérants du « manga story » contemplent les dégâts, affligés. Une des deux boutiques a été prise d’assaut par les manifestants. «Ils ont tout volé, tout pillé. On a vu des filles sortir de la boutique, ouvrir les boîtes pour prendre leurs jeux et se casser en riant, d’autres qui se filmaient en sautant sur les vitres. On n’a plus rien», constate, atterrée, l’une des gérantes. «On n’a même pas pu entrer dans la deuxième boutique. On attend la police pour qu’ils fassent des scellés et des empreintes, mais pour ce que ça va changer…» Par Steve Tenré et Jeanne Durieux. À Lyon, face aux émeutes d’une «ampleur inédite», la «priorité a été de protéger les vies», assure le préfet Au lendemain des dégradations sans précédents à Lyon, le maire écologiste, Grégory Doucet, et le préfet du Rhône, Étienne Guyot, sont apparus face à la presse visiblement marqués et sous les huées de certains habitants venus constater les dégâts. Devant le kiosque de l’office du tourisme de la place Bellecour, incendié hier et encore fumant, ils ont dit leur désolation dans l’odeur des fumées encore tenace. C’est le sentiment qui prévaut dans toute la presqu’île, encore jonchée de bris de verre et de cartouches de grenades lacrymogènes. «J’ai eu peur», a dit le maire. «J’ai été angoissé pour la vie de certains». Le préfet a assuré de l’importance du dispositif déployé alors que les forces de l’ordre ont semblé dépassées par l’ampleur des dégradations et des pillages. La priorité des forces de l’ordre a été «de protéger les vies», ajoute Étienne Guyot. Lors des affrontements entre émeutiers et forces de l’ordre samedi, une centaine de policiers ont été blessés et 160 personnes placées en garde à vue, a précisé le préfet. «Ils ont vidé nos boutiques», a hurlé un commerçant à l’attention du préfet dans un climat tendu. «Je pleure», confie un passant. D’autres balais et sacs en mains, protégés de gants ramassent les débris. C’est le cas de Laetitia, habitante du 7e arrondissement et présente sur la manifestation hier en soutien des revendications lycéennes. «Ça fait mal au cœur de voir ça, c’est désolant, ça fausse toutes les revendications», regrette-t-elle. À lire aussi Manifestations du 17 octobre : à Lyon, les images de l’office du tourisme saccagé et incendié sur la place Bellecour Par Antoine Sillieres «Plus de 1000 agents de propreté déployés dans la capitale», annonce Emmanuel Grégoire «Après les dégradations d’hier, Paris se relève grâce à la mobilisation exceptionnelle de ses agents», a écrit sur X le maire de la capitale, Emmanuel Grégoire. «Depuis 3 heures du matin, plus de 1000 agents de propreté sont déployés dans toute la capitale», soit «trois fois plus qu’un week-end habituel». Violences à Paris: plus de 500 personnes en gardes à vue, annonce le parquet Plus de 500 personnes (517) sont en garde à vue dimanche après les violences et pillages commis samedi à Paris, plus précisément 346 personnes majeures et 171 mineurs, a indiqué le parquet de la capitale dans un bilan «pas encore consolidé». «Les interpellations ont duré toute la nuit, et jusqu’aux alentours de 6 heures du matin», a précisé le ministère public, avec des arrestations majoritairement pour recel de vol, groupement en vue de commettre de violences ou encore dégradations. 63 interpellations à Montpellier et plus d’une dizaine de commerces saccagés et pillés La préfète de l’Hérault a, ce matin, publié un communiqué pour partager le bilan des débordements au cours des manifestations d’hier. 35.000 personnes ont manifesté à Montpellier contre 1300 à Béziers. Dans les deux villes, des centaines d’individus ont participé à des déambulations sauvages. À Montpellier, «la fin du cortège a sombré dans une violence sans précédent», relate le communiqué, rapportant «de nombreuses dégradations, des pilages de commerces par des manifestants cagoulés ou visages dissimulés, et armés de projectiles». Plus d’une dizaine de commerces ont été saccagés et pillés. Aussi, 63 personnes ont été interpellées à Montpellier. Pas moins de 36 policiers ont été blessés. À Béziers, six personnes ont été interpellées et deux policiers ont été blessés. «Un cauchemar absolu» : scènes de désolation à Paris ce matin La rue Saint-Denis est jonchée d’éclats de verre et de débris, au lendemain d’une journée de mobilisation qui a viré au chaos. Sous les centres des barricades et des vélos, des volutes de fumée s’élèvent encore. Une odeur de brûlé s’en dégage. Plusieurs voitures ont été brûlées, la boutique Celio a été pillée. «It is an absolute nightmare, what is wrong with French people», (c’est un cauchemar absolu, qu’est ce qui cloche avec les Français, NDLR) lance un touriste étranger sur son vélo électrique. Au niveau de grands boulevards, les camions ont déblayé sommairement, juste pour permettre aux voitures de circuler. Par Jeanne Durieux. Dans le département du Nord, 56 policiers et un sapeur-pompier blessés, deux boutiques incendiées à Lille Dans un communiqué, la préfecture du département du Nord a indiqué que 25.890 personnes ont participé à des manifestations à Lille, Douai Dunkerque, Maubeuge et Valenciennes. Si ces manifestations se sont «globalement déroulées dans le calme», «près de 2000 éléments violents ont affronté les forces de l’ordre dès 12H30», et jusqu’à tard le soir, «avec un niveau d’intensité très haut». Deux commerces - un restaurant Macdonalds et un magasin - ont été incendiés. Plusieurs centaines de personnes ont aussi tenté, à plusieurs reprises et sans succès, «d’envahir la mairie», relate la préfecture. Par ailleurs, 69 personnes ont été interpellées. «Les sapeurs-pompiers ont pris en charge 34 personnes» caractérisées de «blessés légers», tandis que les forces de l’ordre déplorent 56 policiers blessés et un pompier. La mairie de Paris déplore un «manque de moyens» policiers contre les pillages La première adjointe PS au maire de Paris, Lamia El Aaraje, a déploré dimanche «un manque de moyens» policiers pour mettre un terme aux scènes de pillages constatées samedi jusque dans la nuit dans de nombreux secteurs de la capitale. «Il y a eu clairement, je dirais, un manque de moyens hier soir sur la capitale», «ce n’est pas acceptable de voir à l’image des gens saccager des commerces et s’en prendre physiquement» à des bâtiments, a critiqué sur franceinfo le bras droit du maire socialiste Emmanuel Grégoire. L’élue a évoqué «un niveau de violence que nous n’avons, je crois, jamais vu» à Paris. Hôteliers et restaurateurs ne veulent pas être les «victimes collatérales» des violences «Nos établissements ne sont pas des défouloirs. Nos professionnels ne peuvent pas être, manifestation après manifestation, ceux qui paient la facture des violences», a déploré dimanche le nouveau président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih), Franck Chaumes, cité dans un communiqué de la principale organisation du secteur hôtelier. «Ces violences qui frappent nos établissements sont inacceptables», note l’Umih dans ce communiqué, en relevant que «le droit de travailler, d’entreprendre et d’accueillir ses clients en sécurité» constitue une liberté fondamentale, au même titre que le droit de manifester. «Nous ne voulons pas être les victimes collatérales» de ces violences, a abondé le nouveau vice-président de l’Umih, Valentin Prudon, dimanche sur RMC en lançant un «appel au calme». Les saccages et pillages survenus samedi en marge des manifestations contre la vie chère dans plusieurs grandes villes françaises ont entraîné «des annulations de fait» dans des établissements devenus «inaccessibles du fait des violences», a-t-il expliqué. Notant qu’il était encore trop tôt pour donner des chiffres précis de l’impact sur l’activité des hôtels et restaurants concernés, il a cependant souligné que de nombreux établissements avaient dû fermer en prévision des manifestations ou avaient vu leur activité ralentir. Dans la capitale, 13 forces de l’ordre et deux pompiers blessés Dans la capitale, 13 policiers et gendarmes ont été blessés ainsi que deux sapeurs-pompiers, rapporte la préfecture de police de Paris ce matin. «Ces blessures rappellent la violence des situations auxquelles les personnels mobilisés ont dû faire face», souligne-t-elle. À Paris, des groupes violents, «notamment d’ultragauche, ont multiplié les tentatives de blocages», rapporte la préfecture «La journée du 17 octobre sur l’agglomération parisienne a été marquée par un cortège principal de 110.000 manifestants, qui s’est déroulé sans incident majeur, tandis que plusieurs groupes violents, notamment d’ultragauche, ont multiplié les tentatives de blocages, les cortèges sauvages dans le centre de Paris et des pillages, en particulier dans les secteurs République / Sébastopol et Madeleine / Faubourg Saint-Honoré», rapporte la préfecture de police de Paris. Les groupes violents, arrivés «en fin d’après-midi», étaient «inhabituellement» plus nombreux que précédemment observé, avec de «500 à plus de 1000 personnes», poursuit le communiqué. «Leur objectif était exclusivement de commettre des vols et des pillages.» «Ils ont cassé notre patrimoine» : la désolation et la colère à Limoges Ce matin, les Limougeauds se réveillent groggy. Beaucoup se sont pressés dès l’aube pour constater les dégâts et immortaliser la scène. Alors que s’échappe encore une légère fumée de la toiture, Jean-Pierre peine à retenir ses larmes : « Je ne pensais jamais voir ça de ma vie. Ils ont cassé notre patrimoine. » De nombreux véhicules de pompiers et de forces de l’ordre sont encore présents pour sécuriser le périmètre. Les pompiers semblent eux aussi abattus et épuisés après avoir passé la nuit à tenter de limiter les ravages du feu. Alix Vermande, à Limoges Paris : 855 interpellations en marge du 17 octobre Un total de 855 interpellations dans l’agglomération parisienne, selon un dernier bilan partagé par la préfecture de police de Paris. Au lendemain d’une intense journée de mobilisation qui a viré au chaos, la préfecture de la capitale a indiqué par communiqué que «grâce à l’intervention déterminée des forces de l’ordre, la situation a pu être stabilisée à partir de 23 heures.» «Les opérations de contrôles se sont poursuivies en aval, notamment dans les transports, permettant la découverte et la saisie de nombreux biens volés», poursuit le communiqué. «Si le bilan précis des commerces dégradés ou pillés reste à consolider, l’ampleur des dommages constatés est significative.» Le dernier bilan du jour, à 8 heures, fait état de 855 interpellations. «Le travail judiciaire se poursuit. L’exploitation des images de vidéoprotection, notamment, doit permettre d’identifier et de confondre d’autres auteurs dans les prochains jours», assure la préfecture. Incendie de la mairie de Limoges: «le feu est circonscrit», indique le préfet L’incendie qui a dévasté l’hôtel de ville de Limoges est «circonscrit», a déclaré le préfet de la Haute-Vienne Maurice Barate, dimanche sur LCI, précisant que les «pompiers sont en train d’éteindre les dernières braises». «C’est sciemment que le feu a été mis», a dénoncé le représentant de l’État en fustigeant «une horde sauvage» à l’origine du sinistre, qui a très lourdement endommagé l’édifice du 19e siècle, et causé de très nombreux dégâts dans la capitale limousine. «Laurent Nuñez, vous le dites vous-même, vous avez perdu le contrôle» : les nationalistes sortent des archives une vidéo du ministre de l’Intérieur Un extrait récent, utilisé par des élus RN et UDR. Alors que la journée de mobilisations s’achevait à peine et que les pillages se succédaient, des nationalistes ont publié sur X un passage d’une interview du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, quelque peu embarrassant. «Nous n’avons pas perdu le contrôle. Perdre le contrôle c’est lorsque vous avez des hordes qui pillent des magasins et commettent des exactions», avait-il déclaré au micro de France Inter le 6 octobre 2026. «Le gouvernement reconnaît lui même qu’il a perdu le contrôle !», s’est alors exclamé le maire de Nice, Éric Ciotti, en partageant l’extrait. Le député de l’Ain et membre du parti à la flamme Jérôme Buisson s’en amuse aussi : «c’est Laurent Nuñez qui le dit : Laurent Nuñez a perdu le contrôle», écrit-il sur X. Et de l’appeler, dans une autre publication, à démissionner. Le compte officiel du Rassemblement national s’est aussi emparé de la polémique, et a publié un montage de vidéos de pillages avec, en fond sonore, la fameuse interview du ministre datée du 6 octobre 2026. Le parti l’apostrophe : «Laurent Nuñez, vous le dites vous-même, vous avez perdu le contrôle.» Les maires de Paris, Marseille et Lyon demandent des comptes à Sébastien Lecornu Les maires de Paris, Marseille et Lyon, dont les villes ont été durement frappées par les saccages et les pillages, souhaitent être reçus par le premier ministre dès le début de la semaine. Dans une déclaration commune publiée samedi soir, Emmanuel Grégoire (PS), Benoît Payan (divers gauche) et Grégory Doucet (Les Écologistes) réclament des explications sur les événements qui ont conduit à de telles scènes de violence. «Nous exigeons qu’un diagnostic précis soit établi, expliquant l’enchaînement d’événements ayant abouti à cette situation. Cela ne peut et doit pas se reproduire», écrivent les trois édiles, qui souhaitent associer à leur démarche les maires des autres communes touchées. Samedi, Benoît Payan avait notamment dénoncé l’insuffisance des effectifs policiers initialement déployés à Marseille. Laurent Nuñez a fermement rejeté ces critiques dans la soirée, assurant que le dispositif de maintien de l’ordre «n’était pas sous-dimensionné». La gestion policière de cette journée s’annonce comme l’un des principaux sujets de débat politique de ce dimanche. «Semeurs de chaos», «choisir son camp», «commandement aberrant» : la classe politique unie dans la condamnation, divisée sur les responsabilités Les condamnations se sont multipliées samedi soir après les scènes de violences et de pillages qui ont secoué plusieurs villes françaises. Mais derrière l’indignation, les responsables politiques s’opposent sur les causes des débordements et leurs responsabilités. Pour Marine Le Pen, les revendications sociales ont été «prises en otage par l’extrême gauche» et par les discours des députés insoumis. Jordan Bardella dénonce «les professionnels du chaos», Bruno Retailleau (LR) une «violence anti-flic». Édouard Philippe réclame «la plus grande fermeté». Si Jean-Luc Mélenchon a appelé au calme dans la soirée - «Ceux qui partagent notre combat n’ont rien à faire dans le pillage, le saccage» -, le tient le «commandement aberrant» de la préfecture largement responsable du chaos. Olivier Faure et Marine Tondelier mettent eux aussi en cause la doctrine du maintien de l’ordre. Raphaël Glucksmann regrette que les revendications des manifestants pacifiques soient «assourdies par le fracas des casseurs». À Limoges, l’hôtel de ville est «en grande partie perdu» C’est l’une des images les plus saisissantes de la journée. L’hôtel de ville de Limoges, inauguré en 1883, a été ravagé samedi soir par un incendie vraisemblablement criminel, après l’intrusion d’un groupe d’individus en marge de la manifestation, selon la préfecture. Le feu se serait déclaré à l’intérieur avant de gagner la toiture. «Il est en grande partie perdu», a déclaré le préfet de la Haute-Vienne. Des centaines d’habitants ont assisté, désemparés, au brasier. Les images ont été reprises jusqu’aux États-Unis, où le vice-président JD Vance a imputé les violences à l’immigration. 1200 interpellations, 150 policiers et gendarmes blessés : le dernier bilan provisoire Selon le premier ministre Sébastien Lecornu, qui rencontrait hier soir des CRS mobilisés à Paris, le bilan provisoire de cette journée du 17 octobre est de 1200 interpellations et 150 policiers et gendarmes blessés lors des violences survenues en marge des manifestations. «Il est temps de choisir son camp, soit celui de la République, soit celui des casseurs», a lancé le premier ministre, qui estime qu’un «point de non-retour» a été atteint. Un peu plus tôt, lors d’un point presse, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez avait indiqué que deux policiers avaient été transportés inconscients à l’hôpital, l’un d’eux ayant été touché par un pavé. À Saint-Étienne, un mineur de 17 ans a été «gravement blessé à la main», selon la préfecture de la Loire. Le parquet a ouvert une enquête, confiée à l’IGPN. Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a demandé aux parquets une réponse judiciaire «extrêmement ferme». Il souhaite que la détention provisoire soit requise contre les auteurs de violences visant les forces de l’ordre, les pompiers, les bâtiments publics et les commerces. Bienvenue dans ce direct, au lendemain d’une journée de violences dans toute la France La France se réveille ce dimanche après une journée de mobilisation du 17 octobre contre la vie chère marquée par des scènes de guérilla urbaine et de pillages dans de nombreuses villes. Selon le ministère de l’Intérieur, 550.000 personnes ont défilé samedi, dont 110.000 à Paris. Les organisateurs revendiquent de leurs côtés 800.000 manifestants. Commerces pillés à Paris, Marseille, Lyon, Bordeaux, Nantes et Nice, mairies prises pour cible à Marseille et Lille, hôtel de ville de Limoges ravagé par les flammes : la journée laisse un lourd bilan. Dans la soirée de samedi, le premier ministre Sébastien Lecornu a fait état de 1200 interpellations et de 150 policiers et gendarmes blessés. Suivez avec nous dans ce direct l’évolution des bilans, les réactions politiques et les suites judiciaires. À retenir • Les débordements de violences ont donné lieu à 1200 interpellations. Au moins 150 policiers et gendarmes ont été blessés, dont deux transportés inconscients à l’hôpital. • Des commerces ont été pillés à Paris, Marseille, Lyon, Bordeaux, Nantes et Nice. L’hôtel de ville de Limoges a été en grande partie détruit par un incendie. • À Saint-Étienne, un mineur de 17 ans a été grièvement blessé à la main, selon la préfecture. L’enquête a été confiée à l’IGPN. • Le gouvernement accuse l’ultragauche et promet une réponse judiciaire « extrêmement ferme ». Les maires de Paris, Marseille et Lyon demandent à être reçus par Sébastien Lecornu. fibule le 1.800 ! Et beh, ça va en faire des non-lieux et des défauts de procédure tout ça. anonyme le Toute la droite doit se mettre derrière Marine Le Pen pour qu’elle puisse passer au premier tour. Sur la base d’un accord commun en mettant son égo de côté anonyme le Suspension de toutes les aides sociales à concurrence du remboursement des dégâts occasionnés et suspension de tous les sites de revente en ligne jusqu’à nouvel ordre Exécution immédiate

How it works

Once you click Generate, Ollama reads this article and crafts 5 comprehension questions. Your answers are graded against the article content — general knowledge won't be enough. Score 70+ to count toward your certificate.

Questions are cached — you'll always get the same 5 for this article.