EN DIRECT - La CRS 8 de nouveau déployée à Paris, des affrontements et des pillages en cours aux abords de la place de la République
EN DIRECT - La CRS 8 de nouveau déployée à Paris, des affrontements et des pillages en cours aux abords de la place de la République
La CRS 8, spécialisée dans la lutte contre les violences urbaines, est de nouveau mobilisée dans la capitale alors que de nouvelles scènes de violences sont à déplorer.
Le direct
Faits Essentiels
- Limoges : 7000 personnes rassemblées pour une marche après l’incendie de l’hôtel de ville
- Marine Le Pen dénonce «une crise profonde» qui «fait peser une menace sur la démocratie»
- Marseille : 30.000 pilleurs et 8000 émeutiers comptabilisés
- Nouvelles scènes de pillage en plein Paris
- La CRS 8, spécialisée dans la lutte contre les violences urbaines, à nouveau déclenchée à Paris
- Emmanuel Macron doit «demander pardon» et s’en aller, assène Jordan Bardella
- Limoges : entre 2000 et 3000 personnes violentes présentes samedi, selon le préfet de Haute-Vienne
- L’Association des maires de France appelle au rassemblement devant les mairies lundi à midi
- La tension grimpe place de la République
- De nouvelles tensions place de la République
- Donald Trump affirme que «la France brûle», un pays «brisé» par l’immigration
- 2000 interpellations en France, selon Nuñez, qui se rendra lundi à Marseille
- Une allocution d’Emmanuel Macron ce soir, à 20 heures
- Braun-Pivet va proposer une commission d’enquête parlementaire sur les violences et la stratégie de maintien de l’ordre
- 1500 commerçants touchés, des centaines de millions d’euros de dégâts
- Plus de 1800 interpellations hier et plus de 500 membres des forces de l’ordre et pompiers blessés
- Une cellule interministérielle de crise à 19 heures
- Laurent Nuñez à Marseille lundi
- Violences à Paris: plus de 500 personnes en gardes à vue, annonce le parquet
- Paris : 855 interpellations en marge du 17 octobre
- Incendie de la mairie de Limoges: «le feu est circonscrit», indique le préfet
Pour Marine Le Pen, la violence «ajoute du problème au problème»
Pour Marine Le Pen, la violence «ajoute du problème au problème». «La violence n’est pas une opinion, la destruction n’est pas un mode d’expression et le chaos ne peut faire office de projet pour la France», a-t-elle affirmé.
La candidate à la présidentielle pointe le rôle de LFI dans ce «mouvement» de propagation de cette violence, ainsi que «sa branche armée, les groupes antifas qui se réfèrent de manière absurde aux révolutions sanglantes sud américaines, ou plus grave, au conflit du Proche-Orient».
«On voudrait faire croire que la violence est devenue un moyen légitime d’expression politique et une solution aux problèmes des Français. En réalité, ces pyromanes sociaux aggravent la situation», a-t-elle ajouté.
Limoges : 7000 personnes rassemblées pour une marche après l’incendie de l’hôtel de ville
7000 personnes sont rassemblées à Limoges ce dimanche soir pour une marche après l’incendie de l’hôtel de ville, selon la mairie.
Édouard Philippe : «les maires n’ont pas été abandonnés»
«Les maires n’ont pas été abandonnés», a répondu Édouard Philippe aux questions des journalistes portant notamment sur l’incendie de la mairie de Limoges. «La question est», en revanche, «de savoir si de bonnes mesures ont été prises au bon moment».
«Avant de se prononcer sur l’état d’urgence, qui est un dispositif qui existe et peut permettre un certain nombre de choses qui ne sont normalement pas permises dans le droit commun», il faut «comprendre ce qui s’est passé» et comprendre s’il «y a eu une faille dans le renseignement, un défaut ou une mauvaise information dans le niveau de force utilisé.»
17 octobre : une jeune femme perd un œil à Mulhouse, l’IGPN saisie
Le parquet de Mulhouse annonce dimanche avoir saisi l’inspection générale de la police nationale (IGPN) après qu’une adolescente a été blessée en marge de la journée de mobilisation contre la vie chère et a perdu un œil.
Le parquet a saisi la délégation de l’IGPN à Metz d’«une enquête de flagrance pour violences aggravées», a précisé le procureur de la République de la ville, Nicolas Heitz, dans un communiqué.
Selon les premières investigations, la victime est «une jeune femme âgée de 17 ans, née à Mulhouse», a-t-il dit. «Malheureusement, malgré l’intervention chirurgicale réalisée en urgence, la perte de son œil gauche est définitive», a-t-il ajouté.
À lire aussi «C’était la guerre» : à Marseille, les commerçants écœurés par les pillages et les violences du 17 octobre
Marine Le Pen fustige un «pouvoir macroniste à bout de souffle, épuisé, désorienté»
Marine Le Pen a mis en cause la responsabilité du «pouvoir macroniste à bout de souffle, épuisé, désorienté, qui semble incapable de faire autre chose que de commenter sa propre impuissance, déchéance».
Selon la candidate, le gouvernement ne fait que «déplorer les événements sans parvenir à les prévenir et les gérer», pointant «un pouvoir minorité et disqualifié qui s’accroche aux dernières bribes de son pouvoir».
«À force de ne jamais être entendus, les plaintes des Français ont été transformées en exaspération et parfois en colère», a-t-elle ajouté.
À Lyon, tentative de pillage d’un magasin Lacoste avant l’intervention de la police
Un groupe d’une cinquantaine de jeunes, cagoulés pour la plupart, a tenté de briser la vitrine d’un magasin Lacoste à Lyon avant que la police n’intervienne, a constaté dimanche un journaliste de l’AFP. Ce groupe était parti de la place Bellecour vers une rue commerçante de la ville mais la police a réussi à le disperser notamment en lançant des gaz lacrymogènes.
Les casseurs sont parvenus à desceller un panneau d’indication et se sont servis du pied en fer pour tenter de briser la vitrine du magasin, encouragés par les cris d’autres jeunes, parfois très jeunes. La police qui surveillait non loin est rapidement intervenue avec des tirs de gaz lacrymogène, faisant fuir les casseurs. Trois d’entre eux ont été interpellés, dont l’un a été laissé libre, a constaté sur place l’AFP.
Marine Le Pen dénonce «une crise profonde» qui «fait peser une menace sur la démocratie»
Marine Le Pen a condamné les «destructions» et les «pillages» commis à Paris et ailleurs en France par des «casseurs politisés venus de la banlieue», dans une allocution retransmise à la télévision. «Les symboles les plus sacrés de notre République ont été profanés», a-t-elle déploré, en référence aux dégradations survenues dans plusieurs mairies, notamment à Marseille où une Marianne a été «brisée».
La candidate à la présidentielle a aussi regretté le pillage de centaines de commerces. «C’est la République entière qui a été atteinte», a-t-elle estimé. «La France ne peut pas, ne doit pas et ne s’habituera jamais à de telles scènes», a-t-elle encore appelé.
La cheffe de file des députés RN à l’Assemblée a déclaré que «nous vivons une crise profonde de confiance et d’autorité» qui «pèse» et «menace», selon elle, la démocratie.
Édouard Philippe fustige un «niveau de violence hallucinant» et un «mélange délétère» entre «l’ultragauche» et «les pilleurs»
Invité du grand oral de BFMTV- Le Figaro, le candidat à la présidentielle Édouard Philippe a évoqué un «niveau de violence hallucinant». «Toutes les images sont choquantes: les images de charges des effectifs de police face à des gens qui balancent des pavés, les mairies saccagées… Rien ne justifie cette violence, ces saccages», a assené le maire du Havre.
«Les pilleurs et les pyromanes n’ont aucune revendication si ce n’est mettre à bas l’ordre public. Tout cela est extrêmement dangereux. Le désordre choque tous les Français, c’est une division qui est en train de frapper le pays», a encore martelé le candidat. Lequel a insisté sur le fait que «frapper» des lieux de pouvoir comme les mairies n’est «jamais un hasard».
Il y a un «mélange délétère entre l’ultragauche qui a une logique révolutionnaire et veut tout conflictualiser» et «des pilleurs et des pyromanes, qui considèrent que dès lors que le désordre est là, il faut le nourrir, par opportunisme», a-t-il encore commenté.
Marseille : 30.000 pilleurs et 8000 émeutiers comptabilisés
Au plus fort de la flambée de violences survenue hier soir, 30.000 pilleurs et 8000 émeutiers ont été comptabilisés, a indiqué la préfecture de police dans un communiqué. De nombreux magasins ont été pillés. Entre 7h du matin et 1h du matin, 432 policiers nationaux et 240 CRS ont été déployés. 2 centaures ont notamment rejoint le service en renfort.
99 personnes ont été placées en garde à vue, en lien avec les émeutes. 118 effectifs ont été blessés, dont 3 qui ont dû être hospitalisés.
«J’ai tout perdu, je suis à la rue»: le traumatisme d’un réparateur de téléphone dont la boutique a été vandalisée
Hassan a ouvert son magasin il y a trois mois. Samedi soir, «au moins 100 personnes, peut-être plus, sont rentrées dans le magasin», raconte-t-il au Figaro. Les larmes aux yeux, il nous montre une vidéo prise par les habitants de l’immeuble. On y voit plusieurs dizaines d’individus entièrement vêtus de noir frapper le volet du commerce. Parvenus à leur fin, ils ont vandalisé tout l’intérieur. Ce midi, il ne reste rien dans les placards. Au sol, ce ne sont que des débris de verre et des emballages. «Je peux tout recommencer, se lamente Hassan. J’ai tout perdu, je suis à la rue.»
Quelques voisins rentrent à leur tour dans la boutique, sidérés par l’ampleur des dégâts. Certains proposent au réparateur de lui préparer des plats chauds, d’autres placardent un QR code relié à une cagnotte mise en place pour le soutenir.
Par Émile Douysset
Nouvelles scènes de pillage en plein Paris
De nouvelles scènes de chaos ont éclaté en plein Paris. Le magasin «Petite Mendigote», situé rue Beaurepaire, a été pillé en quelques secondes par plusieurs casseurs. Cette rue avait déjà été le siège de fortes violences samedi : un Franprix avait notamment été dévalisé.
Une jeune femme se tient encore devant la boutique de vêtements. C’est une voisine, elle a vu les gens, des hommes, tous cagoulés, attaquer le magasin et elle leur a crié d’arrêter depuis sa fenêtre. « Ils m’ont répondu que c’était cher, que c’était une grande chaîne. » C’était il y a dix minutes, ils ont pris des vêtements, la jeune femme a prévenu les propriétaires de la boutique et attend devant qu’ils arrivent. « Ils vont revenir », la préviennent les voisins.
« Ça dessert le mouvement », se désole-t-elle les pieds dans les bris de verre. Au bout de la rue, un groupe de jeunes arrivent, ils regardent la vitrine « Wallah y’a rien à gratter ici ». « C’est votre boutique madame ? » feint de s’intéresser une jeune fille avec un extincteur à la main. « Pas exactement… » répond-elle. « Racailles », soupire un homme.
Par Madeleine Meteyer
La CRS 8, spécialisée dans la lutte contre les violences urbaines, à nouveau déclenchée à Paris
La CRS 8, spécialisée dans la lutte contre les violences urbaines, vient d’être déclenchée à Paris au vu des nouvelles scènes de chaos en plein Paris.
«Viens pas à République, c’était la pire idée»
Des gens pleurent et demandent à sortir de la place suite à deux mouvements de foule en sens contraires, le tout sous un épais nuage de lacrymo. Les gens toussent. Un garçon au téléphone parle à un ami «wallah, viens pas à République, c’était la pire idée, on est coincé ».
Une femme proteste, elle veut passer la barrière des CRS, dit habiter la rue d’à côté, « vous allez me laisser rentrer chez moi ? Putain, j’ai les clefs! » Les CRS refusent, la rue est bouclée. En protestant (« merde, hein »), la riveraine remonte vers le nord de la place qui lui est bien ouvert.
Par Madeleine Méteyer
Des mouvements de foule place de la République
Au premier coup d’œil, la place de la République a l’air calme, mais chaque fois que les CRS avancent de quelques pas, quelques personnes se mettent à courir en criant et en entraînent d’autres derrière elles tout en criant « courez pas!! courez pas ! »
À l’instant deux mouvements de foule distincts viennent d’avoir lieu, avant de retomber aussitôt. Les gens, très différents, très jeunes pour la plupart, attendent quelque chose, en blaguant, en petits groupes. Une fille propose à son amie « on s’approche ? », celle-ci jogging gris, cheveux roses, ni masque ni lunette malgré les fumées lacrymogènes qui flottent dans l’air, répond « je peux pas, je sais pas courir ! donne-moi la main ».
Sérum physiologique ou lait écrémé ? Visiblement les deux peuvent servir à atténuer les brûlures causées par les gaz lacrymogènes tirés toutes les cinq minutes environ. « Wallah ça retire », s’exclame un jeune garçon qui propose « sérum phy » à la cantonade tout en courant vers le côté droit de la place en direction du magasin Habitat. L’immense majorité des manifestants présents a l’air de trouver ce jeu d’allers-retours caserne/bords de la place où se trouvent les CRS très amusant.
Par Madeleine Méteyer
Emmanuel Macron doit «demander pardon» et s’en aller, assène Jordan Bardella
«L’urgence, c’est le rétablissement de la sécurité de l’ordre et le soutien indéfectible à nos forces de l’ordre», a assené Jordan Bardella, en visite dans un commissariat dans le centre de Paris, affirmant que «L’État ne tient que par le courage et l’engagement de nos forces de l’ordre». Le député européen a fustigé «l’alliance mortifère entre l’extrême gauche dont la branche armée s’est illustrée hier soir et les pillards vus hier soir.»
Le président du Rassemblement national a appelé les Français à «faire les bons choix politiques» face aux «mouvements politiques qui veulent la guerre civile dans notre pays». Et en a profité pour pointer la responsabilité d’Emmanuel Macron, qui doit prendre la parole à 20 heures ce dimanche soir. Il faut qu’il «demande pardon et qu’il s’en aille», a-t-il martelé.
«Que vont-ils faire des lunettes pillées ?»: à Paris, les images «tragiques» d’un opticien détruit
«C’est tragique», sanglote Anthony. Il est opticien boulevard de Magenta, à deux pas de la place de la République, depuis quinze ans. Son commerce a été intégralement vidé de son contenu. Comme en témoignent ces images, les vitres sont brisées. Il n’y a plus aucune paire de lunettes. «Que vont-ils en faire ?», enrage Anthony. «Je ressens une grande frustration et beaucoup de peine, témoigne-t-il la gorge serrée. Il y a certes un préjudice financier de plusieurs centaines de milliers d’euros, mais il y a aussi un sérieux préjudice moral. Ça fait mal au cœur.»
Par Émile Douysset
Serge Papin réunira lundi les fédérations du commerce et du tourisme avec les banques et les assurances
Le ministre français du Commerce Serge Papin a annoncé dimanche qu’il réunirait lundi matin à Bercy les fédérations représentant les commerçants et distributeurs, les hôteliers et restaurateurs, ainsi que les banques et assurances, après les pillages de samedi en marge des manifestations.
«À la suite des saccages et des pillages de ce samedi, je réunirai demain matin à 9h à Bercy les fédérations de commerçants, d’enseignes, d’artisans et de restaurateurs aux côtés des banques et les assurances», a annoncé dans un message publié dimanche après-midi sur X le ministre, dont le portefeuille couvre également les PME, l’artisanat, le tourisme et le pouvoir d’achat.
Limoges : entre 2000 et 3000 personnes violentes présentes samedi, selon le préfet de Haute-Vienne
«La journée d’hier a été particulière», a décrit Maurice Barate, préfet de Haute-Vienne, en conférence de presse ce dimanche après-midi au lendemain de l’incendie de la mairie. «La situation a évolué en début d’après-midi après une forte participation. On s’est retrouvés avec 2000 à 3000 personnes qui avaient l’objectif principal de perturber gravement la circulation routière», a relaté l’officiel.
«Les automobilistes ont vu leurs voitures cassées, des personnes ont été molestées» par ces individus qui étaient «en mode combattant». Le préfet a salué «l’extrême courage» des policiers qui ont tenu leur position «jusqu’à l’extrême bout de leur force» et malgré le fait qu’ils «soient blessés» pour tenter d’empêcher les émeutiers de se rendre dans le centre-ville de Limoges, avant que le préfet ne leur demande «de se replier».
Vers 6 heures du soir, des individus sont rentrés dans la mairie «et ont commencé dans les sous-sols à incendier l’aile est, sont ensuite montés dans les étages. Ils ont menacé de mort deux agents», a poursuivi le préfet : «malgré la présence de nombreuses personnes, ils ont ostensiblement mis le feu au bâtiment», a encore retracé Maurice Barate, fustigeant un «acte gravissime et innommable».
L’Association des maires de France appelle au rassemblement devant les mairies lundi à midi
L’Association des maires de France (AMF) a appelé dimanche à des rassemblements lundi «à partir de midi» devant les mairies après les violences, pillages et incendies de bâtiments publics constatés en marge de la mobilisation du 17 octobre.
«Ces attaques graves portées contre les institutions démocratiques constituent un vrai risque pour toute la Nation», écrit dans un communiqué l’AMF, qui appelle «les maires, les conseils municipaux à se rassembler, avec l’ensemble des forces vives qui le souhaitent» lundi «à partir de midi (horaire recommandé) ou plus tard dans la journée».
La tension grimpe place de la République
Des centaines de manifestants sont présents place de la République ce dimanche après-midi, constate BFMTV. La tension monte, le gaz lacrymogène enfume l’atmosphère. Les forces de l’ordre présentes sur place, massées en ligne, tentent de disperser les manifestants.
Place Bellecour saccagée, magasins vandalisés, bâtiments noircis... Les images des dégâts à Lyon
«On ne comprend pas qu’on en arrive à de telles extrémités». À Lyon, des habitants et des commerçants ont réagi auprès de l’AFP après les violentes émeutes qui ont touché le centre-ville de la capitale des Gaules en marge de la manifestation du 17 octobre contre la vie chère.
Plusieurs volontaires se sont affairés pour aider à nettoyer les rues, sous les regards de passants venus nombreux dans les rues ce dimanche matin pour constater les dégâts, ébahis, téléphone en main.
Contestation et incendie en marge des manifs dans un centre de rétention de Lyon
Un mouvement de contestation a entraîné un incendie dans un centre de rétention administrative (CRA) en marge des manifestations contre «la vie chère» près de Lyon samedi soir, a indiqué dimanche une source policière.
Un départ de feu peu après 20 heures a touché un bloc à ciel ouvert de ce CRA situé à l’aéroport de Saint-Exupéry, à l’est de Lyon, mais l’intervention des sapeurs-pompiers a été entravée par des personnes retenues qui ont refusé d’évacuer, selon cette source. Certaines ont alors escaladé le toit. Des membres de la police aux frontières (PAF) et de la CRS 45 sont venus en renfort pour évacuer en toute sécurité. Six victimes intoxiquées par les fumées ont été transportées à l’hôpital.
Violences en France : à l’étranger, la sidération avant la présidentielle
Les scènes de «chaos» en France qui ont émaillé la journée de mobilisation samedi contre la «vie chère» ont frappé de stupeur les médias internationaux, pour qui ces violences signent le crépuscule du macronisme et installent le duel entre les extrêmes à six mois de la présidentielle. Photos et vidéos de pillages et d’affrontements avec les forces de l’ordre, images de la mairie de la ville de Limoges ravagée par les flammes : les images des «plus grandes émeutes depuis des années», comme les qualifie le New York Times, sont largement relayées par de nombreuses publications.
«Les manifestations dégénèrent souvent en chaos en marge des cortèges et se transforment en affrontements avec la police en France», pointe le Financial Times. Mais, cette fois, «le niveau de pillages et de violence inquiète de nombreuses personnes». Pour le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, ce «chaos qui, en ce 17 octobre 2026, a surtout gagné les grandes villes du pays (...) restera sans doute une césure, un signal» et «le gouvernement y a aussi sa part de responsabilité».
Malgré des marges de manœuvre étranglées par la situation financière du pays, nombre de publications pointent le «manque d’empathie» d’un exécutif qui n’a pas su répondre aux attentes des lycéens, mobilisés depuis un mois pour de meilleures conditions d’enseignement, ni aux inquiétudes des Français face au coût de la vie.
En Iran, dont les autorités sont accusées d’avoir réprimé dans le sang l’hiver dernier un vaste mouvement de contestation, la télévision d’État n’a pas manqué de voir dans «la répression violente d’enfants dont la seule revendication est l’accès à l’école et le respect de leurs droits (...) la véritable nature de ceux qui se réclament de la démocratie».
De nouvelles tensions place de la République
De nouvelles tensions surviennent entre manifestants et forces de l’ordre sur la place de la République, à Paris.
Après avoir commencé à nasser des dizaines d’individus présents sur la place, les forces de l’ordre ont ordonné la dispersion immédiate. La police fait usage de gaz lacrymogènes. Dans le même temps, plusieurs autres jeunes manifestants ont rejoint la place en hurlant «ACAB!».
Interrogées quelques minutes plus tôt par Le Figaro, des forces de l’ordre disaient redouter de «nouvelles violences». «Peut-être pas aussi fortes qu’hier, mais importantes tout de même.»
Par Émile Douysset
Une mobilisation d’une ampleur inattendue, admet le préfet du Nord
La mobilisation des manifestants lors de la journée contre la vie chère samedi a été plus forte qu’attendu à Lille comme ailleurs en France, obligeant les forces de l’ordre à adapter leur dispositif, a admis dimanche le préfet du Nord. «Indéniablement, à Lille comme dans l’ensemble du territoire national, il y a eu une mobilisation plus importante que les prévisions», laquelle a nécessité que «le dispositif (s’adapte) en temps réel», a reconnu le préfet, Bertrand Gaume, lors d’un point-presse tenu avec le procureur de Lille.
«Le travail de renseignement est en cours pour comprendre comment nous sommes passés d’une dizaine de milliers de personnes auxquelles nous nous attendions, à plus du double», a ajouté le préfet.
Samedi après-midi, en parallèle d’un cortège composé de 22.000 personnes qui ont manifesté majoritairement dans le calme, les forces de l’ordre ont fait face pendant de longues heures à 2000 personnes «qui n’étaient là que pour commettre des dégradations, pour commettre des déprédations», a assuré le préfet. Soixante-et-une interpellations ont eu lieu à Lille, selon le préfet, et «56 gardes à vue ont été prises sur l’arrondissement judiciaire», dont «cinq vont être levées», a annoncé le procureur, Samuel Finielz.
Donald Trump affirme que «la France brûle», un pays «brisé» par l’immigration
Le président américain Donald Trump a rendu l’immigration responsable des émeutes qui ont secoué la France samedi, exhortant Paris à serrer la vis de sa politique migratoire.
«La France brûle ! L’immigration de personnes issues d’un monde totalement différent, des personnes qui ont la haine au cœur, a brisé ce pays autrefois grand», a déclaré dimanche le dirigeant dans un message sur sa plateforme Truth Social. «Fermez vos frontières et reprenez le contrôle, avant qu’il ne soit trop tard !», a-t-il ajouté.
Bordeaux: appel aux particuliers pour identifier les auteurs de violences
Les autorités bordelaises ont invité dimanche les particuliers témoins de violences en marge des manifestations de samedi à transmettre à la police leurs éventuelles vidéos afin d’aider «à retrouver leurs auteurs». Cet appel a été formulé lors d’un point presse qui a réuni la préfète de Gironde, Sophie Brocas, le maire de la ville, Thomas Cazenave, et le directeur interdépartemental de la police nationale, Emmanuel Morin, à la résidence préfectorale, partiellement saccagée samedi.
La préfète a fait état de dégradations à l’intérieur du bâtiment, sans entrer dans les détails. «Ils n’étaient pas très nombreux, c’est allé vite, ils savaient très bien où ils venaient, ça raconte que ces gens détestent les institutions et les symboles de la République», selon elle. À Bordeaux, 63 policiers ont été blessés, notamment par des jets de pavés, et 110 interpellations ont eu lieu, dont 40% de mineurs.
«J’appelle les parents, qui ont la responsabilité civile de leurs enfants, de veiller à ce qu’ils ne viennent pas piller les magasins pour s’offrir des chaussures et des téléphones», a-t-elle déclaré.
2000 interpellations en France, selon Nuñez, qui se rendra lundi à Marseille
Quelque 2000 personnes ont été interpellées dans le cadre des violences et pillages commis en France samedi et jusque dans la nuit, a indiqué dimanche le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, qui se rendra à Marseille lundi. «À ce stade, plus de 600 policiers, gendarmes et sapeurs-pompiers ont été blessés, pris dans ces scènes de violences», a ajouté le ministre, évoquant un bilan qui «n’est malheureusement que provisoire».
Laurent Nuñez se rendra lundi à Marseille, où samedi «des exactions (ont été) commises par plusieurs milliers d’individus d’ultragauche», ensuite «rejoints par des délinquants qui ont pillé et saccagé de nombreux commerces». Dès samedi, le maire de la ville Benoît Payan (DVG) avait «demandé des comptes» au gouvernement.
«Je veux savoir ce qui s’est passé. Je veux savoir pourquoi, dans cette ville, des gens ont pu impunément casser», avait-il lancé lors d’un point presse peu après que quelques dizaines de personnes ont forcé les portes d’entrée de la mairie sur le Vieux-Port. «Demain, je veux des explications et je veux des moyens pour que ça ne se reproduise plus», a-t-il martelé dimanche matin.
Le maire de Marseille demande le déclenchement d’un «plan d’urgence»
«La situation dans le centre-ville de Marseille est d’une extrême gravité», a déclaré le maire de Marseille Benoît Payan au lendemain des violences survenues en marge de la manifestation «contre la vie chère». «Les violences de cette nuit sont dramatiques et leurs conséquences absolument terribles pour les habitants et les commerçants.
Je remercie à nouveau l’ensemble des agents de la Ville, la Métropole, nos forces de l’ordre et nos marins-pompiers pour leur mobilisation continue auprès des habitants et des sinistrés.»
Et d’ajouter : «L’urgence impose des décisions immédiates. Je demande à l’État de déclencher sans délai un plan d’urgence et de nous réunir dès aujourd’hui avec la Région, le Département et la Métropole pour créer un dispositif exceptionnel d’indemnisation des commerçants et des habitants sinistrés.»
«J’invite chacun à venir nous aider» : le maire de Paris appelle les habitants à nettoyer les rues
C’est un comble, penseront certains. D’autres iront peut-être mettre la main à la pâte. Sacs-poubelle à la main, plusieurs dizaines de Parisiens ont été aperçus en train de nettoyer spontanément les contours de la statue qui trône au centre de la place de la République, mais aussi les bords du canal Saint-martin, ce dimanche 18 octobre. La veille, samedi, le quartier tout entier a été pris pour cible par les casseurs, et littéralement saccagé en marge de la mobilisation contre la vie chère.
Des «dégradations et pillages inacceptables» aux yeux du maire de Paris, Emmanuel Grégoire, selon qui «l’ampleur des dégâts est considérable et inédite». Mais l’élu socialiste a tout de même salué «l’élan de solidarité» qui s’est organisé grâce à «des centaines de Parisiennes et de Parisiens» mobilisés «pour que Paris se répare», profitant de ce message de remerciement pour inviter tous ceux qui le souhaitaient «à venir aider».
La gendarmerie met en garde contre une vidéo attribuant une insulte à un gendarme
La gendarmerie nationale a mis en garde dimanche contre une vidéo circulant sur les réseaux sociaux attribuant à un gendarme une insulte adressée à des manifestants lors d’une fausse sommation à dispersion.
«Il ne s’agit pas d’un gendarme qui effectue les sommations mais d’un manifestant qui a fait usage de son mégaphone personnel», a écrit la gendarmerie nationale dans un post sur X. «Restez vigilants face aux vidéos qui circulent, certaines informations sont fausses», ajoute la gendarmerie.
Dans cette vidéo, on voit des gendarmes mobiles en position statique, et on entend une voix masculine dire: «Première sommation. Veuillez quitter les lieux, Nous allons faire usage de la force, bande de fils de pute!».
Strasbourg: une cellule d’aide aux victimes des casseurs, annonce la maire
La maire de Strasbourg Catherine Trautmann a annoncé dimanche la mise en place d’une cellule d’écoute et d’accompagnement juridique pour soutenir les victimes des dégradations perpétrées par des casseurs samedi. «Je mesure l’émotion et le désarroi de nos concitoyens, des commerçants et restaurateurs, des salariés et agents publics pris pour cible», a déclaré l’édile dans un communiqué, alors que plusieurs magasins ont été pillés samedi en soirée dans le centre de la capitale alsacienne.
«Avec les associations partenaires, nous allons mettre en place une cellule d’écoute et d’accompagnement juridique pour soutenir les victimes dans leurs démarches», a-t-elle précisé. «Rien ne peut justifier les dégradations, les attaques contre nos équipements publics ou les violences commises à l’encontre des personnes et des forces de l’ordre», a estimé la maire socialiste.
Le bilan à Strasbourg fait état de 17 blessés, dont un fonctionnaire de police victime d’un traumatisme crânien après un tir de mortier et un citoyen blessé à la tête et à l’œil en tentant d’empêcher des dégradations. Vingt-sept personnes ont été interpellées, selon la préfecture. «Ces violences ne doivent pas effacer les revendications exprimées», a estimé Catherine Trautmann, évoquant «un sentiment d’injustice et des colères qui doivent être entendues, particulièrement parmi notre jeunesse».
«C’est du jamais-vu» : Gérald Barbier, président de la chambre de commerce de Paris, sous le choc devant un Nicolas saccagé
Il ne reste absolument rien à l’intérieur du caviste Nicolas situé près de la place de la République. Rien, si ce n’est une très forte odeur d’alcool et des restes de bouteilles fracassées. Les vitres et la porte du commerce sont à terre. «C’est du jamais-vu. Les commerçants sont dans un état de choc. »Présent devant le caviste Nicolas près de la place de la République, Gérald Barbier, président de la chambre de commerce et d’industrie de Paris (CCI) peine à cacher son émotion.
«Cela fait des années que cela dure. L’État doit prendre des mesures radicales. On détruit des commerces et donc des emplois. Les destructeurs sont pris avant d’être relâchés. Il faut éradiquer le problème à la source et les punir. Ils doivent être emprisonnés ou payer ce qu’ils ont cassé.»
Lundi, une cellule au sein de la CCI sera mise en place. En attendant les chiffres définitifs, Gérald Barbier appelle les commerçants «à prendre des photos, des vidéos, à contacter les assurances et à porter plainte.»
Par Emile Douysset.
Dans le centre-ville de Marseille, le réveil douloureux des commerçants pillés
Devant une boutique d’achat d’or dévalisée à Marseille, deux artisans remplacent dimanche le rideau de fer arraché, sous l’œil d’un propriétaire sonné par les pillages de la veille et inquiet de voir des émeutiers «revenir pour casser». Dans ce quartier commerçant chic du centre-ville, quelques voleurs rôdent toujours, se mêlant aux badauds venus découvrir d’innombrables enseignes mises à sac. «La ville s’est pris un chaos», résume Ali, un artisan qui a circulé toute la nuit sur sa moto par peur de se faire voler son outil de travail.
«Hier c’étaient des monstres, ils cassaient tout ce qui était sur leur passage. Il y avait du monde partout, c’était ingérable», raconte cet amoureux de Marseille, en regardant dimanche avec tristesse les boutiques détruites de la rue Grignan et de la rue Paradis.
Dimanche matin, certains commerçants du quartier installaient des barricades de bois devant leurs devantures, d’autres faisaient l’inventaire ou ramassaient les gravats à l’intérieur. Un homme d’allure modeste cherche une chaussure assortie à celle qu’il tient en main, deux dames tirant des caddies espèrent trouver d’éventuels trésors tombés sur la chaussée, tout comme une jeune fille habillée chic.
«Je viens juste pour regarder», dit une passante en promenade avec sa fillette, qui filme pour son mari resté à la maison. Soudain un inconnu lui tend un tube de rouge à lèvres tombé au sol, avant de lui demander de surveiller son gros sac à dos, le temps d’aller fouiller la boutique déjà pillée d’un opticien… Au détour d’une rue, la police apparaît soudain et prend en chasse en voiture un voleur sortant d’une autre boutique.
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Main arrachée à Saint-Étienne: l’inspection générale de la gendarmerie co-saisie
L’inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) a été co-saisie avec celle de la police nationale (IGPN), après qu’un mineur a eu la main arrachée par une grenade à Saint-Étienne, a indiqué dimanche le préfet de la Loire.
«Je peux vous annoncer officiellement que l’IGPN et l’IGGN ont été saisies dès hier (samedi) à 17 heures, c’est-à-dire à peine une heure après la commission des faits», a déclaré le préfet François-Xavier Bieuville lors d’un point presse devant l’hôtel de ville. «C’est un drame humain, quelles que soient les circonstances qu’il appartient à la justice de déterminer», a-t-il poursuivi.
Un jeune manifestant de 17 ans a eu la main arrachée samedi à Saint-Étienne par une grenade lancée par les forces de l’ordre. «On nous dit que ce serait une grenade de la gendarmerie. Moi, je ne peux pas le confirmer. Il y aura évidemment une enquête», avait déclaré le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez.
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Violences à Paris: plus de 550 personnes en garde à vue
Plus de 550 personnes (557) sont en garde à vue dimanche après les violences et pillages commis samedi à Paris, dont 381 majeurs et 151 mineurs, a indiqué le parquet de la capitale dans un bilan «pas encore consolidé». L’âge de 25 d’entre elles «est indéterminé», a précisé le parquet.
«Les interpellations ont duré toute la nuit, et jusqu’aux alentours de 6 heures du matin», a précisé le ministère public, avec des arrestations majoritairement pour recel de vol (plus de 150), groupement en vue de commettre des violences (environ 130) ou encore dégradations (environ 120).
Concernant les pillages, «les endroits ayant été les plus impactés seraient la gare Saint-Lazare, Châtelet-les-Halles, place de la République et les Champs-Élysées», estime le parquet, d’après ses premières analyses. Une trentaine de personnes sont aussi mises en cause pour «provocation à attroupement», une autre trentaine pour attroupement, et encore d’autres gardes à vue concernent des ports d’arme ou de la détention d’explosifs.
La statue de Marianne place de la République recouverte d’un gilet jaune géant
La statue de Marianne, place de la République, s’est vue enfiler un gilet jaune géant. On peut y lire : «La police mutile les lycéen.nes». Au pied du monument recouvert de graffitis anarchistes, anticapitalistes ou propalestiniens, des militants d’extrême gauche défendent les manifestations.
«Il ne faut pas tout mettre dans le même sac et ne pas se focaliser uniquement sur les violences», affirment des étudiantes en train de débattre avec des badauds, visiblement dégoûtés de la situation.
Par Emile Douysset
Un risque d’embrasement «inédit» à six mois d’une présidentielle, alerte le directeur de l’Ifop
Le risque d’embrasement de la France à six mois d’une élection présidentielle est «inédit» sous la Ve République, explique dimanche à l’AFP directeur de l’Ifop, Frédéric Dabi. Le sondeur estime que les scènes de chaos du 17 octobre pourraient plus que jamais «solidifier le socle électoral» de Marine Le Pen et enrayer une partie de la dynamique en faveur de Jean-Luc Mélenchon.
«On est dans de l’inédit total sous la Ve République. Traditionnellement, six mois avant, le pays se calme, se modère et entre en conclave. Il regarde les candidats, les processus de sélection via des primaires, les programmes… Aujourd’hui, il y a clairement un risque d’embrasement», explique-t-il. Il identifie trois causes : «une insatisfaction de l’offre électorale avec peu de candidats de renouvellement» ; «des niveaux de pessimisme, pour soi et l’avenir de ses enfants, jamais atteints dans le pays - 82% des sondés dans notre dernière étude fin août» ; et enfin «le pays n’a pas eu le temps de prendre du recul depuis des mois: incendies, sécheresse, envolée des prix du carburant, conflits internationaux, les crises s’enchaînent».
«Il faut rester très prudent sur l’impact dans les urnes d’un évènement à six mois d’un premier tour», indique-t-il toutefois. «Mais ce qui s’est passé samedi relève du choc et ne va pas être sans conséquence. Cela va probablement conforter cette France attachée à l’ordre et qui remarque, à raison, que depuis 2016, il ne peut plus y avoir un seul mouvement social sans violences, ni pillages - même si cela atteint rarement l’intensité d’hier. Il faut attendre les premiers sondages post-17 octobre, mais cela pourrait donc en toute logique renforcer le socle électoral de premier tour de Marine Le Pen.»
Une allocution d’Emmanuel Macron ce soir, à 20 heures
Emmanuel Macron s’adressera aux Français à 20 heures, a annoncé la présidence de la République. Il réunira à 17h30 au Palais de l’Élysée le premier ministre et les ministres du gouvernement concernés par les violences du 17 octobre.
Braun-Pivet va proposer une commission d’enquête parlementaire sur les violences et la stratégie de maintien de l’ordre
La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet (Renaissance) va proposer mardi la création d’une commission d’enquête parlementaire sur les violences et pillages en marge des manifestations du 17 octobre, qui doit aussi porter sur la stratégie de maintien de l’ordre, remise en cause par les oppositions et certains maires.
La titulaire du perchoir a annoncé dans un communiqué qu’elle proposerait la création de cette instance en conférence des présidents de l’Assemblée mardi matin, «pour faire la lumière sur ces débordements, les méthodes des groupuscules violents», mais aussi «la stratégie de maintien de l’ordre» et ses «éventuels dysfonctionnements».
À Nice, Éric Ciotti peine à expliquer le manque d’effectifs, seuls 30 policiers et 50 gendarmes étaient mobilisés
À Nice, l’avenue centrale Jean Médecin a retrouvé tant bien que mal ses touristes et son calme dominical habituel, malgré les bris de verre, les arrêts de tramways éventrés et les nombreuses boutiques recouvertes de palissades. «Comment c’est possible, personne n’est intervenu», interroge un commerçant, excédé. Sa boutique de sneakers a été dévalisée «même la réserve». «Je me suis retrouvé seul face à une horde de 200 jeunes, des ados. Et leurs parents étaient là, certains disaient "vas-y ma fille, faut les piller", je les ai vus !», répète-t-il, incrédule.
Face à lui, le maire Éric Ciotti, qui déambule depuis 11h30 sur l’artère commerciale, peine à expliquer le manque d’effectifs et s’en remet à la justice, réclamant des «peines fermes, deux ans au trou et plus aucune allocation pour les parents». Nombreux sont les touristes étrangers à s’arrêter, perplexes, devant les vitrines caillassées. «Ils n’ont pas cassé au hasard», souffle l’un d’eux.
Hier soir, le parquet de Nice annonçait 85 interpellations, dont 40 mineurs. «On avait tablé sur 700 manifestants... On a été complètement débordés», avoue un policier. Une des compagnies de CRS étant partie à Marseille, la cinquième ville de France est restée deux heures sans renfort et sans CRS, comptant sur 30 policiers nationaux et 50 gendarmes mobilisés. Le maire s’exprimera aux côtés du préfet en début d’après-midi, tandis qu’une nouvelle manifestation est prévue ce jour à 14 heures.
Par Lise Tavelet.
Le siège d’une banque ouvert trois semaines plus tôt ravagé par des casseurs
«C’est un coup dur. Ce sont deux ans de boulots partis en fumée». Le tout nouveau siège de la banque Qonto, inauguré il y a trois semaines sur le boulevard de Bonne nouvelle, a été violemment ciblé par les casseurs.
Le nouvel auditorium a été ravagé par les flammes. «C’était une grande et très belle salle», témoigne Antoine salarié encore sous le choc. «Il n’y avait rien à voler dans cette partie du bâtiment. Les objets technologiques de grande valeur étaient ailleurs mais ils n’y ont pas touché.»
Des badauds, ahuris filment l’auditorium incendié. Devant l’immeuble, de gros tas de ferrailles carbonisées tapissent encore le trottoir.
Par Emile Douysset.
REPORTAGE - La douleur et la colère à Limoges, au pied de l’hôtel de ville en ruines : «J’en ai pleuré, comme si c’était ma maison qui brûlait»
Ce dimanche matin, une centaine d’habitants sont venus voir les décombres encore fumants de la mairie de Limoges, incendiée la veille en marge d’une manifestation. Les Limougeauds sont encore sonnés, et la colère monte déjà.
La police nationale «a manqué de moyens» et «a reculé» face aux casseurs, à Limoges comme ailleurs, a dénoncé dimanche le maire de la ville, Guillaume Guérin. «L’État a abandonné ses policiers nationaux face à des hordes de sauvages», a-t-il fustigé.
1500 commerçants touchés, des centaines de millions d’euros de dégâts
Alexandre Bompard, président de la Fédération du commerce et de la distribution, a estimé dimanche à 1500 le nombre de commerces directement touchés par les violences de la veille, pour une facture de centaines de millions d’euros.
«C’est un peu tôt» pour évaluer l’ampleur des dégâts mais «pour tout le commerce français, 1500 commerçants ont été touchés directement» et la facture sera «très élevée», a-t-il dit sur LCI en évoquant un montant de «plusieurs centaines de millions d’euros».
21 interpellations à Caen après le pillage d’un commerce
Ce matin, le préfet du Calvados a fait état de «violences», «dégradations» et «intrusions visant plusieurs bâtiments publics et commerces à Caen». « À cette heure, 21 interpellations ont été réalisées, notamment à l’encontre d’individus impliqués dans le pillage d’un commerce», ajoute-t-il. Le préfet du Calvados «condamne fermement ces agissements violents, qui ne sauraient en aucun cas être assimilés à l’exercice du droit de manifester.»
Les dégâts se chiffrent à «plusieurs centaines de millions d’euros», affirme le PDG des magasins Carrefour
«Du désarroi, de la tristesse et de la colère»... Voilà ce que ressent Alexandre Bompard, le PDG du groupe Carrefour, au lendemain des saccages et pillages subis «par plus de 1500 commerces en France» ce samedi 17 octobre. Ce chef d’entreprise chiffre sur LCI les dégâts «à plusieurs dizaines de millions d’euros» pour ses magasins touchés, et «à plusieurs centaines de millions d’euros» pour l’ensemble des magasins touchés un peu partout en France.
Évoquant «l’état de sidération» dans lequel se trouvent aujourd’hui ses équipes, il assure qu’un certain nombre des 6500 magasins Carrefour étaient «détruits» et «pour certains d’entre eux très durablement». En outre, il a appelé à «accélérer les procédures d’indemnisation». «Il faut que ça aille vite, parce que certains partenaires sont déjà en risque financier», a-t-il expliqué.
Le petit commerce, déjà fragilisé, craint «le coup de trop»
Le réseau des chambres de commerce et d’industrie (CCI France) a dénoncé dimanche les violences «inacceptables» survenues la veille en marge des manifestations, craignant les conséquences des dégâts pour des petits commerces déjà à la peine. Ces violences ont touché «des entreprises déjà fragilisées par des années de crises successives, par la hausse des coûts et par la baisse de fréquentation des centres-villes», observe CCI France dans un communiqué.
«Pour nombre d’entre elles, ces dégradations peuvent être le coup de trop», alerte l’organisation. «Nos commerçants n’ont pas besoin de ça. Ils se battent chaque jour pour faire vivre nos villes, et ce sont eux que les casseurs ont pris pour cible. C’est inacceptable», a jugé Alain Di Crescenzo, le président de CCI France, cité dans le communiqué.
Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a assuré dimanche matin sur le réseau BlueSky que le gouvernement et les services de l’État étaient «mobilisés auprès des entreprises et des commerçants affectés». Les CCI, mobilisées au côté des commerçants, appellent à «une réponse collective et rapide afin qu’aucun commerçant ne reste seul face aux conséquences de ces dégradations et de ces pillages inacceptables».
De nombreux débris jonchent encore le sol de rues du centre de Paris
Le 1er arrondissement de la capitale s’est réveillé groggy. Rue de Rivoli, des dizaines de débris calcinés, des plantes, ou des vélos jonchent le sol.
À quelques encablures, les magasins de l’avenue de l’Opéra n’ont pas encore enlevé les planches de bois qui recouvrent leurs vitrines. Les services de la ville sont à pied d’œuvre pour effacer les innombrables tags effectués sur cet axe emblématique de Paris.
Par Emile Douysset.
« Nous sommes mobilisés pour vous aider » : le gouvernement veut rassurer les commerçants après les saccages du 17 octobre
D’innombrables boutiques et magasins d’alimentation, d’articles de sport, de prêt-à-porter, de produits de luxe ou de téléphonie mobile ont été dévalisés et vandalisés à travers la France samedi après-midi, parfois, comme à Paris, à des kilomètres des manifestations autorisées contre la vie chère.
«Le bilan va être lourd, partout dans le pays», a commenté peu avant minuit le premier ministre Sébastien Lecornu, assurant avoir «donné des instructions aux différents ministres pour qu’on se tienne aux côtés de ceux qui ont perdu leur outil économique». Le ministre du Commerce Serge Papin a dans la foulée assuré sur X «à tous les commerçants touchés» que «nous sommes mobilisés à Bercy pour vous aider».
Plus de 1800 interpellations hier et plus de 500 membres des forces de l’ordre et pompiers blessés
«Manifester est un droit fondamental. Semer le désordre avec violence et de manière concertée n’en est pas un», a écrit sur X le ministre de l’Intérieur. «Pour l’heure, 1800 personnes ont été interpellées et dès aujourd’hui des enquêtes sont menées pour identifier les auteurs de ces actes pour qu’ils en répondent devant la justice», a poursuivi Laurent Nuñez.
Par ailleurs, «plus de 500 policiers, gendarmes et sapeurs-pompiers ont été blessés», déplore le ministre, qui ajoute que ce «bilan sanitaire n’est malheureusement que provisoire». «Les dégâts matériels sont considérables, pour notamment plusieurs centaines de commerçants.» Et d’assurer que «la République ne cédera rien à ceux qui veulent imposer le désordre et la violence».
Une cellule interministérielle de crise à 19 heures
Le premier ministre, Sébastien Lecornu, présidera une nouvelle cellule interministérielle de crise ce soir à 19h, à la suite de la journée de violences du 17 octobre. Seront abordées les conséquences en termes d’économie, de commerce, d’assurance, de suivi judiciaire.
Le premier ministre recevra également les maires de Paris, Lyon et Marseille.
Marine Tondelier appelle à la «démission» du ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez
La patronne des Écologistes, Marine Tondelier, a jugé dimanche que le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez n’avait «pas d’autre issue» que la «démission», l’accusant d’avoir été «incapable de prévoir un dispositif adéquat» pour prévenir les violences en marge des manifestations du 17 octobre.
«Laurent Nuñez est manifestement dépassé par la situation, dont il a clairement sous-estimé l’ampleur», a jugé sur X la candidate à la présidentielle, arguant que «des villes entières» ont été «abandonnées aux casseurs», «pendant que des manifestants pacifiques étaient violentés».
Dans une publication sur X samedi, le Rassemblement national avait lui estimé que «dans une démocratie normale, Laurent Nuñez aurait déjà démissionné».
Laurent Nuñez à Marseille lundi
Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez se rendra à Marseille demain, a appris Le Figaro. La ville compte parmi les plus touchées par les violences de samedi. En début d’après-midi, plusieurs dizaines d’individus ont enfoncé la porte de l’hôtel de ville, sur le Vieux-Port, tandis que le commissariat central de la Canebière était attaqué. Des dizaines de boutiques ont été pillées. Le maire Benoît Payan a mis en cause le dispositif de sécurité.
«Les forces de l’ordre ont été débordées», juge Hollande
Les forces de l’ordre «ont été débordées», et l’État «n’a pas été capable d’assurer partout l’ordre public», a déploré dimanche François Hollande, soulignant qu’il est désormais «essentiel de ramener au plus tôt la paix civile». «Les forces de l’ordre, dont nul ne peut contester l’extrême difficulté de leur mission et qui ont elles-mêmes été agressées, ont été débordées», a jugé sur X l’ancien chef de l’État, soulignant que l’État «n’a pas été capable d’assurer partout l’ordre public».
«À six mois d’une échéance cruciale pour la France, il est essentiel de ramener au plus tôt la paix civile, de garantir la stabilité du pays et d’assurer l’union des citoyens autour de la République», a par ailleurs jugé François Hollande. «Il appartient donc aux pouvoirs publics d’ouvrir des négociations sérieuses avec les organisations de jeunesse et avec les centrales syndicales», a ajouté le député de Corrèze, souhaitant qu’elles portent «sur les thèmes qui ont justifié l’ampleur des manifestations», notamment les revendications des lycéens et les craintes des Français sur le pouvoir d’achat.
Dénonçant l’action de «groupes ultra-violents» et de «pillards déguisés en émeutiers», «à côté de jeunes et de manifestants qui entendaient exprimer leurs revendications», il a appelé à ce qu’ils soient «implacablement condamnés».
«En 50 ans, je n’ai jamais vu ça», déplore une habitante du quartier République
Suzie, 76 ans, qui habite avenue de La République, depuis 50 ans, est venue constater les dégâts. Elle contemple, effarée, les kiosques de la place de la République qui finissent de se consumer. «Je trouve ça lamentable. En 50 ans, je n’ai jamais vu ça. À côté de chez moi, il y a une parfumerie. Ils l’ont pillé, ont jeté toutes les boîtes de parfum dehors. C’est à pleurer», déplore-t-elle. Et d’insister, en colère : «Qui va payer tout cela ? On m’a dit que les boutiques pliées allaient faire marcher leur assurance. Mais ce n’est pas aux assurances de payer, c’est aux casseurs !»
«La police fait son travail. Et elle le fait tant bien que mal, alors que d’autres veulent mettre de l’huile sur le feu, comme Mélenchon», poursuit la septuagénaire, qui n’a pas de mots assez durs contre LFI. Elle reste pantoise face à l’ampleur des violences survenues hier. «Mes voisins m’ont dit que les militaires n’avaient pas que ça à faire que de venir secourir les policiers, un samedi après-midi, mais quand on voit les dégâts… Je trouve que le gouvernement aurait pu se bouger bien plus, pas qu’hier, mais depuis plus longtemps.»
Suzie s’inquiète des prochaines années pour son pays. «La réponse, elle se trouve plus à droite qu’à gauche», avance-t-elle au sujet de l’élection présidentielle. «Mais bon courage à celui qui prendra la suite, il aura beaucoup de boulot !»
Par Jeanne Durieux.
«On va en avoir pour la journée» : scènes de désolation dans le quartier historique des jeux vidéo à Paris
À République ce dimanche matin, les stigmates de la veille sont bien partis pour rester. Le boulevard Voltaire, quartier historique du jeu vidéo et de la pop culture à Paris, a été saccagé par des centaines de pilleurs, qui ont laissé derrière eux, sur les pavés restants, des milliers d’emballages de cartes Pokémon, de boîtes de jeux vidéo et de figurines Pop.
Les vitrines, brisées, laissent entrevoir le pillage dont ont été victimes les boutiques. Certaines d’entre elles, telles que All Geeks et Hobby One, ont été protégées par des panneaux de bois à l’aube. Les agents de la ville, de leur côté, s’affairaient pour nettoyer la marchandise perdue.
«On aurait dû amener une pelleteuse!», clame l’un d’eux. «On va en avoir pour la journée», lui rétorque un autre. Un badaud, qui semble connaître le patron d’un des commerces visés, craint que le boulevard, déjà éprouvé par le manque de ventes, ne se révèle pas.
Les gérants du « manga story » contemplent les dégâts, affligés. Une des deux boutiques a été prise d’assaut par les manifestants. «Ils ont tout volé, tout pillé. On a vu des filles sortir de la boutique, ouvrir les boîtes pour prendre leurs jeux et se casser en riant, d’autres qui se filmaient en sautant sur les vitres. On n’a plus rien», constate, atterrée, l’une des gérantes. «On n’a même pas pu entrer dans la deuxième boutique. On attend la police pour qu’ils fassent des scellés et des empreintes, mais pour ce que ça va changer…»
Par Steve Tenré et Jeanne Durieux.
À Lyon, face aux émeutes d’une «ampleur inédite», la «priorité a été de protéger les vies», assure le préfet
Au lendemain des dégradations sans précédents à Lyon, le maire écologiste, Grégory Doucet, et le préfet du Rhône, Étienne Guyot, sont apparus face à la presse visiblement marqués et sous les huées de certains habitants venus constater les dégâts. Devant le kiosque de l’office du tourisme de la place Bellecour, incendié hier et encore fumant, ils ont dit leur désolation dans l’odeur des fumées encore tenace.
C’est le sentiment qui prévaut dans toute la presqu’île, encore jonchée de bris de verre et de cartouches de grenades lacrymogènes. «J’ai eu peur», a dit le maire. «J’ai été angoissé pour la vie de certains». Le préfet a assuré de l’importance du dispositif déployé alors que les forces de l’ordre ont semblé dépassées par l’ampleur des dégradations et des pillages. La priorité des forces de l’ordre a été «de protéger les vies», ajoute Étienne Guyot. Lors des affrontements entre émeutiers et forces de l’ordre samedi, une centaine de policiers ont été blessés et 160 personnes placées en garde à vue, a précisé le préfet.
«Ils ont vidé nos boutiques», a hurlé un commerçant à l’attention du préfet dans un climat tendu. «Je pleure», confie un passant. D’autres balais et sacs en mains, protégés de gants ramassent les débris. C’est le cas de Laetitia, habitante du 7e arrondissement et présente sur la manifestation hier en soutien des revendications lycéennes. «Ça fait mal au cœur de voir ça, c’est désolant, ça fausse toutes les revendications», regrette-t-elle.
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Par Antoine Sillieres
«Plus de 1000 agents de propreté déployés dans la capitale», annonce Emmanuel Grégoire
«Après les dégradations d’hier, Paris se relève grâce à la mobilisation exceptionnelle de ses agents», a écrit sur X le maire de la capitale, Emmanuel Grégoire. «Depuis 3 heures du matin, plus de 1000 agents de propreté sont déployés dans toute la capitale», soit «trois fois plus qu’un week-end habituel».
Violences à Paris: plus de 500 personnes en gardes à vue, annonce le parquet
Plus de 500 personnes (517) sont en garde à vue dimanche après les violences et pillages commis samedi à Paris, plus précisément 346 personnes majeures et 171 mineurs, a indiqué le parquet de la capitale dans un bilan «pas encore consolidé».
«Les interpellations ont duré toute la nuit, et jusqu’aux alentours de 6 heures du matin», a précisé le ministère public, avec des arrestations majoritairement pour recel de vol, groupement en vue de commettre de violences ou encore dégradations.
63 interpellations à Montpellier et plus d’une dizaine de commerces saccagés et pillés
La préfète de l’Hérault a, ce matin, publié un communiqué pour partager le bilan des débordements au cours des manifestations d’hier. 35.000 personnes ont manifesté à Montpellier contre 1300 à Béziers. Dans les deux villes, des centaines d’individus ont participé à des déambulations sauvages.
À Montpellier, «la fin du cortège a sombré dans une violence sans précédent», relate le communiqué, rapportant «de nombreuses dégradations, des pilages de commerces par des manifestants cagoulés ou visages dissimulés, et armés de projectiles». Plus d’une dizaine de commerces ont été saccagés et pillés.
Aussi, 63 personnes ont été interpellées à Montpellier. Pas moins de 36 policiers ont été blessés. À Béziers, six personnes ont été interpellées et deux policiers ont été blessés.
«Un cauchemar absolu» : scènes de désolation à Paris ce matin
La rue Saint-Denis est jonchée d’éclats de verre et de débris, au lendemain d’une journée de mobilisation qui a viré au chaos. Sous les centres des barricades et des vélos, des volutes de fumée s’élèvent encore. Une odeur de brûlé s’en dégage. Plusieurs voitures ont été brûlées, la boutique Celio a été pillée.
«It is an absolute nightmare, what is wrong with French people», (c’est un cauchemar absolu, qu’est ce qui cloche avec les Français, NDLR) lance un touriste étranger sur son vélo électrique.
Au niveau de grands boulevards, les camions ont déblayé sommairement, juste pour permettre aux voitures de circuler.
Par Jeanne Durieux.
Dans le département du Nord, 56 policiers et un sapeur-pompier blessés, deux boutiques incendiées à Lille
Dans un communiqué, la préfecture du département du Nord a indiqué que 25.890 personnes ont participé à des manifestations à Lille, Douai Dunkerque, Maubeuge et Valenciennes. Si ces manifestations se sont «globalement déroulées dans le calme», «près de 2000 éléments violents ont affronté les forces de l’ordre dès 12H30», et jusqu’à tard le soir, «avec un niveau d’intensité très haut».
Deux commerces - un restaurant Macdonalds et un magasin - ont été incendiés. Plusieurs centaines de personnes ont aussi tenté, à plusieurs reprises et sans succès, «d’envahir la mairie», relate la préfecture. Par ailleurs, 69 personnes ont été interpellées. «Les sapeurs-pompiers ont pris en charge 34 personnes» caractérisées de «blessés légers», tandis que les forces de l’ordre déplorent 56 policiers blessés et un pompier.
La mairie de Paris déplore un «manque de moyens» policiers contre les pillages
La première adjointe PS au maire de Paris, Lamia El Aaraje, a déploré dimanche «un manque de moyens» policiers pour mettre un terme aux scènes de pillages constatées samedi jusque dans la nuit dans de nombreux secteurs de la capitale.
«Il y a eu clairement, je dirais, un manque de moyens hier soir sur la capitale», «ce n’est pas acceptable de voir à l’image des gens saccager des commerces et s’en prendre physiquement» à des bâtiments, a critiqué sur franceinfo le bras droit du maire socialiste Emmanuel Grégoire. L’élue a évoqué «un niveau de violence que nous n’avons, je crois, jamais vu» à Paris.
Hôteliers et restaurateurs ne veulent pas être les «victimes collatérales» des violences
«Nos établissements ne sont pas des défouloirs. Nos professionnels ne peuvent pas être, manifestation après manifestation, ceux qui paient la facture des violences», a déploré dimanche le nouveau président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih), Franck Chaumes, cité dans un communiqué de la principale organisation du secteur hôtelier.
«Ces violences qui frappent nos établissements sont inacceptables», note l’Umih dans ce communiqué, en relevant que «le droit de travailler, d’entreprendre et d’accueillir ses clients en sécurité» constitue une liberté fondamentale, au même titre que le droit de manifester. «Nous ne voulons pas être les victimes collatérales» de ces violences, a abondé le nouveau vice-président de l’Umih, Valentin Prudon, dimanche sur RMC en lançant un «appel au calme».
Les saccages et pillages survenus samedi en marge des manifestations contre la vie chère dans plusieurs grandes villes françaises ont entraîné «des annulations de fait» dans des établissements devenus «inaccessibles du fait des violences», a-t-il expliqué. Notant qu’il était encore trop tôt pour donner des chiffres précis de l’impact sur l’activité des hôtels et restaurants concernés, il a cependant souligné que de nombreux établissements avaient dû fermer en prévision des manifestations ou avaient vu leur activité ralentir.
Dans la capitale, 13 forces de l’ordre et deux pompiers blessés
Dans la capitale, 13 policiers et gendarmes ont été blessés ainsi que deux sapeurs-pompiers, rapporte la préfecture de police de Paris ce matin. «Ces blessures rappellent la violence des situations auxquelles les personnels mobilisés ont dû faire face», souligne-t-elle.
À Paris, des groupes violents, «notamment d’ultragauche, ont multiplié les tentatives de blocages», rapporte la préfecture
«La journée du 17 octobre sur l’agglomération parisienne a été marquée par un cortège principal de 110.000 manifestants, qui s’est déroulé sans incident majeur, tandis que plusieurs groupes violents, notamment d’ultragauche, ont multiplié les tentatives de blocages, les cortèges sauvages dans le centre de Paris et des pillages, en particulier dans les secteurs République / Sébastopol et Madeleine / Faubourg Saint-Honoré», rapporte la préfecture de police de Paris.
Les groupes violents, arrivés «en fin d’après-midi», étaient «inhabituellement» plus nombreux que précédemment observé, avec de «500 à plus de 1000 personnes», poursuit le communiqué. «Leur objectif était exclusivement de commettre des vols et des pillages.»
«Ils ont cassé notre patrimoine» : la désolation et la colère à Limoges
Ce matin, les Limougeauds se réveillent groggy. Beaucoup se sont pressés dès l’aube pour constater les dégâts et immortaliser la scène. Alors que s’échappe encore une légère fumée de la toiture, Jean-Pierre peine à retenir ses larmes : « Je ne pensais jamais voir ça de ma vie. Ils ont cassé notre patrimoine. »
De nombreux véhicules de pompiers et de forces de l’ordre sont encore présents pour sécuriser le périmètre. Les pompiers semblent eux aussi abattus et épuisés après avoir passé la nuit à tenter de limiter les ravages du feu.
Alix Vermande, à Limoges
Paris : 855 interpellations en marge du 17 octobre
Un total de 855 interpellations dans l’agglomération parisienne, selon un dernier bilan partagé par la préfecture de police de Paris. Au lendemain d’une intense journée de mobilisation qui a viré au chaos, la préfecture de la capitale a indiqué par communiqué que «grâce à l’intervention déterminée des forces de l’ordre, la situation a pu être stabilisée à partir de 23 heures.»
«Les opérations de contrôles se sont poursuivies en aval, notamment dans les transports, permettant la découverte et la saisie de nombreux biens volés», poursuit le communiqué. «Si le bilan précis des commerces dégradés ou pillés reste à consolider, l’ampleur des dommages constatés est significative.»
Le dernier bilan du jour, à 8 heures, fait état de 855 interpellations. «Le travail judiciaire se poursuit. L’exploitation des images de vidéoprotection, notamment, doit permettre d’identifier et de confondre d’autres auteurs dans les prochains jours», assure la préfecture.
Incendie de la mairie de Limoges: «le feu est circonscrit», indique le préfet
L’incendie qui a dévasté l’hôtel de ville de Limoges est «circonscrit», a déclaré le préfet de la Haute-Vienne Maurice Barate, dimanche sur LCI, précisant que les «pompiers sont en train d’éteindre les dernières braises».
«C’est sciemment que le feu a été mis», a dénoncé le représentant de l’État en fustigeant «une horde sauvage» à l’origine du sinistre, qui a très lourdement endommagé l’édifice du 19e siècle, et causé de très nombreux dégâts dans la capitale limousine.
«Laurent Nuñez, vous le dites vous-même, vous avez perdu le contrôle» : les nationalistes sortent des archives une vidéo du ministre de l’Intérieur
Un extrait récent, utilisé par des élus RN et UDR. Alors que la journée de mobilisations s’achevait à peine et que les pillages se succédaient, des nationalistes ont publié sur X un passage d’une interview du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, quelque peu embarrassant. «Nous n’avons pas perdu le contrôle. Perdre le contrôle c’est lorsque vous avez des hordes qui pillent des magasins et commettent des exactions», avait-il déclaré au micro de France Inter le 6 octobre 2026.
«Le gouvernement reconnaît lui même qu’il a perdu le contrôle !», s’est alors exclamé le maire de Nice, Éric Ciotti, en partageant l’extrait. Le député de l’Ain et membre du parti à la flamme Jérôme Buisson s’en amuse aussi : «c’est Laurent Nuñez qui le dit : Laurent Nuñez a perdu le contrôle», écrit-il sur X. Et de l’appeler, dans une autre publication, à démissionner.
Le compte officiel du Rassemblement national s’est aussi emparé de la polémique, et a publié un montage de vidéos de pillages avec, en fond sonore, la fameuse interview du ministre datée du 6 octobre 2026. Le parti l’apostrophe : «Laurent Nuñez, vous le dites vous-même, vous avez perdu le contrôle.»
Les maires de Paris, Marseille et Lyon demandent des comptes à Sébastien Lecornu
Les maires de Paris, Marseille et Lyon, dont les villes ont été durement frappées par les saccages et les pillages, souhaitent être reçus par le premier ministre dès le début de la semaine. Dans une déclaration commune publiée samedi soir, Emmanuel Grégoire (PS), Benoît Payan (divers gauche) et Grégory Doucet (Les Écologistes) réclament des explications sur les événements qui ont conduit à de telles scènes de violence.
«Nous exigeons qu’un diagnostic précis soit établi, expliquant l’enchaînement d’événements ayant abouti à cette situation. Cela ne peut et doit pas se reproduire», écrivent les trois édiles, qui souhaitent associer à leur démarche les maires des autres communes touchées.
Samedi, Benoît Payan avait notamment dénoncé l’insuffisance des effectifs policiers initialement déployés à Marseille. Laurent Nuñez a fermement rejeté ces critiques dans la soirée, assurant que le dispositif de maintien de l’ordre «n’était pas sous-dimensionné». La gestion policière de cette journée s’annonce comme l’un des principaux sujets de débat politique de ce dimanche.
«Semeurs de chaos», «choisir son camp», «commandement aberrant» : la classe politique unie dans la condamnation, divisée sur les responsabilités
Les condamnations se sont multipliées samedi soir après les scènes de violences et de pillages qui ont secoué plusieurs villes françaises. Mais derrière l’indignation, les responsables politiques s’opposent sur les causes des débordements et leurs responsabilités.
Pour Marine Le Pen, les revendications sociales ont été «prises en otage par l’extrême gauche» et par les discours des députés insoumis. Jordan Bardella dénonce «les professionnels du chaos», Bruno Retailleau (LR) une «violence anti-flic». Édouard Philippe réclame «la plus grande fermeté».
Si Jean-Luc Mélenchon a appelé au calme dans la soirée - «Ceux qui partagent notre combat n’ont rien à faire dans le pillage, le saccage» -, le tient le «commandement aberrant» de la préfecture largement responsable du chaos. Olivier Faure et Marine Tondelier mettent eux aussi en cause la doctrine du maintien de l’ordre. Raphaël Glucksmann regrette que les revendications des manifestants pacifiques soient «assourdies par le fracas des casseurs».
À Limoges, l’hôtel de ville est «en grande partie perdu»
C’est l’une des images les plus saisissantes de la journée. L’hôtel de ville de Limoges, inauguré en 1883, a été ravagé samedi soir par un incendie vraisemblablement criminel, après l’intrusion d’un groupe d’individus en marge de la manifestation, selon la préfecture. Le feu se serait déclaré à l’intérieur avant de gagner la toiture. «Il est en grande partie perdu», a déclaré le préfet de la Haute-Vienne. Des centaines d’habitants ont assisté, désemparés, au brasier. Les images ont été reprises jusqu’aux États-Unis, où le vice-président JD Vance a imputé les violences à l’immigration.
1200 interpellations, 150 policiers et gendarmes blessés : le dernier bilan provisoire
Selon le premier ministre Sébastien Lecornu, qui rencontrait hier soir des CRS mobilisés à Paris, le bilan provisoire de cette journée du 17 octobre est de 1200 interpellations et 150 policiers et gendarmes blessés lors des violences survenues en marge des manifestations. «Il est temps de choisir son camp, soit celui de la République, soit celui des casseurs», a lancé le premier ministre, qui estime qu’un «point de non-retour» a été atteint.
Un peu plus tôt, lors d’un point presse, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez avait indiqué que deux policiers avaient été transportés inconscients à l’hôpital, l’un d’eux ayant été touché par un pavé.
À Saint-Étienne, un mineur de 17 ans a été «gravement blessé à la main», selon la préfecture de la Loire. Le parquet a ouvert une enquête, confiée à l’IGPN.
Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a demandé aux parquets une réponse judiciaire «extrêmement ferme». Il souhaite que la détention provisoire soit requise contre les auteurs de violences visant les forces de l’ordre, les pompiers, les bâtiments publics et les commerces.
Bienvenue dans ce direct, au lendemain d’une journée de violences dans toute la France
La France se réveille ce dimanche après une journée de mobilisation du 17 octobre contre la vie chère marquée par des scènes de guérilla urbaine et de pillages dans de nombreuses villes. Selon le ministère de l’Intérieur, 550.000 personnes ont défilé samedi, dont 110.000 à Paris. Les organisateurs revendiquent de leurs côtés 800.000 manifestants.
Commerces pillés à Paris, Marseille, Lyon, Bordeaux, Nantes et Nice, mairies prises pour cible à Marseille et Lille, hôtel de ville de Limoges ravagé par les flammes : la journée laisse un lourd bilan.
Dans la soirée de samedi, le premier ministre Sébastien Lecornu a fait état de 1200 interpellations et de 150 policiers et gendarmes blessés. Suivez avec nous dans ce direct l’évolution des bilans, les réactions politiques et les suites judiciaires.
À retenir
• Les débordements de violences ont donné lieu à 1200 interpellations. Au moins 150 policiers et gendarmes ont été blessés, dont deux transportés inconscients à l’hôpital.
• Des commerces ont été pillés à Paris, Marseille, Lyon, Bordeaux, Nantes et Nice. L’hôtel de ville de Limoges a été en grande partie détruit par un incendie.
• À Saint-Étienne, un mineur de 17 ans a été grièvement blessé à la main, selon la préfecture. L’enquête a été confiée à l’IGPN.
• Le gouvernement accuse l’ultragauche et promet une réponse judiciaire « extrêmement ferme ». Les maires de Paris, Marseille et Lyon demandent à être reçus par Sébastien Lecornu.
anonyme
le
Je ne suis pas d'accord avec tout ça. Je n'attends plus qu'une chose : les élections, un nouveau gouvernement, et une grande remise en ordre de la France, comme Nayib Bukele l'a fait en 2019 au Salvador. Et quoiqu'en disent les ONG de gauche, qui trouvent qu'il ne respecte pas assez les droits des criminels, Bukele a été réelu en 2024 avec 85% des voix.
DiesIrae
le
30 000 émeutiers à Marseille... guerre civile jour 1.
anonyme
le
Il y a des violences mais il y a surtout des scènes de guerre, avec des milliers d’individus impliqués.
Nous ne sommes plus face à des émeutiers, nous sommes attaqués par une armée sur notre sol.
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