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EN DIRECT - Violences urbaines : vive passe d’armes entre Sébastien Lecornu et Mathilde Panot à l’Assemblée

EN DIRECT - Violences urbaines : vive passe d’armes entre Sébastien Lecornu et Mathilde Panot à l’Assemblée La députée insoumise a assuré que le premier ministre était «dangereux». Ce dernier a aussitôt riposté ce mardi, accusant La France insoumise de «semer le chaos» avant de «se victimiser par le mensonge et l’anathème». Le direct Faits Essentiels - Nouveau couvre-feu à Paris à partir de mardi 23 heures jusqu’à mercredi 6 heures dans certains quartiers - Manifestations en Europe : l’ONU condamne «tous les actes de violence» - «Vous êtes dangereux pour la démocratie», lance Mathilde Panot à Sébastien Lecornu - Le renseignement estime que «l’ultragauche» et «l’extrême gauche radicale» étaient en pointe samedi - Les forces sentinelles de l’armée déployées sur des missions statiques le 24 octobre afin de libérer policiers et gendarmes - Nouvelles manifestations samedi en France : le dispositif policier «sera massif», annonce le premier ministre - Lecornu dénonce «un schéma insurrectionnel» planifié par des «groupuscules d’extrême gauche et de l’ultragauche» - La préfecture de police annonce la création d’une plateforme afin d’«identifier et interpeller rapidement les auteurs» de violences - David Amiel annonce des facilités de paiement pour les commerces et veut faire «payer les pillards» - Un fonds de soutien prévu pour les entreprises de moins de 50 salariés - Commerces saccagés : des prêts à taux zéro jusqu’à 50.000 euros disponibles dès vendredi - Gérald Darmanin annonce 149 incarcérations après les violences du 17 octobre - Accord entre les groupes à l’Assemblée pour lancer une commission d’enquête - INFO LE FIGARO - Marseille : un couvre-feu pour les mineurs sera instauré à partir de 22 heures de mardi à vendredi - Incendie de la mairie de Limoges : la Sous-direction anti-terroriste (SDAT) saisie - Sébastien Lecornu réunira les partis politiques jeudi, selon son entourage - Incendie de la mairie de Limoges : le principal suspect, un «activiste d’ultragauche», interpellé par le RAID - «Évidemment, l’État a failli», reconnaît Gérald Darmanin - 123 personnes incarcérées, annonce Gérald Darmanin - «De nouveaux couvre-feux seront décidés là où la situation le nécessite» ce soir, annonce Sébastien Lecornu - À Marseille, Laurent Nuñez promet plus de policiers samedi prochain - Des couvre-feux en vigueur à Paris, Lyon, Bordeaux, Lille ou encore Nice Nouveau couvre-feu à Paris à partir de mardi 23 heures jusqu’à mercredi 6 heures dans certains quartiers Plus d’informations à venir… Manifestations en Europe : l’ONU condamne «tous les actes de violence» Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme a condamné mardi «tous les actes de violence» survenus lors de manifestations ces derniers jours dans plusieurs pays d’Europe, et a appelé les parties prenantes à «apaiser les tensions». «Les manifestations de grande ampleur qui se déroulent en Albanie, en Belgique, en France, en Italie et au Portugal suscitent des préoccupations en matière de droits humains. Je condamne tous les actes de violence et appelle toutes les parties prenantes à apaiser les tensions et à prévenir toute nouvelle violence», a déclaré Volker Türk dans un communiqué. Commerces pillés: des cagnottes de soutien virales sur les réseaux sociaux Portées par les réseaux sociaux, des cagnottes en soutien aux commerçants sinistrés par les violences de ce week-end ont déjà récolté plusieurs centaines de milliers d’euros mardi, parfois à l’insu des bénéficiaires présumés. La chanson «No Surprises» de Radiohead en fond, une créatrice de contenu se filme en train de marcher sur un tas de cartons vides, de coques de téléphone et de morceaux de plastique jonchant le sol d’une boutique de téléphonie à Paris pillée en marge des manifestations du 17 octobre. «Ils ont tout volé, tout cassé», lâche-t-elle, aux côtés du propriétaire Hassan, avant de renvoyer ses spectateurs vers une cagnotte lancée pour le soutenir. Elle totalisait mardi près de 95.000 euros, avec plus de 10.000 participations. Pendant le week-end, une vidéo d’Hassan, hagard et assis visage baissé devant sa boutique sinistrée, est devenue virale sur les réseaux sociaux, notamment grâce au média Brut. Comme la boutique de téléphonie d’Hassan, environ 3000 commerces en France ont subi des dégradations et nombre d’entre eux ont vu leurs rayons vidés par des émeutiers. Mardi, la plateforme Leetchi comptait 79 cagnottes créées pour soutenir les commerçants suite aux événements du 17 octobre, totalisant plus de 185.000 euros. Sur le site Le Pot Commun, une quinzaine de cagnottes avaient été ouvertes à Paris et à Lyon principalement, rassemblant près de 10.000 euros. «Les montants médians sont faibles, autour de 10 euros, ce qui est typique d’un élan spontané de particuliers», a précisé la plateforme à l’AFP. Mais plusieurs cagnottes en ligne ont été lancées à l’insu des commerçants qu’elles prétendent soutenir. Le gérant d’un Micromania à Nice, défendant sa boutique face à des pilleurs dans une vidéo massivement partagée sur les réseaux sociaux, est lui aussi devenu l’un des visages de ces commerçants sinistrés. «Il y a quelqu’un sur Twitter qui se fait passer pour moi et il vous réclame de l’argent», met-il en garde dans une vidéo sur Instagram. À lire aussi Commerces saccagés : le gouvernement annonce des prêts à taux zéro jusqu’à 50.000 euros dès vendredi Gérald Darmanin attendu mercredi à Marseille Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, sera en déplacement mercredi à Marseille, a annoncé son entourage. Selon nos informations, ce déplacement est en lien avec les violences survenues le 17 octobre dans la cité phocéenne, marquées par des dégradations, notamment de la mairie et d’un commissariat de la police municipale, et des pillages de centaines de commerces. Deux séquences sont prévues dans la matinée suivie d’un micro tendu aux journalistes. À lire aussi Violences urbaines : un couvre-feu pour mineurs instauré dès mardi soir à Marseille «Vous êtes dangereux pour la démocratie», lance Mathilde Panot à Sébastien Lecornu Revenant sur la polémique lancée par Mediapart ce matin et évoquant des «mises en scènes d’arrestations» d’élus LFI, l’Insoumise Mathilde Panot a lancé au premier ministre : «Vous êtes dangereux pour la démocratie». «Vous ne gouvernez pas, vous vous contentez de durer» a-t-elle aussi taclé. «Quand vous n’avez plus rien à dire au pays, qu’il ne vous reste que la répression, c’est le signe qu’il faut partir». Pour toute réponse, Sébastien Lecornu lui a demandé : «Condamnez-vous l’incendie de la mairie de Limoges», après qu’un premier suspect militant de l’ultragauche, a été arrêté. Après un long silence, Mathilde Panot s’est écrié : «Vous n’avez pas eu mot pour le jeune qui a perdu une main à Saint-Étienne, pas un pour la jeune qui a perdu un œil à Mulhouse, pas un!» «C’est le moment de la grande clarification», a alors dit Sébastien Lecornu. «Toujours la même rhétorique. Celle qui consiste à semer le chaos et ensuite à se victimiser par le mensonge ou l’anathème.» À lire aussi Violences urbaines : LFI veut attaquer Laurent Nuñez en justice après des révélations de Mediapart Le principal syndicat des livreurs indépendants demande la suspension des commandes dans les zones à risque Le syndicat majoritaire des livreurs indépendants à vélo a demandé mardi à Uber Eats et Deliveroo de prendre des mesures pour assurer leur sécurité lors des futures manifestations, notamment en suspendant les commandes dans les périmètres dangereux. «Nous avons eu énormément de remontées de livreurs et chauffeurs VTC qui se sont retrouvés samedi au milieu du chaos sans pouvoir se mettre en sécurité», a déclaré à l’AFP Fabian Tosolini, délégué national du syndicat Union-Indépendants. Selon lui, ces travailleurs ont été exposés à des violences durant les manifestations du 17 octobre. Les coursiers devant traverser des cortèges ou ayant essuyé des gaz lacrymogènes les forçant à s’arrêter ; les chauffeurs VTC prenant parfois des rues à contresens pour échapper aux charges de CRS... Beaucoup ont été «pris au milieu des affrontements», selon un communiqué de presse du syndicat. Ces livreurs et chauffeurs «en ont pris plein la figure tout le week-end sans que ça n’émeuve personne», a dénoncé Fabian Tosolini dont le syndicat dit avoir interpellé les plateformes mardi matin. Union-Indépendants (syndicat majoritaire côté livreurs indépendants et troisième côté VTC) souhaite que ces travailleurs aient la possibilité «de se mettre en sécurité» et d’annuler la commande «sans perte de rémunération». Mais aussi qu’ils obtiennent une compensation financière pour le manque à gagner et qu’ils aient à disposition un dispositif d’alerte en temps réel pour les informer «des zones à risque». Le syndicat en appelle aussi à la responsabilité des restaurateurs et clients pour qu’ils ne sollicitent pas les travailleurs dans des périmètres dangereux. Union-Indépendants demande donc aux plateformes qu’elles suspendent temporairement les courses et les commandes le cas échéant. Marseille : le Crif et la préfecture démentent un ciblage des commerces juifs par les pilleurs Le Conseil représentatif des institutions juives de Marseille-Provence et la préfecture de police déléguée des Bouches-du-Rhône ont démenti mardi une rumeur circulant sur les réseaux sociaux selon laquelle les pilleurs et casseurs ont ciblé des commerces juifs dans la ville le week-end du 17 octobre. «Les commerces ont été pillés sans distinction religieuse», a indiqué à l’AFP la préfecture de police déléguée des Bouches-du-Rhône, sans plus de commentaires. «Ce que je sais, c’est qu’il y a des commerces musulmans qui ont été cassés, pillés, dévastés, des commerces juifs, des commerces de chrétiens, des commerces de, finalement, toutes les composantes de la Nation», a souligné Bruno Benjamin, président du Conseil représentatif des institutions juives (Crif) Marseille-Provence. «Tous les commerces ont été cassés, il n’y a pas eu de particularité, sauf peut-être cas exceptionnel ou particulier où, peut-être que dans certaines rues, les casseurs connaissaient les commerçants et ont évité de casser leurs commerces», a-t-il insisté. «Maintenant, dire que ce sont les commerces musulmans qui n’ont pas été cassés (de manière systématique, rumeur également répandue, NDLR), je n’ai vraiment aucun élément qui permet de dire ça», a-t-il ajouté. «À Marseille, lors des manifestations du 17 octobre, plusieurs commerces ont été dégradés, DONT certains tenus par des personnes de confession juive. Aucun élément ne permet à ce stade d’établir un ciblage lié à la confession de leurs exploitants», avait souligné le Service de protection de la communauté juive (SPCJ) dans un communiqué diffusé dimanche, en appelant à «la prudence et la responsabilité» et à «ne pas relayer d’informations non vérifiées». À lire aussi « Pillages impunis, attaque de CNews, rôle de l’immigration : cette guerre “si vile” qui vient » Le renseignement estime que «l’ultragauche» et «l’extrême gauche radicale» étaient en pointe samedi Les services de renseignement estiment que «l’ultragauche» et «l’extrême gauche radicale» ont été en pointe dans les débordements de violences survenus samedi en France, mais pas à l’origine des pillages, après analyse des évènements, affirme une source sécuritaire. Les renseignements, qui ont leur propre classification des différents groupes politiques, ne mentionnent pas les partis les plus à gauche du spectre politique (La France Insoumise, Parti communiste français...) comme ayant participé à ces violences. Ils classent le PCF et LFI à «l’extrême gauche», notent que cette dernière était présente dans les cortèges comme à Paris mais, relèvent-ils, il n’y a pas eu d’incidents de leur fait. En revanche, à leurs yeux, «l’ultragauche» et «l’extrême gauche radicale» étaient à la manœuvre samedi. Pour les renseignements, «l’ultragauche», dont le nombre de militants fichés est d’environ 5000, est composée de «groupuscules violents radicaux, en marge du champ démocratique et républicain», explique la source sécuritaire. Ils sont répartis en trois groupes, «idéologiquement distincts» : «les antifas», les plus nombreux, «les anarcho-autonomes» et les «anarchistes», la mouvance la plus ancienne. Sous le vocable «extrême gauche radicale», les services décrivent des militants qui font «des actions de terrain violentes» selon un «procédé bien défini». Des organisations ou partis comme le NPA et Révolution permanente qui sont «peu ou pas dans le champ des partis» sont classés dans cette catégorie par les renseignements, selon une source sécuritaire. C’est cette mouvance, selon la même source, qui a formé des petits groupes mobiles partout dans la capitale pour des déambulations sauvages. À lire aussi Éric Delbecque : « La responsabilité morale et politique de LFI dans la désinhibition de la violence est évidente » Interdiction de transport de carburant et de gaz dans des récipients individuels à Paris jusqu’à jeudi inclus La préfecture de police de Paris (PP) a pris mardi plusieurs arrêtés interdisant le transport de carburant et de gaz inflammable dans des récipients individuels jusqu’à jeudi compris, pour prévenir tout débordement et violence en marge du mouvement social, selon un arrêté de la PP. Cet arrêté s’applique dans toute l’agglomération parisienne (Paris, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne) et est accompagné de deux autres pour la même période et sur le même périmètre : l’un interdisant le port d’équipements de protection dans un rayon de 100 mètres autour des lycées et des établissements d’enseignement supérieur ; l’autre interdisant l’acquisition et la détention d’articles pyrotechniques. Les forces sentinelles de l’armée déployées sur des missions statiques le 24 octobre afin de libérer policiers et gendarmes À une autre question du député EPR Sylvain Maillard sur les dispositifs de sécurité qui seront mis en place pour la nouvelle journée de mobilisation du 24 octobre, Laurent Nunez a annoncé réfléchir à plusieurs mesures, notamment l’interdiction des manifestations non déclarées, et également, «éventuellement», d’interdire des manifestations déclarées si elles sont susceptibles de dégénérer. Le ministre de l’Intérieur annonce par ailleurs : «Nous déploierons les forces sentinelles, évidemment, en substitution des forces de sécurité intérieures, principalement sur des missions de sécurisation statique, pour dégager des policiers et gendarmes pour assurer des missions de maintien de l’ordre.» Il assure également que davantage de forces de l’ordre seront mobilisées. «Comptez sur moi» a-t-il conclu. Des centaines de lycéens et étudiants manifestent dans le calme à Lyon Plusieurs centaines de lycéens et étudiants ont manifesté dans le calme mardi à Lyon et dans sa banlieue, trois jours après les violences et les pillages en marge de la mobilisation contre la vie chère samedi, a constaté une journaliste de l’AFP. À l’appel du syndicat étudiant Unef et du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), près de 750 personnes, selon la préfecture du Rhône qui a autorisé ce rassemblement, ont marché sous une pluie battante plus de 3 km, de Vénissieux jusque dans le sud-est de Lyon, pour que le mouvement lycéen entamé il y a un mois dans toute la France «ne s’éteigne pas pendant les vacances» scolaires, explique Laura, une élève de terminale. Cette manifestation, dans le plus grand calme, s’est déroulée également au lendemain d’un couvre-feu nocturne dans le centre de Lyon, décrété par le préfet comme dans d’autres grandes villes - Paris, Bordeaux, Lille ou encore Nice - pour restaurer le calme après les violences de samedi. Nunez assure qu’il sera «aux commandes» dans les prochains jours et qu’on pourra «compter sur sa fermeté» «Comptez sur moi pour être extrêmement ferme et nous serons au rendez-vous», a lancé Laurent Nunez, après que la députée RN Laure Lavalette a déploré que seules «20 interpellations» aient été effectuées à Toulon, ville jusqu’alors exempte de violences selon elle. «Samedi prochain et dans les jours qui viennent, c’est moi qui serai aux commandes et comptez sur ma fermeté. Je n’ai plus à en faire la démonstration. Comptez sur moi pour être extrêmement ferme. Et nous serons au rendez-vous», a promis le ministre de l’Intérieur. Lyon : le couvre-feu dans l’hypercentre reconduit de 21 heures mardi à 6 heures mercredi Le préfet du Rhône a reconduit le couvre-feu dans l’hypercentre de Lyon, à partir de mardi 21 heures jusqu’à 6 heures mercredi, estimant que cette mesure ciblée avait «contribué au calme», a annoncé la préfecture. En réponse aux violences commises samedi dans les rues du centre-ville commerçant, un premier couvre-feu avait été instauré dans la nuit de lundi à mardi. Le préfet Étienne Guyot a décidé de renouveler la mesure, tout comme l’interdiction des attroupements de 16 heures à 21 heures, selon un communiqué. «Il faut choisir son camp entre la violence et la République», lance Lecornu «J’ai le sentiment qu’au moment dans lequel nous nous trouvons, il y a un combat politique et culturel à mener contre la violence. Et je le redis, il faut, une bonne fois pour toutes, choisir son camp entre la violence et la République», déclare le premier ministre. «Nous disposons d’énormément de pièces à conviction», dit Lecornu, qui assure que les interpellations de pilleurs vont se multiplier «Nous disposons d’énormément de pièces à conviction, d’images, de vidéos, qui vont nous permettre de multiplier, dans les jours qui viennent, beaucoup d’interpellations», a assuré le premier ministre, assurant que 200 enquêteurs sont mobilisés sur la région parisienne. Nouvelles manifestations samedi en France : le dispositif policier «sera massif», annonce le premier ministre Le dispositif policier pour les nouvelles manifestations prévues samedi «sera massif», a annoncé Sébastien Lecornu mardi devant l’Assemblée nationale, reconnaissant un dispositif «trop statique et pas assez mobile» le 17 octobre lors d’une journée émaillée de très nombreuses violences en France. «Le ministre de l’Intérieur a déjà donné des instructions aux préfectures. Le dispositif de samedi prochain sera massif», a déclaré le premier ministre en réponse au président du groupe MoDem, Marc Fesneau. «Nous allons évidemment monter en gamme dans le dispositif pour le 24 octobre où la doctrine (...) sera revue en termes de moyens, en volume bien sûr, en termes de forces engagées et en termes de réactivité, de mobilité, pour aller percuter, impacter ces groupes qui dispersent les forces de l’ordre de manière (...) extrêmement planifiée», a ajouté le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, répondant à une question de la députée RN Laure Lavalette. Lecornu dénonce «un schéma insurrectionnel» planifié par des «groupuscules d’extrême gauche et de l’ultragauche» «L’ordre public est le préalable à tout», assure Sébastien Lecornu devant l’Assemblée, après que le Démocrate Marc Fesneau l’ait interrogé sur ce qu’il comptait mettre ne place pour «garantir la paix civile et protéger les Français». «Nous croyons en la responsabilité individuelle», ajoute le premier ministre, «lorsqu’il y a de la casse et des pillages, ce sont les casseurs et pilleurs qui sont responsables et non l’introduction d’une rhétorique qui laisserait à penser que les pouvoirs publics seraient à l’origine de cette casse.» Il rappelle l’importance du soutien aux forces de l’ordre, après que «1000 policiers et gendarmes» ont été blessés ce week-end. Et de demander un soutien «clair, franc et massif». Le premier ministre a aussi dénoncé, à propos des violences commises en marge des manifestations de samedi, «la planification, en certains endroits, d’un schéma insurrectionnel mené par des groupuscules d’extrême gauche et de l’ultragauche» et démenti, face aux accusations de LFI, que la police puisse se livrer «à du renseignement politique». «On ne tolère pas que des groupuscules factieux puissent marcher sur l’Élysée, sur Matignon», a ajouté le premier ministre devant l’Assemblée nationale lors de la séance des questions au gouvernement. Il a démenti par ailleurs que la police «se livre à du renseignement politique» comme suggéré par le média en ligne Mediapart, et comme l’a relayé La France insoumise. «C’est faux» et «il est impensable qu’un gouvernement puisse donner de pareilles instructions», a-t-il dit. «Vous ne vous en sortirez pas en manipulant les services de renseignements», lance Bompard à Laurent Nunez Manuel Bompard ouvre la session de questions au gouvernement en s’adressant à Sébastien Lecornu. «Depuis un mois, la jeunesse de notre pays exprime sa colère par un mouvement inédit», et assure que le gouvernement y a répondu avec «mépris et violence». «Samedi, votre stratégie de pourrissement a eu des conséquences dramatiques. Votre amateurisme a fait le reste», poursuit-il, s’adressant directement à «Monsieur le premier ministre». Il lui donne l’entière responsabilité de la «souffrance des lycéens», à laquelle s’ajoute désormais celle des «commerçants que vous avez abandonnés et des manifestants pacifiques que vous avez maltraités.» «Vous ne vous en sortirez pas en manipulant les services de renseignements comme l’a révélé Mediapart, pour accuser LFI de violence qu’elle a toujours refusé. Vous ne vous en sortirez pas davantage avec des couvre-feux et des hélicoptères au-dessus de Paris», ajoute l’Insoumis à l’attention de Laurent Nunez. Et de demander une réponse «politique» à la «crise politique», la fin de Parcoursup, 10 milliards d’euros pour le système scolaire, un plafonnement du prix du carburant ou encore l’augmentation du SMIC. Laurent Nunez, qui lui a répondu, a constaté une question très «large». «Vous déplorez que des commerces aient pu être pillés et détruits et vous en imputez la responsabilité au gouvernement. J’ai ma part de responsabilité en tant que ministre de l’Intérieur (…) mais vous avez la vôtre dans le soutien que vous apportez à l’ultragauche», s’insurge alors Laurent Nuñez . Quant aux accusations de manipulation des services de renseignements, il assure que «c’est faux». «Les services de renseignements de ce pays ne travaillent pas sur les partis politiques. (…) Vous avez votre part de responsabilité», a répété le ministre de l’Intérieur, sous les cris de députés LFI. «Jamais il n’a été demandé, comme vous m’avez accusé de l’avoir fait ce matin sur France Info, d’écrire sur La France insoumise (...) C’est votre diversion. Vous avez jeté de l’huile sur le feu, il y a eu de graves incidents et vous avez une part de responsabilité (...) Le trait d’union entre la France insoumise et certains groupuscules, il est réel.» À lire aussi Violences du 17 octobre : Laurent Nuñez a présenté dimanche sa démission à Emmanuel Macron, qui l’a refusée Plusieurs centaines de manifestants à Rennes malgré l’interdiction préfectorale Environ 400 personnes, en majorité des lycéens et des étudiants, se sont rassemblées mardi à Rennes malgré l’interdiction de la préfecture d’Ille-et-Vilaine qui invoquait «des risques de nouvelles violences» après celles du 17 octobre, a constaté une journaliste de l’AFP. Les manifestants se sont rassemblés vers 11 heures en centre-ville, avant d’être repoussés par les forces de l’ordre, en nombre important, vers le sud de la ville. Le cortège improvisé, qui a marché dans le calme, a été stoppé au bout de 2 km, peu avant 13 heures. Les derniers participants ont alors été contrôlés par les forces de l’ordre et se sont dispersés. «Quand j’ai passé mon bac, on bloquait déjà pour les mêmes choses, ça montre bien que les jeunes, on ne nous écoute pas», a déclaré à l’AFP Ninon, 20 ans, étudiante à Rennes 2 en sciences de l’éducation. Parmi les manifestants, Jérémy, 31 ans, qui a été enseignant vacataire en collège, estime que les revendications des jeunes sont «basiques». Lui aussi a déploré que plusieurs catégories de population, notamment les infirmiers, les opposants à la réforme des retraites ou encore les écologistes, ne soient «pas écoutées». Ce mouvement est, selon lui, «le résultat de dix ans de Macron». Le rassemblement, non déclaré et qui a circulé sur les réseaux sociaux, était «interdit par arrêté préfectoral», a annoncé la préfecture sur son compte X dans la nuit de lundi à mardi. La préfecture de police annonce la création d’une plateforme afin d’«identifier et interpeller rapidement les auteurs» de violences «Témoin de violences, de dégradations ou de pillages ces derniers jours ?» Sur X, la préfecture de police a indiqué que le préfet a décidé de la création d’une «plateforme dédiée», afin de partager des images des violences commises en marge des mobilisations le 17 octobre et lors des pillages. «N’attendez pas : transmettez toutes vos images aux services de police afin de les aider à identifier et interpeller rapidement les auteurs», suggère la préfecture. Jean-Philippe Tanguy pris à partie dans un taxi lors des violences du 17 octobre à Paris Jean-Philippe Tanguy, député RN de la Somme, a été pris à partie alors qu’il se déplaçait en taxi le 17 octobre. Des manifestants l’ont reconnu et s’en sont pris au véhicule, comme il l’a raconté le jour des mobilisations sur son compte X. «Je remercie le chauffeur qui s’est extirpé immédiatement. C’était une scène - c’était à Hôtel de Ville, au milieu de la fumée et des débris - de chaos», explique le président du groupe RN à l’Assemblée nationale au micro de BFMTV ce mardi. «Ce que j’ai ressenti par rapport aux commerçants et aux personnes violentées, ce n’est pas très grave», a-t-il toutefois nuancé, tout en fustigeant une «haine politique» et des «gens animés par la détestation». Enquêtes ouvertes sur les causes de la mort de deux hommes samedi et lundi à Paris Deux enquêtes ont été ouvertes pour déterminer les causes de la mort de deux hommes à Paris, un premier samedi, et le second dans la nuit de dimanche à lundi, tous deux probablement à la suite de malaise. «La permanence criminelle du parquet de Paris a été avisée» samedi soir «du décès d’un homme rue du Château d’Eau (...) des suites d’un probable malaise», a indiqué le parquet à l’AFP. Cette artère du Xe arrondissement part de la place de la République, l’un des épicentres des violences de samedi. La préfecture de Paris (PP) a précisé que samedi à 18H20 les sapeurs-pompiers avaient été sollicités pour un «homme de 59 ans inconscient sur la voie publique à l’angle de la rue de Lancry et du boulevard Magenta». On a ajouté de même source que «compte tenu des conditions de sécurité dégradées aux alentours, la victime a été déplacée au centre de secours de Château d’Eau où elle est décédée à 18H55 malgré les secours». La victime a été transportée «par les pompiers à l’Institut médico-légal», a poursuivi le parquet. «Une enquête en recherche des causes de la mort a été ouverte par le parquet de Paris», a-t-il ajouté. En outre «lundi à 01H10, rue Berger», dans le quartier des Halles, un homme de 48 ans est décédé des suites d’un malaise sur la voie publique malgré l’intervention rapide des sapeurs-pompiers, selon la PP. Une enquête a également été ouverte, d’après cette source, pour rechercher les causes de la mort. Les deux enquêtes «ont été ouvertes sur ces deux décès survenus sur la voie publique sans qu’aucune responsabilité d’un tiers ne soit suspectée à ce stade», a-t-on ajouté à la PP. À lire aussi Violences urbaines à Paris : deux enquêtes ouvertes après la mort de deux hommes, samedi et lundi Face aux accusations, Jean-Luc Mélenchon appelle ses «militants et sympathisants» à «la vigilance, la prudence et la retenue» Sur X, le chef de La France Insoumise a appelé ses soutiens à la prudence. «La montée des accusations portées contre nous par David Lisnard, Gérard Larcher, les porte-paroles de l’extrême droite et des émissions sur le système audiovisuel du gouvernement, comme les manifs des milices d’extrême droite à Lyon la nuit dernière, me font craindre des provocations souvent pratiquées dans ce type de période de crise par les gouvernements aux abois et leurs alliés», écrit Jean-Luc Mélenchon. «J’appelle à la vigilance, la prudence et la retenue les militants et sympathisants de notre campagne présidentielle.» À lire aussi Le jeu trouble de Jean-Luc Mélenchon dans l’engrenage de la violence Après les violences, les marchés durcissent le ton envers la dette française Les conditions de financement de la France continuent mardi de se durcir sur les marchés financiers, après les violences du week-end dans l’Hexagone, qui ont renforcé les doutes des investisseurs sur la capacité du pays à redresser ses comptes face à une colère sociale limitant ses marges de manœuvre. Mardi matin, l’écart entre le taux d’emprunt à dix ans de la France et celui de l’Allemagne a franchi le seuil symbolique de 1,5 point de pourcentage, à 1,53 point au plus haut de la séance peu après 11 heures. En clôture, c’est-à-dire en fin de séance des marchés, il s’était établi à 1,48 point lundi, un niveau que la France n’avait plus connu depuis janvier 2012. Cet écart mesure la méfiance des investisseurs envers la dette française. Plus il est élevé, plus la France paie cher pour se financer par rapport à l’Allemagne, considérée comme l’emprunteur le plus sûr de la zone euro. Concrètement, la France empruntait mardi à 4,96 % sur dix ans, contre 3,43 % pour sa voisine. Signe du malaise, la France emprunte nettement à un taux plus cher que l’Italie (4,59 %) et l’Espagne (4,07 %), deux pays longtemps considérés comme les maillons faibles de la zone euro. À lire aussi Assurer la dette française coûte deux fois plus cher qu’il y a un an Le préfet de Loire-Atlantique prend un arrêté anti-pillage et anti-casse pour interdire les attroupements dans le centre-ville de Nantes Le préfet de Loire-Atlantique, Laurent Hottiaux, a annoncé avoir pris un arrêté anti-pillage et anti-casse, pour interdire les attroupements dans le centre-ville de Nantes ainsi qu’autour du centre commercial Atlantis, à Saint-Herblain, sur le périphérique nantais. Cette interdiction s’applique de 21h à 6h, jusqu’au samedi 24 octobre. Elle n’entrave pas la circulation sur la voie publique et ne s’applique ni aux terrasses, ni aux files d’attente des établissements culturels, sportifs et commerciaux. «Cette mesure donne aux forces de police un outil supplémentaire pour prévenir les violences et les pillages, en interdisant les rassemblements qui menacent l’ordre public sans attendre qu’une infraction soit commise», annonce le préfet. Une réévaluation des risques sera réalisée en fin de semaine. À Lyon, de premières condamnations pour des «pilleurs opportunistes» après le chaos du 17 octobre À Lyon, deux jours après le pillage du centre-ville, les premières comparutions immédiates ont eu lieu lundi après-midi. À la barre, se sont succédé « des pilleurs opportunistes », selon les termes de l’avocat de plusieurs d’entre eux, Boris Roux. « Des profiteurs du chaos », a commenté pour sa part la procureur Marion Luna. Sophia R. et Chaima R. ont 30 et 27 ans. L’une est mère célibataire avec deux enfants à charge, quand l’autre - actuellement logée chez son ami - vit du RSA et de petits boulots. Le 18 octobre, elles sont interpellées à Vaulx-en-Velin à 3 heures du matin avec, en leur possession, des affaires volées durant la nuit dans le magasin JD Sport, situé dans le quartier de la Soie. Repérées par un équipage de police sur le parking du magasin, elles ont tenté de fuir avant d’obtempérer au bout de 30 minutes de poursuite. « On passait là par hasard on a vu plein de personnes les mains chargées et voilà. On a réalisé en garde à vue qu’on avait fait de la mer**», tente de se justifier Chaima. David Amiel annonce des facilités de paiement pour les commerces et veut faire «payer les pillards» Le ministre des Comptes publics, David Amiel, a annoncé ce mardi plusieurs mesures pour accompagner les commerces victimes des récentes violences. Outre la création d’un fonds de soutien et la mobilisation des assureurs, le gouvernement entend faciliter l’étalement des charges des entreprises touchées. La Direction générale des finances publiques (DGFiP) a notamment été sollicitée pour permettre un échelonnement simplifié des créances fiscales. À lire aussi Dette : face à la hausse «préoccupante» des taux d’intérêt, David Amiel appelle à un «ressaisissement collectif» Le ministre a également insisté sur la nécessité de «faire payer les pillards», évoquant le futur examen du projet de loi «casseur-payeur». Il a précisé que les revenus illicites issus de trafics, de vols ou du recel de biens dérobés seraient déduits des prestations sociales. Pour y parvenir, David Amiel entend notamment accélérer les échanges d’informations entre administrations, en s’appuyant sur les moyens supplémentaires prévus par la loi contre les fraudes adoptée cette année. Un fonds de soutien prévu pour les entreprises de moins de 50 salariés Un fonds de soutien destiné aux entreprises et aux commerces de moins de 50 salariés va être mis en place, a annoncé ce mardi Serge Papin, à l’issue d’une réunion exceptionnelle avec les entreprises. Ses modalités doivent être discutées dans l’après-midi et l’aide tiendra notamment compte des pertes de chiffre d’affaires enregistrées depuis le 17 octobre. Le ministre du Commerce a également salué les initiatives locales, citant notamment la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui prévoit une aide de 10.000 euros par commerce victime de dégradations, ainsi que la ville de Lyon. Serge Papin a par ailleurs annoncé une prochaine réunion avec les tribunaux de commerce afin de favoriser une attitude «souple et bienveillante» à l’égard des entreprises touchées. En lien avec le garde des Sceaux, le gouvernement entend également faciliter les dépôts de plainte des commerçants. Commerces saccagés : des prêts à taux zéro jusqu’à 50.000 euros disponibles dès vendredi Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a annoncé ce mardi la mise en place, dès vendredi, d’un prêt à taux zéro accordé par Bpifrance aux commerces sinistrés lors des récentes violences, dans la limite de 50.000 euros. Une simple déclaration de sinistre auprès de leur assurance suffira pour en bénéficier, a-t-il précisé à l’issue d’une réunion exceptionnelle avec les entreprises. «Nous prenons ce moment avec une extrême gravité», a insisté le ministre, assurant que le gouvernement continuerait à traiter la situation avec le même sérieux. Le RN demande à l’État de sécuriser son Congrès prévu à Orléans samedi et dimanche Le vice-président du Rassemblement national Sébastien Chenu a demandé mardi à l’État de sécuriser le congrès de son parti prévu à Orléans samedi et dimanche alors que des contre-manifestations sont prévues, le maire de la ville ayant lui aussi exprimé son inquiétude. Sébastien Chenu a déclaré sur France 2 attendre que les autorités «sécurisent» l’événement, qui doit accueillir environ 10.000 militants. En parallèle, une cinquantaine d’organisations ont lancé un appel à la contre-mobilisation et 10.000 à 15.000 personnes sont attendues, selon plusieurs sources policières contactées par l’AFP. À lire aussi Présidentielle 2027 : au lendemain des émeutes, le RN veut incarner le « parti de l’ordre » «Il y a visiblement des «antifas» qui menacent de venir dans Orléans», a assuré Sébastien Chenu. Il a indiqué que le député RN du Gard Yoann Gillet soulèverait ce sujet mardi après-midi lors de la séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale. Sébastien Chenu a affirmé que le RN ne «souhaite pas annuler» son congrès. Gérald Darmanin annonce 149 incarcérations après les violences du 17 octobre Le ministre de la Justice Gérald Darmanin a annoncé «149 incarcérations» suite aux violences du 17 octobre. Si la réponse pénale aux violences liées au 17 octobre n’est pas «extrêmement ferme», alors «les commerçants et les habitants feront justice eux-mêmes», a justifié mardi le garde des Sceaux Gérald Darmanin lors d’un déplacement à Lille. «On est à peu près à 150 incarcérations» actuellement, «et ça continue puisque les gardes à vue se finissent et il y a plus de 800 personnes qui sont déférées devant un tribunal» pour pouvoir être jugées, a ajouté le ministre. Des personnes «qui n’ont aucun casier judiciaire et qui se retrouvent en prison (...), c’est extrêmement rare, voire ça n’est jamais arrivé pour des atteintes aux biens», a insisté Gérald Darmanin. Il a notamment cité l’exemple de «trois individus qui avaient pillé le magasin Micromania» le 17 octobre à Lille, âgés de 20 à 25 ans, qui ont été condamnés lundi à «10 mois de prison ferme chacun avec mandat de dépôt, alors qu’ils n’étaient pas connus des services de police et de justice». Après avoir salué le travail des magistrats à Lille comme dans tout le pays, Gérald Darmanin a abordé la question de la «réponse civile» pour que les commerçants, «les premières victimes de ce qui s’est passé ce week-end», puissent «toucher de l’argent de la part de ceux qui ont été pilleurs». Les coupables «doivent réparer», a martelé le ministre. À Lyon, l’ultradroite défile juste avant le couvre-feu, le préfet «furieux» de la «récupération» Le préfet du Rhône s’est déclaré «furieux» mardi, au lendemain du bref défilé d’un groupe d’ultradroite à l’issue d’un rassemblement en soutien aux commerçants et aux forces de l’ordre, lundi soir à Lyon, alors que débutait le couvre-feu. «Au moment de la dispersion, des individus identifiés a posteriori comme appartenant à l’ultradroite se sont alors constitués en groupe après s’être mêlés de manière insidieuse au rassemblement pour le récupérer», rapporte ensuite la préfecture Incendie à l’université de Rouen : un suspect étudiant en garde à vue Un étudiant âgé d’une vingtaine d’années, suspecté d’avoir «participé à la mise à feu» d’un bâtiment de l’université de Rouen le 17 octobre, a été interpellé mardi matin et placé en garde à vue, a annoncé le procureur de la République de Rouen, Sébastien Gallois. Il a le profil d’un étudiant «a priori banal» et «n’a pas agi seul, donc les enquêteurs vont devoir identifier avec qui il a pu monter ce projet» d’incendie de l’Espace Michel Serres, a ajouté Sébastien Gallois devant des journalistes sur le campus de la faculté des lettres de Rouen à Mont-Saint-Aignan (Seine-Maritime). Le magistrat y accompagnait le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, en visite sur le campus. Pour Fabien Roussel (PCF), les couvre-feux sont un «aveu d’échec» du gouvernement Le candidat du Parti communiste à l’élection présidentielle Fabien Roussel a estimé mardi que les couvre-feux mis en place dans certaines villes pour lutter contre les violences étaient un «aveu d’échec et d’impuissance du gouvernement», sans toutefois clairement s’y opposer. Ces couvre-feux «représentent aussi une forme d’échec de la part de l’État à conjurer ces scènes de pillages, à protéger les biens et les personnes. Et c’est regrettable d’en arriver à de telles mesures», a expliqué le patron du PCF devant la presse. C’est «un aveu d’échec et d’impuissance» du gouvernement, a-t-il insisté. Mais Fabien Roussel ne s’est pas non plus explicitement prononcé contre ces mesures prises lundi soir dans plusieurs villes et qui, selon le premier ministre Sébastien Lecornu, ont «contribué au calme de cette nuit». Ils ont débuté lundi entre 20 heures et 22 heures dans certaines portions de Paris, Lyon, Bordeaux, Lille ou encore Nice. De nouvelles restrictions seront décidées pour mardi soir. Interrogé pour savoir s’il soutenait ces nouveaux couvre-feux, Fabien Roussel a estimé qu’il fallait «respecter ce que disent les maires de la situation dans leur commune». «Ces scènes de pillages, ces dégradations, ont provoqué un véritable traumatisme. Dans la population et chez les maires», a souligné celui qui est aussi l’édile de Saint-Amand-les-Eaux (Nord). Accord entre les groupes à l’Assemblée pour lancer une commission d’enquête Les groupes politiques de l’Assemblée nationale se sont accordés mardi sur l’opportunité de lancer une commission d’enquête sur les violences et scènes de pillages en marge des manifestations du week-end, principalement le 17 octobre, mais aussi sur le dispositif de maintien de l’ordre déployé. La création d’une telle instance avait été proposée par la présidente de l’Assemblée nationale dimanche. Mardi, la conférence des présidents, réunissant notamment les chefs de groupe, a opté pour que la commission des lois lance une procédure pour se transformer en commission d’enquête sur ce sujet. ENTRETIEN - Éric Ciotti au Figaro : «Si nous renonçons à employer la force contre les barbares, c’est la République qui s’effondrera» Parquet national antiterroriste, réponse pénale et pénitentiaire, privations d’aides et de logements sociaux... Après les violences du 17 octobre, le président de l’UDR expose les solutions qu’il imposerait avec Marine Le Pen si elle était élue en 2027. «Les casseurs doivent payer. Grâce à nos 4 000 caméras de vidéosurveillance, les auteurs présumés de la quasi-totalité des délits commis, soit près de 600 personnes, sont identifiables. Nous avons déposé plusieurs plaintes à leur encontre auprès du parquet de Nice. Il appartient désormais à la justice de mener les enquêtes pour les poursuivre. Tous les responsables doivent être recherchés et condamnés, y compris les mineurs, dont les parents doivent également être tenus pour responsables. Nous allons les traquer et les punir.» INFO LE FIGARO - Marseille : un couvre-feu pour les mineurs sera instauré à partir de 22 heures de mardi à vendredi Ce couvre-feu débutera ce soir à partir de 22 heures et se terminera à 5 heures, et ainsi de suite jusqu’à vendredi. Toute la ville de Marseille ne sera pas concernée, mais plutôt certaines zones comme autour de centres commerciaux par exemple. Un couvre-feu similaire sera également adopté dans certaines communes des Bouches-du-Rhône en parallèle, annonce une source proche du dossier au Figaro. DÉCRYPTAGE - 17 octobre : comment les forces de l’ordre vont tirer les leçons d’un fiasco pour rétablir le calme Au lendemain d’un week-end apocalyptique, la France se réveille avec la gueule de bois. Sonnés par la bourrasque de violences urbaines qui a tout emporté sur son passage en mode « convergence des brutes », policiers et gendarmes vont devoir corriger le tir et rétablir l’ordre coûte que coûte. Alors que des hordes de voyous ont encore profané le cœur de Paris dimanche, le président de la République a demandé au ministre de l’Intérieur de déployer « au plus vite sur le terrain de nouveaux modes d’action (…) contre les casseurs ». Charge à Laurent Nuñez, qui a présenté sa démission et reconnu une « perte de contrôle » dans plusieurs grandes villes, d’agir pour qu’une telle faillite ne se reproduise plus. Dos au mur, les stratèges du renseignement et du maintien de l’ordre sont sommés de revoir leurs logiciels en urgence. Les chantiers sur lesquels ils travaillent dessinent en creux des angles morts bien identifiés. Depuis que le chef de l’État a pointé un doigt accusateur sur les « défaillances d’anticipation et de renseignement », les services spécialisés dansent sur un volcan. Incendie de la mairie de Limoges : la Sous-direction anti-terroriste (SDAT) saisie La sous-direction anti-terroriste (SDAT) a été saisie dans le cadre de l’incendie de la mairie de Limoges samedi et un homme a été interpellé mardi en Haute-Vienne, a appris l’AFP de source proche du dossier. Le suspect, âgé de 40 ans, est connu pour son appartenance à la mouvance de l’ultragauche et des faits de violence sur personne dépositaire de l’autorité publique et est fiché S, selon la même source. Lundi soir, le ministre de la Justice Gérald Darmanin avait annoncé que «le parquet national anti-terroriste» allait «savoir, dans les prochaines heures, s’il se saisit» dans l’affaire de l’incendie de la mairie de Limoges. Sébastien Lecornu réunira les partis politiques jeudi, selon son entourage Les représentants des partis politiques seront reçus à Matignon jeudi, indique l’entourage de Sébastien Lecornu. «Avec le ministre de l’Intérieur, je veux leur parler de la police. On nous explique que la police tue ou la police blesse. Puis depuis deux jours, on nous dit ‘’que fait la police ?’’. C’est une schizophrénie bien française de débat politico-médiatique», a expliqué le premier ministre. Il ajoute : «Est-ce qu’il faut faire évoluer cette doctrine ? J’entends que beaucoup en parlent, ça fera partie justement des points que je souhaite aussi évoquer». Sébastien Lecornu souhaite également discuter de «la question de la sécurité des meetings» de la campagne présidentielle. «L’agenda démocratique va être percuté par cet agenda de désordre tel qu’il est imaginé par ces différents groupuscules», s’inquiète le premier ministre. Mais le président du RN, Jordan Bardella, a indiqué que ni lui ni Marine Le Pen ne se rendraient à cette réunion. Quant à Gabriel Attal, à la tête de Renaissance, il a dit «ne pas avoir compris la proposition du premier ministre». «Ça ne semble pas du tout être le sujet aujourd’hui», a-t-il dit. Incendie de la mairie de Limoges : le principal suspect, un «activiste d’ultragauche», interpellé par le RAID Moins de trois jours après l’incendie criminel qui a ravagé la mairie de Limoges (Haute-Vienne), classée au patrimoine historique, un suspect a été interpellé mardi matin à Val d’Issoire par le RAID de Bordeaux, a-t-on appris de sources concordantes. Selon une source policière, «Il s’agit d’un activiste d’ultragauche déjà fiché S». Âgé de 40 ans et originaire de la Creuse, il est également connu des autorités, notamment pour des faits de «violences sur personne dépositaire de l’autorité publique». Contactée, la procureure de Limoges confirme l’interpellation du suspect. Réunion à Matignon : «Si l’on est invité pour venir apporter nos réponses, on ira», avance Manuel Bompard Le premier ministre, Sébastien Lecornu, doit organiser une réunion dans les prochains jours avec les chefs de parti sur la situation. «Je n’ai pas reçu d’invitation à ce stade, si l’on est invité pour venir apporter nos réponses à la situation, on ira apporter nos réponses à la situation que l’on connaît aujourd’hui», avance le coordinateur de La France Insoumise (LFI), Manuel Bompard, sur Franceinfo. Les Insoumis défendent «l’abrogation de Parcoursup, 10 milliards d’euros pour l’éducation, le blocage des prix, et l’augmentation du SMIC et des salaires». «Le mouvement est loin d’être terminé», affirme Marylise Léon Pour Marylise Léon, «le gouvernement tarde beaucoup trop pour répondre aux demandes» des jeunes, tout en qualifiant les violences «d’inadmissibles». Si la secrétaire générale de la CFDT affiche son «soutien pour la mobilisation des lycéens et des étudiants», elle ajoute qu’il «faut que chaque organisation sache rester à sa place». «Le mouvement est loin d’être terminé, on appelle au 5 novembre avec d’autres organisations» syndicales, souligne Marylise Léon. Une réunion avec le gouvernement se tiendra mercredi 21 octobre mais la syndicaliste «veut des réponses et pas une leçon de responsabilité de la part du président». «Il y a une colère, une envie d’être considéré, respecté. On paie dix ans de verticalité, il faut de vraies réponses sociales», a-t-elle martelé. Marylise Léon a notamment pointé les nombreuses branches professionnelles qui ont encore des minima sous le Smic. «On demande qu’il y ait une augmentation de 100 euros par mois pour tous les salariés, tous les agents, pour pouvoir faire face à ces difficultés du pouvoir d’achat et dans les branches professionnelles qu’on puisse atteindre, par la négociation, au moins cette enveloppe», a-t-elle déclaré. «Les entreprises qui ne jouent pas le jeu de la négo - pour la CFDT c’est très clair - ne doivent plus toucher les exonérations de cotisations dont elles bénéficient», a insisté Marylise Léon. Elle a également appelé à «un budget de justice sociale et fiscale», qui traite la question de «la contribution des plus hauts patrimoines». Manuel Bompard annonce «saisir la Cour de Justice de la République contre le ministre Nuñez» Le coordinateur de La France Insoumise (LFI), Manuel Bompard, annonce saisir la Cour de Justice de la République contre le ministre de l’Intérieur, après une publication de Mediapart. Un article, publié hier soir, relate le témoignage d’un commissaire des services de renseignement, qui assure «avoir eu pour consigne de cibler le parti de Jean-Luc Mélenchon» dans les pillages. «C’est absolument scandaleux», martèle l’Insoumis. «Fabriquer des faux documents, faire de l’abus d’autorité, ce sont des délits», accuse-t-il. «Il faut qu’il y ait des enquêtes qui soient menées. Ça s’appelle un scandale d’État», a encore martelé l’élu. Les plateformes de revente ont «signé une charte» de «coopération» avec les autorités, affirme Serge Papin Le gouvernement dit avoir obtenu une «coopération» de la part des plateformes de revente comme Vinted ou Leboncoin, convoquées lundi soir après qu’elles ont hébergé des annonces de recel de produits volés lors des pillages. «Nous avons signé une charte avec elles», a assuré le ministre du Commerce Serge Papin sur Sud Radio, expliquant qu’elles ont «pris des engagements de traçabilité» et ont accepté «s’il y a un doute, de prévenir tout de suite les autorités». «Le travail est à faire par les plateformes, il faut mettre en place de la modération», a ajouté le ministre, restant toutefois vague sur les engagements concrets obtenus de la part des plateformes. «On a demandé un travail d’investigation avec des retours dans les 48 heures», a-t-il ajouté. «Si les gens commencent à s’armer eux-mêmes ce serait terrible, cela voudrait dire que l’État a failli» alerte le maire PS de Paris centre «La soirée s’est bien passée, on a eu une nuit beaucoup plus calme» assure ce mardi matin Ariel Weil, maire PS de Paris Centre, où un couvre-feu a été déployé hier soir, suite aux violences de ce week-end. Des zones de filtrage ont aussi été organisées. Sur BFMTV, l’élu avait évoqué lundi la possibilité de faire appel à l’armée pour empêcher de nouveaux pillages dans la capitale. «J’ai évoqué l’idée que l’on puisse avoir recours à l’armée si on avait un problème d’effectifs» explique-t-il au micro de RMC. «L’armée est déjà déployée à Paris, notamment avec l’opération sentinelle» justifie-t-il, proposant que les militaires puissent être déployés comme «présence dissuasive» dans certains quartiers pour éviter les pillages. Interrogé sur les formes d’autodéfense auxquelles se sont résolus certains commerçants, l’édile dit comprendre que «les habitants ont pu avoir le sentiment d’avoir été abandonnés». «Je peux essayer de comprendre ceux qui ont repoussé les attaquants» poursuit-il. «Mais si les gens commençaient à s’armer eux-mêmes ce serait terrible, ce serait que l’État a failli», alerte-t-il. À lire aussi Qui sont vraiment les casseurs ultra-violents du 17 octobre ? La question de l’annulation du congrès du RN «n’est pas sur la table», assure Sébastien Chenu Au milieu de la crise, le Rassemblement national (RN) doit tenir à Orléans (Loiret) ce week-end son Congrès, suivi d’un meeting. La question de la sécurisation est en jeu. «Nous attendons que l’État permette que la démocratie s’exprime», argue le député nationaliste, Sébastien Chenu, sur France 2. «Quels moyens l’État compte-t-il mettre en œuvre pour la sécurité de notre congrès», s’interroge l’élu. La question devrait être posée au gouvernement en Hémicycle cet après-midi. «Il y a des antifas qui menacent de venir dans Orléans», a assuré celui qui est aussi vice-président de l’Assemblée nationale. La question de l’annulation du raout «n’est pas sur la table», a-t-il encore certifié. Avant de poursuivre : «Ce n’est pas nous qui prendrons cette responsabilité». «Il y a une forme de légitimité dans les revendications des jeunes», estime le sénateur PS Thierry Cozic «Les violences n’ont pas leur place dans l’État de droit», a dénoncé le sénateur PS Thierry Cozic sur BFM Business, estimant que les casseurs ne doivent pas occulter qu’«il y a une forme de légitimité dans les revendications des jeunes», mais aussi dans les inquiétudes liées au coût de la vie. «Il faut que l’État apporte des solutions et ce n’est pas le projet de loi de finances tel qu’il est proposé qui y répondra», a dénoncé l’élu par ailleurs président de la commission des finances du Sénat. «Évidemment, l’État a failli», reconnaît Gérald Darmanin «Évidemment, l’État a failli. L’État doit garantir la sécurité», admet le garde des Sceaux sur Europe 1-CNews, après les violences qui ont émaillé les manifestations ce week-end. Interrogé sur la pertinence d’instaurer l’État d’urgence, Gérald Darmanin estime que la France n’en a «pas besoin». «Je ne lui ai pas suggéré l’État d’urgence. Comme témoin direct, il n’en a pas fait l’évocation.» Yaël Braun-Pivet réclame une commission d’enquête et des résultats «à la fin de l’année» Pour faire toute la lumière sur la journée du 17 octobre, la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a proposé dès dimanche la création d’une commission d’enquête. En conférence des présidents à 10h devrait être décidée la façon dont «on l’a créée» et «le champ que l’on définit ensemble». Sur France Inter, la responsable politique plaide pour «qu’à la fin de l’année, on puisse avoir les résultats». «Il ne s’agit pas de mettre en accusation qui que ce soit», a-t-elle défendu, mais «de comprendre toutes les questions que l’on se pose». La députée des Yvelines, qui reconnaît «une faillite», entend comprendre les défaillances «au niveau des renseignements», «ce qui s’est passé sur les réseaux sociaux», ainsi que sur «la pénurie de munitions». 123 personnes incarcérées, annonce Gérald Darmanin À ce jour, 123 personnes sont incarcérées depuis les violences qui ont émaillé les manifestations ce week-end, «soit en détention provisoire soit parce qu’ils ont eu des mandats de dépôt», annonce sur Europe 1-CNews le ministre de la Justice. Par ailleurs, «une cinquantaine d’informations judiciaires» ont été ouvertes, et «encore énormément de gens» sont encore en garde à vue. «Il y a eu beaucoup de fermeté de la part des procureurs de la République. Je leur ai demandé d’être impitoyables envers ceux qui ont attaqué des policiers, des gendarmes, des pompiers, qui ont pillé des commerces et attaqué des bâtiments publics.» «L’État a été défaillant», pointe Patrick Martin «Je ne suis pas un spécialiste du maintien de l’ordre mais manifestement la menace a été sous-estimée», relève ce mardi matin Patrick Martin sur RMC. Pour le président du Medef, «l’État a été défaillant» face à «des populations étranges, archi violentes et ultra-déterminées». «J’ai vu des choses effrayantes, c’est inadmissible dans notre État de droit», a-t-il ajouté. Quant au recours aux armes ou à des barres de fer de la part des commerçants pour se défendre, Patrick Martin partage sa vision : «Je les comprends mais je les dissuade de le faire car nous restons attachés à l’État de droit, il ne faut pas tomber dans le panneau que tend l’ultra-gauche et aux black blocs qui attendent une guerre civile.» Selon lui, il «faudrait peut-être hiérarchiser les priorités» afin de «tenir jusqu’à la présidentielle». À lire aussi Patrick Martin estime que le budget va «aggraver la situation» économique L’instauration du couvre-feu est «un aveu d’échec» de l’État, estime Fabien Roussel L’instauration d’un couvre-feu est «également une défaillance de l’État, un aveu d’échec. Surtout un aveu d’échec», a estimé sur TF1 le candidat communiste (PCF) à l’élection présidentielle. «Il faut comprendre d’où vient cette violence. D’où viennent ces pillards. Pour connaître ce qui est à l’origine de ces pillages de magasins (…) Ce qui en cause, c’est avant tout la politique de maintien de l’ordre. Ce n’est pas la personne [du ministre de l’Intérieur]», a-t-il ajouté. «De nouveaux couvre-feux seront décidés là où la situation le nécessite» ce soir, annonce Sébastien Lecornu «Les couvre-feux ciblés ont contribué au calme de cette nuit. Je remercie les policiers et les gendarmes qui ont veillé à leur demande, ainsi que les préfets pour leur mobilisation. Ce soir, de nouveaux couvre-feux seront décidés là où la situation le nécessite. Ces décisions seront prises sur le terrain, par les préfets, en lien avec les maires», écrit ce mardi matin sur X le premier ministre. L’éditorial d’Yves Thréard : « Face à la convergence des haines, l’État en danger » La chute du beffroi incendié de la mairie de Limoges résume, à elle seule, l’état de la France. Avec lui, c’est un peu la République qu’on avait l’impression de voir tomber. Une République où l’autorité est malmenée, insultée, piétinée par des individus décivilisés. Une longue suite de démissions explique cette faillite. À l’école, bien sûr, où l’élève a remplacé le maître, où l’effort et l’exigence sont devenus suspects. Sur la voie publique, où les forces de l’ordre sont assimilées à une bande ennemie qui empêche le narcotrafic et tue. Face à l’immigration et ses conséquences aussi, aujourd’hui hors de contrôle, dont il est interdit de parler, sous peine de procès en fascisme. Il ne suffit pourtant pas d’être né à Paris, Lyon ou Marseille pour respecter et partager les valeurs et la culture de notre pays. Est-ce là le terreau de la « nouvelle France » chantée par Jean-Luc Mélenchon ? Les journées des 17 et 18 octobre ont démontré la convergence des haines exprimées par les adeptes du drapeau noir et par la racaille délinquante - qu’il faut cesser d’appeler « d’opportunité », Monsieur le ministre de l’Intérieur. RÉCIT - Qui sont vraiment les casseurs ultra-violents du 17 octobre ? « Ou vous prenez la mesure de votre dangerosité, ou vous restez sur le barbecue et ça va faire mal », prévient la présidente de la 23-3, la chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris, où se jouent les toutes premières comparutions immédiates après le 17 octobre. Dans le box, carrure massive dans un tee-shirt noir, MG finaude et enchaîne des réponses qui n’ont rien à voir avec les questions. Venu de Tours le matin même du 17, il a été pris avec, dans son sac à dos, neuf petites fioles vides, de l’alcool à 90, de l’étoupe à foison et trois briquets. « Un cocktail Molotov en pièces détachées », résumera un peu plus tard le procureur de la République. Pour l’instant, le jeune homme de 21 ans, n’en démord pas : « C’était pour faire un barbecue chez une amie du 11e, pour mon anniversaire. » La présidente s’énerve : « Votre procès, c’est maintenant, pas dans deux heures, pas dans deux ans. » « C’est que je n’ai pas eu le temps de changer de sac à dos avant de partir à Paris », biaise-t-il. À l’écran, le tribunal visionne deux vidéos qui relèvent du gag : MG est filmé en train de faire des tests la veille, dans la nuit, face à une voie ferrée : on le voit allumer l’étoupe enfoncée dans une bouteille et attendre qu’elle s’enflamme bien. Puis une voix off dit « allez, vas-y, c’est bon », avant que ne soit lancé « l’engin inflammable et explosif », comme le décrit l’article 322-11 du code pénal. Ce dernier se brise et s’éteint instantanément de l’autre côté de barbelés. Un sourire parcourt la salle d’audience. « Mon but, ce n’était pas de blesser les gens », répond le jeune mis en cause, sans antécédent judiciaire, et ancien sapeur-pompier. « Les bras m’en tombent », soupire la présidente. Le procureur requiert « 10 mois de prison ferme aménageable ab initio ». Ce cas - seulement quatre comparutions devant le tribunal correctionnel de Paris pour la journée de lundi - n’est pas le plus représentatif des profils qui se sont livrés aux saccages du 17 octobre. Le premier ministre, Sébastien Lecornu, l’a souligné : la très grande majorité des individus interpellés sont quasi exclusivement des hommes - environ 80 % -, âgés de 18 à 30 ans, dont beaucoup ont des antécédents judiciaires. On pourrait également ajouter qu’ils sont quasi exclusivement de jeunes urbains. Sébastien Lecornu se rendra à Limoges vendredi, annonce Matignon Le premier ministre Sébastien Lecornu se rendra vendredi à Limoges, théâtre de violentes manifestations qui ont abouti à l’incendie de la mairie, a annoncé Matignon lundi. Le beffroi de l’Hôtel de Ville de Limoges s’est effondré samedi, après que des manifestants y ont mis le feu. La police «a manqué de moyens» et «reculé» face aux casseurs, «à Limoges comme dans d’autres villes», a fustigé son maire Guillaume Guérin (LR), réclamant au gouvernement «un plan Marshall» et «une pluie de millions» pour reconstruire l’hôtel de ville, et jugeant que «l’État a failli». Dans une lettre adressée dimanche à Guillaume Guérin, le premier ministre Sébastien Lecornu a quant à lui promis que la mairie serait reconstruite avec l’aide de l’État «car elle est le symbole d’une Nation qui ne se laisse ni abattre, ni intimider». À Marseille, Laurent Nuñez promet plus de policiers samedi prochain Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, venu lundi soir à Marseille s’entretenir avec le maire (DVG) Benoît Payan, lui a promis davantage de forces de l’ordre samedi prochain pour encadrer la prochaine manifestation. «On déploiera un dispositif policier très important», a annoncé le ministre devant la presse, après un entretien de plus de 45 minutes avec le maire de la deuxième ville de France qui avait réclamé avec force sa venue. Devant Benoît Payan qui s’était interrogé sur la nature des ordres donnés aux forces de l’ordre samedi dernier à Marseille et déploré leur nombre selon lui insuffisant, réclamant «des comptes», le ministre a assuré que leur «emploi se fera (à l’avenir) beaucoup en mobilité, en extrême réactivité, compte tenu du fait qu’on a des groupes de casseurs qui sont passés à l’action en de nombreux points». Lors des violences et pillages dans la cité phocéenne, «il pouvait y avoir jusqu’à 10 ou 15 points en même temps avec des groupes de parfois 200 personnes, donc c’est évidemment extrêmement difficile à contenir», a souligné le ministre. La Chambre de commerce et d’industrie (CCI) locale a dénombré lundi «500 commerces impactés, dont 317 sinistrés et pillés» dans la deuxième ville de France. Les forces de l’ordre ont procédé à 101 interpellations, dont 74 majeurs et 27 mineurs, dans la ville à la suite des violences de samedi, a précisé lundi le parquet. Une nouvelle série de réunions d’urgence organisée par le gouvernement ce mardi Sous pression, le gouvernement prévoit une nouvelle série de réunions d’urgence mardi, à commencer par une rencontre avec les représentants des «principales plateformes de réseaux sociaux», tandis que Bercy accueillera de son côté un «conseil des entreprises exceptionnel», en présence des ministres Roland Lescure (Économie), Jean-Pierre Farandou, Serge Papin et David Amiel (Comptes publics). «Nous annoncerons les mesures de soutien aux commerçants et artisans directement impactés, pour leur assurer une reprise rapide de leur activité», a précisé Roland Lescure. Des couvre-feux en vigueur à Paris, Lyon, Bordeaux, Lille ou encore Nice À Paris, Lyon, Bordeaux, Lille ou encore Nice, les couvre-feux ont débuté entre 20 heures et 22 heures lundi, dans certaines portions de ces métropoles seulement. Concernant Lille, Bordeaux et Nice, ils ne concernent que les mineurs. Dans la capitale, c’est la place de la République ainsi que le quartier des Halles qui sont concernés depuis 23 heures. Il est également interdit d’y manifester depuis 20 heures, comme dans d’autres quartiers de Paris (Champs-Élysées, Bastille, gares...). Pendant la nuit, un hélicoptère a survolé le centre de Paris avec un large faisceau lumineux, selon une journaliste de l’AFP. À lire aussi Violences du 17 octobre : découvrez la carte des villes concernées par les couvre-feux Bonjour à tous Bonjour à tous. Soyez les bienvenus sur ce direct. Les premiers couvre-feux sont entrés en vigueur lundi soir dans plusieurs villes de France, tandis que l’exécutif, sous un feu croisé de critiques, réaffirme vouloir la fermeté dans la réponse pénale aux auteurs des pillages et de violences. À retenir Castor29 le Nunez fait ami-ami avec l’Algérie. Castor29 le Le laxisme et l’incompétence du gouvernement ont servi LFI. RAFAELRI le Omment peut-on autoriser une manif samedi prochain alora qu'on sait comment cela se termine? On est ches les fous ou chez les masos.

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