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EN DIRECT - Violences du 17 octobre : «Il est grand temps que le pays se ressaisisse», selon le patron du Medef

EN DIRECT - Violences du 17 octobre : «Il est grand temps que le pays se ressaisisse», selon le patron du Medef Patrick Martin a appelé lundi «tous les chefs d’entreprise» à «s’exprimer et faire valoir que ça suffit et que ce pays veut vivre dans la sérénité», alors que de nombreux commerces ont connu pillages et attaques ces derniers jours. Le direct Faits Essentiels - Le chômage partiel à 100% dès mardi dans les commerces touchés - Lecornu annonce avoir demandé aux préfets de «déclencher un certain nombre de couvre-feu» - La coordination des gilets jaunes du 17 octobre annonce un «acte II» pour samedi prochain - Tout rassemblement ou manifestation est interdit à Marseille de 12h à 20h - L’accès au musée du Louvre bloqué par des manifestants en soutien aux lycéens - Benoît Payan dénigre le chiffre de 30.000 pilleurs à Marseille - Une trentaine de commerçants pillés à Paris cette nuit, annonce le maire de Paris - Emmanuel Grégoire dénonce un «pourrissement» du mouvement social «organisé par le gouvernement» - Gérald Darmanin annonce «2331 gardes à vue» à 8 heures en France - «Nous avons failli, incontestablement», reconnaît à son tour Gérald Darmanin, tout en apportant son soutien à Laurent Nuñez - «Je suis responsable de tout ce qui se passe sur le terrain», admet Laurent Nuñez - «Nous ne lâcherons rien» pour retrouver les casseurs, assure la procureure de Paris - Macron demande à la police «de nouveaux modes d’action» face aux «casseurs» - Violences du 17 octobre : Nuñez a présenté dimanche sa démission à Macron, qui l’a refusée - Malgré la crise et les critiques en France, Macron sur le front du pétrole lundi dans le Golfe - À Paris, encore des heurts et des magasins pillés dans la nuit Les syndicats conviés à Matignon mercredi matin Plus d’informations à venir… Face aux violences en France, la Grèce promet de ne «jamais» revenir aux troubles sociaux de la crise financière Le premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a assuré lundi que la Grèce ne retournerait «jamais à l’époque de grande agitation sociale» liée à la crise financière qui a ravagé le pays, réagissant ainsi aux violences commises en France. «Lorsque nous voyons ces images (en France, ndlr), nous devons prendre un engagement explicite: la Grèce ne reviendra jamais à l’époque de grande agitation sociale», a-t-il affirmé à Laurion, près d’Athènes. «Alors que toutes les économies européennes sont mises à l’épreuve par le coût de la vie, notre pays dispose de capacités budgétaires pour soutenir les ménages grecs», a-t-il ajouté, cité par l’Agence de presse grecque, Ana. Kyriakos Mitsotakis, dirigeant du parti conservateur Nouvelle-Démocratie et au pouvoir depuis 2019, s’est félicité des performances budgétaires de la Grèce et de «la stabilité politique» alors que se profilent des élections législatives au printemps. «À une époque où de nombreux pays européens sont confrontés à de graves problèmes de troubles sociaux», «la Grèce demeure un pays pilier de stabilité», a-t-il lancé. La Grèce a enregistré en 2025 un taux de croissance de 2,1% du PIB, l’un des plus élevés de la zone euro. Lors de la décennie de la crise de la dette (2009-2018), le pays avait perdu plus d’un quart de son PIB et avait été secoué par de violentes manifestations. Mercredi des manifestations à l’appel des unions des étudiants,des professeurs et des employés des hôpitaux sont prévus à Athènes pour dénoncer le coût du logement et de la vie. «Il faut isoler les voix extrêmes qui misent sur le chaos et la pagaille, comme la jeunesse du parti de gauche Syriza», a quant à lui indiqué le porte-parole du gouvernement, Pavlos Marinakis. «Les images en France sont choquantes», a-t-il indiqué. Le maire de Paris Centre réclame un couvre-feu et évoque le recours à l’armée Le maire PS de Paris Centre, Ariel Weil, dont le secteur a été durement touché par les pillages et destructions ce week-end, a indiqué lundi avoir demandé dès dimanche l’instauration d’un couvre-feu, et «pourquoi pas» l’intervention de l’armée pour empêcher que de telles scènes se reproduisent. Le premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé lundi la mise en place de couvre-feux «localisés» pour protéger les commerces après les pillages et les violences constatés dans plusieurs villes en France, alors que l’exécutif est accusé d’avoir sous-estimé la mobilisation. «Il y a eu une casse incroyable, même à l’apogée des gilets jaunes on n’a pas connu une telle casse en un seul week-end», a décrit lundi sur BFMTV le maire de Paris centre, qui regroupe les quatre premiers arrondissements de la capitale. L’édile a précisé avoir demandé «dès hier», dimanche, la mise en place d’un couvre-feu, «et même pourquoi pas la sollicitation de l’armée», même si «évidemment ce n’est pas l’idéal». «Si à un moment donné on est pris de court, qu’on n’a pas assez de moyens, il vaut mieux un couvre-feu, la présence de l’armée, pour suppléer aux forces de l’ordre, qu’une nouvelle nuit de pillages comme celle qu’on a connue ces deux dernières nuits», a ajouté Ariel Weil. Des violences d’une intensité rare, avec des saccages et des pillages, ont eu lieu dans de nombreuses villes de France, dont Paris, samedi jour de mobilisation nationale contre la «vie chère». Elles se sont poursuivies à une moindre échelle dimanche, dans la capitale. «Il est grand temps que le pays se ressaisisse», affirme le président du Medef Patrick Martin Le président du Medef Patrick Martin, en visite lundi auprès de commerçants touchés par les violences urbaines ce week-end à Paris, a jugé qu’il était «grand temps que le pays se ressaisisse». Patrick Martin a appelé «tous les chefs d’entreprise» à «s’exprimer et faire valoir que ça suffit et que ce pays veut vivre dans la sérénité», alors que de nombreux commerces ont connu pillages et attaques samedi en marge des manifestations puis dimanche dans la soriée dans plusieurs grandes villes françaises, dont Paris. Un poste de police dégradé à La-Roche-sur-Yon en marge de la mobilisation Un poste de police a été dégradé dans la nuit de dimanche à lundi à La-Roche-sur-Yon lors de violences survenues au lendemain de la mobilisation du 17 octobre, a fait savoir la préfecture lundi dans un communiqué. Des policiers ont été «pris à partie» dimanche dans le quartier de la Garenne par «une soixantaine d’individus vêtus de noir et cagoulés», tirant mortiers d’artifice et divers projectiles, précise la préfecture. «Ces violences ont occasionné des dégradations au poste de police», selon la source, qui évoque une vitre brisée, une porte d’accès et du mobilier dégradés. Quatre policiers ont été blessés. Un magasin d’optique a été pillé par les mêmes personnes, affirment les autorités. Samedi après-midi, la manifestation qui a réuni environ 2.000 personnes à La-Roche-sur-Yon s’était déroulée dans le calme. En marge de la mobilisation des lycéens et des gilets jaunes contre la vie chère, «plusieurs dizaines de jeunes, dont certains cagoulés, ont commis des dégradations en centre-ville et dans certains quartiers», écrit la préfecture, évoquant des feux de poubelle et la dégradation d’«au moins un commerce». «Le coffre, les caisses, ils ont tout arraché», raconte le gérant d’un Carrefour City vandalisé au ministre du Travail Jean-Pierre Farandou s’est rendu dans un magasin Carrefour City de la rue du Faubourg-Saint-Denis vandalisé en marge de la manifestation du samedi 17 octobre. «Ça a été très compliqué», a relaté le commerçant avec émotion. «Ils ont tout pris, le coffre, les caisses, ils ont tout arraché en moins de 5 minutes», a-t-il raconté. Les images impressionnantes des dégâts dans l’hôtel de ville de Limoges après l’incendie qui a ravagé l’édifice L’hôtel de ville de Limoges a été incendié samedi 17 octobre 2026, en fin d’après-midi, à l’issue des manifestations. Une partie des manifestants s’était dirigée vers l’édifice, en centre-ville. Des individus ont brisé les vitres avant d’entrer dans le bâtiment pour y mettre le feu. Le rez-de-chaussée a été enflammé. Les images des dégâts donnent la mesure de l’ampleur du sinistre. Le patron du groupe Casino (Monoprix, Franprix...) annonce soutenir ses franchisés face au risque de «faillite» Le groupe Casino (Monoprix, Franprix, etc.) «prendra toutes les mesures d’aides en sa possession» pour soutenir ses franchisés touchés par les violences du week-end, a déclaré lundi son directeur général, Philippe Palazzi, à l’AFP, assurant qu’«aucun» de ses «commerçants indépendants» ne ferait «faillite». «On a eu près de 50 magasins qui ont été attaqués» en France et 32 «pillés dans toutes les marques du groupe» (Casino, Monoprix, Franprix, Naturalia, Vival et Spar), a relaté Philippe Palazzi en référence aux violences survenues en marge de la manifestation du 17 octobre contre «la vie chère». Casino est «un groupe de franchisés», 85% de ses 6.500 points de vente appartenant à des «commerçants indépendants», des «entrepreneurs» qui ont investi «leur propre argent» dans leur commerce, rappelle Philippe Palazzi. Mais «aucun commerçant indépendant du réseau Casino ne fera faillite», assure-t-il. «On sera à côté, on veillera à ce qu’ils puissent rouvrir et être pérennes». «Dès ce week-end», le groupe s’est ainsi mobilisé pour «sécuriser» les magasins affectés - «certains n’ont plus de baie vitrée du tout»-, y envoyer des «huissiers pour faire les constats» essentiels aux assurances et faciliter les «dépôts de plainte», relate le dirigeant. «On a demandé aux franchisés de faire beaucoup de photos, de constituer un dossier», détaille-t-il, évoquant aussi l’activation «de cellules psychologiques». Des «cellules de crise» ont également été mises en place «au niveau logistique» pour les aider «à reconstituer leurs stocks» et les livrer le «plus rapidement possible», fait valoir Philippe Palazzi. En outre, «on a alerté tous nos fournisseurs» pour réparer, «dès dimanche» si possible, les réfrigérateurs et systèmes de caisses endommagés. Le gouvernement réunit des plateformes de revente pour demander le retrait d’annonces en ligne d’articles pillés Le gouvernement français réunit lundi plusieurs plateformes en ligne pour exiger le retrait d’annonces de revente d’articles issus de commerces pillés, a indiqué sur X la ministre déléguée au Numérique, Anne Le Hénanff. «Des articles volés ce week-end» à travers la France «sont proposés à la vente sur certaines plateformes», a assuré la ministre, qui a indiqué attendre un retrait «sans délai» des annonces concernées. Pour Gabriel Attal, le gouvernement doit «prendre la mesure du traumatisme des Français» Après que «l’autorité de l’État a failli» ce week-end, le gouvernement doit «prendre la mesure du traumatisme des Français» et «aller beaucoup plus loin» dans sa réponse aux violences autour des manifestations, a estimé lundi auprès de l’AFP Gabriel Attal. «Le gouvernement doit aller beaucoup plus loin et il peut le faire. Il faut qu’il prenne la mesure du traumatisme des Français. Il n’y a pas besoin d’une majorité à l’Assemblée nationale pour rétablir l’ordre», a déclaré le candidat Renaissance à l’élection présidentielle, après l’intervention du premier ministre, Sébastien Lecornu. «On assiste à la rencontre entre une jeunesse nihiliste, fascinée par la violence, sans repères ni valeurs, et une sous-estimation manifeste de la part des autorités de ce qui allait se passer. Or la première mission de l’État, c’est de garantir l’ordre et la paix civile. Il est clair que l’autorité de l’État a failli. Maintenant, il faut une réponse de l’État organisée par le gouvernement, sans aucune concession et sans faire dans la dentelle», a insisté Gabriel Attal. L’ancien premier ministre «appelle à la mobilisation de l’ensemble des forces de sécurité disponibles pour assurer le rétablissement de l’ordre dans les villes qui ont été touchées. Si pendant quelques jours, il y a moins de verbalisation de Français qui roulent à 90 au lieu de 80 km/h, objectivement ça ne sera pas un drame». Il faut «libérer les forces de l’ordre assurant des gardes statiques», «quitte à les remplacer par des réservistes, voire des forces armées, évidemment pas pour faire du maintien de l’ordre mais pour les remplacer», a-t-il ajouté, invoquant «un besoin de présence policière auprès des commerçants et des citoyens qui sont menacés». La Présidente du Département des Bouches-du-Rhône réclame la mise en place de l’état d’urgence Dans un communiqué, Martine Vassal, Présidente du Département des Bouches-du-Rhône, a réclamé la proclamation immédiate de l’état d’urgence. Elle estime que «des limites ont été franchies» face aux violences, aux pillages et aux attaques contre les forces de l’ordre. Elle demande également l’instauration de couvre-feux dans les secteurs où la situation l’exige, afin de prévenir de nouveaux débordements et de rétablir l’ordre républicain. L’élue met en garde contre le risque de nouvelles violences et d’une montée en puissance du mouvement. L’élue invoque la sécurité des Français, la protection des commerces et des biens, et va jusqu’à évoquer la «survie même de la République». Elle insiste sur la situation des policiers et des gendarmes, en première ligne, qui doivent pouvoir compter sur le soutien de la Nation, sur des moyens renforcés et sur une protection à la hauteur des risques encourus. Pour elle, l’État doit «anticiper plutôt que subir» et «agir avant que de nouveaux drames ne surviennent». Le parquet de Limoges dément le «vol» de chaussures imputé à deux policiers dans une vidéo virale Une vidéo partagée ces derniers jours sur les réseaux sociaux montre deux policiers du commissariat de Limoges devant le magasin Lacoste, dégradé et pillé lors des violences. Selon les internautes qui l’ont diffusée, les deux fonctionnaires seraient en train de dérober des chaussures. Le parquet de Limoges a fermement démenti ces accusations, qu’il qualifie de mensongères. Il explique que les deux policiers agissaient dans le cadre d’une intervention judiciaire lors de laquelle ils ont reçu l’ordre de saisir les objets immédiatement accessibles depuis la vitrine, afin qu’ils soient exploités dans l’enquête ouverte pour vol aggravé. Les effets saisis dans ce cadre ont depuis été restitués au gérant du commerce, précise le parquet. Une enquête judiciaire va être ouverte contre le ou les auteurs de la vidéo pour dénonciation calomnieuse, un délit puni de cinq ans d’emprisonnement. Le parquet a par ailleurs tenu à exprimer son soutien aux deux policiers, qu’il estime «illégitimement mis en cause» dans l’exercice de leur mission au service de l’autorité judiciaire. La Chine appelle ses citoyens voyageant en France à «renforcer leurs mesures de sécurité» La Chine a appelé lundi ses ressortissants voyageant en France à être vigilants face aux risques et à «renforcer leurs mesures de sécurité», après les violences qui ont embrasé le pays. Le ministère des Affaires étrangères et l’ambassade de Chine en France ont appelé les Chinois se trouvant en France à «renforcer leur vigilance face aux risques, suivre de près l’évolution de la situation locale, renforcer les mesures de sécurité et éviter les zones de manifestation», selon la télévision d’Etat CCTV. Les organisations étudiantes promettent de rester mobilisées, dénonçant un gouvernement «à côté de la plaque» Les principales organisations étudiantes ont promis lundi de rester mobilisées, dénonçant un gouvernement «à côté de la plaque» au lendemain de l’allocution d’Emmanuel Macron, sans communiquer à ce stade de date en particulier. Plusieurs campus étaient encore fermés lundi, comme certains de l’université de Lille, de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines ou encore l’université Paris 8, entre autres, ont annoncé les universités sur les réseaux sociaux. Lundi matin, des étudiants ont également bloqué l’accès au Louvre pour exprimer leur «soutien» au mouvement des lycéens. «Emmanuel Macron dit : Écouter les revendications de la jeunesse avec bienveillance et sans jugement, la réalité est qu’il n’a rien compris, rien écouté et n’en a que faire des revendications de la jeunesse», a fustigé dans un communiqué l’Unef, troisième organisation étudiante, jugeant que «le gouvernement répond à côté de la plaque». «Les discussions annoncées par le président (Emmanuel Macron) ne serviront à rien si la seule issue donnée est l’élection présidentielle de 2027. La jeunesse n’attendra pas six mois», a-t-elle ajouté, promettant que «nous continuerons à descendre dans la rue». Même son de cloche côté Union étudiante, qui assure qu’elle «restera mobilisée tant que des engagements concrets ne seront pas obtenus» et appelle «tous les étudiants à poursuivre l’organisation sur les lieux d’études et dans la rue». À Saint-Étienne, l’adolescent touché par une grenade a «définitivement perdu sa main» Le jeune homme de 17 ans blessé par une grenade policière samedi à Saint-Étienne a «définitivement perdu sa main» et «demeure hospitalisé dans un état stable», indique le parquet ce lundi. Le maire socialiste de la commune, Régis Juanico, qui a dénoncé les violences et les pillages, lui a adressé son soutien. «Un tel drame ne devrait jamais arriver», a déclaré l’édile. Une enquête a été ouverte et confiée conjointement à l’inspection générale de la police nationale (IGPN) et l’inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN). Elle doit permettre de «reconstituer très précisément le déroulement des faits ayant conduit à ces blessures graves» indique le parquet. «Les investigations s’annoncent donc particulièrement complexes au regard des conditions dans lesquelles les opérations de maintien de l’ordre se sont déroulées», précise-t-il. L’exploitation des caméras de surveillance est en cours. Au total 63 personnes ont été arrêtées au cours de ces débordements à Saint-Étienne dont une vingtaine de mineurs. À lire aussi À Saint-Étienne, une enquête ouverte après qu’un jeune homme de 17 ans a perdu sa main en ramassant une grenade En Isère, un homme arrêté avec son butin devant le commissariat de Vienne Un homme de 19 ans a été arrêté en passant devant le commissariat de Vienne (Isère), visage dissimulé et sacs remplis de vêtements, chaussures et bijoux volés lors des pillages de commerces samedi à Lyon, en marge de la manifestation, a indiqué lundi la police. Dimanche en fin de matinée, des policiers qui sortaient du commissariat central de Vienne, attenant à la gare, tombent sur ce jeune, «visage dissimulé et porteur de plusieurs sacs», qui prend immédiatement la fuite en courant, raconte la même source, confirmant une information de la radio ICI Isère. Le suspect est rapidement interpellé par un équipage un peu plus loin. Dans les sacs, les fonctionnaires découvrent des bijoux, vêtements, chaussures portant encore leurs étiquettes de magasins lyonnais et leurs dispositifs antivol. Le jeune homme était toujours en garde à vue lundi à la mi-journée, selon la police. Celle-ci n’a pas précisé s’il était l’auteur du vol de la marchandise, ni le montant du butin, évalué à plus de 5000 euros selon la Radio Ici Isère. Samedi en marge de la mobilisation contre «la vie chère», 150 à 200 boutiques ont été vandalisées dans le centre de Lyon, selon la mairie, dont certaines partiellement ou entièrement pillées. Le parquet de Marseille annonce 101 interpellations après les violences et pillages de samedi Après les violences, dégradations et pillages survenus le 17 octobre à Marseille, qui se sont prolongés jusque tard dans la nuit de samedi à dimanche, les forces de l’ordre ont procédé à 101 interpellations, dont 74 majeurs et 27 mineurs. Parmi les infractions retenues, 80% relèvent de vols avec dégradations en réunion et 13% de violences sur personne dépositaire de l’autorité publique. Les 7% restants concernent des violences hors personne dépositaire de l’autorité publique et des attroupements illégaux. À ce stade, 24 majeurs ont été déférés en vue d’une comparution immédiate, et 6 mineurs devant le tribunal pour enfants ou le juge des enfants. Trente-quatre majeurs et 4 mineurs supplémentaires doivent l’être dans la journée, sous réserve de dossiers à venir, ce qui porte le taux de déferrement des personnes placées en garde à vue à environ 70%. Compte tenu du nombre de personnes à juger, le tribunal judiciaire de Marseille a décidé de créer deux audiences supplémentaires de comparution immédiate, mardi et mercredi. À lire aussi «C’était la guerre» : à Marseille, les commerçants écœurés par les pillages et les violences du 17 octobre Raphaël Glucksmann dénonce un «État en déliquescence» «Ce à quoi on a assisté, c’est un État en déliquescence qui laisse des bandes organisées, piller et détruire au cœur de nos villes. C’est insupportable», a déclaré Raphaël Glucksmann ce lundi à la presse. «Si nous ne prenons pas la mesure du choc dans l’opinion française, nous aurons des lendemains politiques catastrophiques», a estimé le candidat socialiste à l’élection présidentielle. Le président de l’U2P veut une réponse policière plus ferme face aux «voyous» Michel Picon, le président de l’U2P (entreprises et commerces de proximité), a appelé lundi à plus de répression policière contre les «voyous», exprimant son sentiment que les autorités ne veulent pas «faire de vagues» et laissent dégrader des biens. «Les jeunes qui disent ça va pas dans mon lycée, je suis inquiet pour mon avenir (...) ils ont raison et s’ils sont obligés de descendre dans la rue, il faut accepter ça», a-t-il dit à l’AFP. Mais «à partir du moment où la manifestation est terminée» et où «les braves gens qui revendiquent leurs droits n’étaient plus dans la rue», «ceux qui restent là doivent avoir en face d’eux des méthodes beaucoup plus radicales, nous semble-t-il, sinon je ne sais pas comment on va s’en sortir», a-t-il plaidé, sans détailler les méthodes qu’il préconise. Car «ce sont des voyous», a-t-il estimé. «Nous on a le sentiment d’un pas de vague, le syndrome Malik Oussekine qui serait susceptible de se reproduire et de déstabiliser l’Etat», a-t-il dit à l’AFP. Malik Oussekine était un jeune homme mort après avoir été frappé par des policiers en marge d’une manifestation en décembre 1986. Son décès avait engendré de nombreuses conséquences dont la démission du ministre de l’Education d’alors Alain Devaquet. «Mais l’Etat peut être déstabilisé aussi par une incapacité à faire régner l’ordre et la sécurité», a dit Michel Picon. Il a évoqué auprès de l’AFP «l’incompréhension» parmi les adhérents face à «la gestion de ces évènements» par les autorités, jugées trop clémentes avec les casseurs. Devant une centaine de personnes, le maire de Paris appelle à «une réponse politique à la crise» Une centaine de personnes se sont rassemblées lundi devant l’Hôtel de ville à Paris, en présence du maire PS Emmanuel Grégoire, à l’appel de l’Association des maires de France (AMF) après les violences, pillages et incendies de bâtiments publics en marge de la mobilisation de samedi. «Tant qu’il n’est pas donné de réponse politique à la crise, ça ne se résoudra pas», a déclaré à la mi-journée Emmanuel Grégoire, ceint de son écharpe d’élu, devant les participants dont ses conseillers et de nombreux journalistes. «Il faut travailler à une plateforme de revendication plus précise pour poser les conditions d’une sortie de crise», a estimé le maire de Paris, appelant le premier ministre Sébastien Lecornu à «se saisir de ce sujet et engager une négociation avec les organisations lycéennes, étudiantes et des salariés». Plus tôt lundi, Emmanuel Grégoire avait lié les violences commises dans la capitale depuis samedi à une «forme de pourrissement de ce mouvement social organisé par le gouvernement». L’AMF avait appelé dimanche les «forces vives qui le souhaitent» à se rassembler lundi à partir de midi devant les mairies face à «ces attaques graves portées contre les institutions démocratiques». Devant l’Hôtel de ville de Paris, Emmanuel Grégoire a remercié les agents municipaux, qui ont été applaudis. Ils «n’ont pas ménagé leur peine depuis 48 heures pour protéger l’essentiel et je veux leur exprimer notre gratitude collective», a-t-il déclaré. «Vends pull volé pendant la manif du 17 octobre» : après les saccages de commerces, le butin des pilleurs inonde déjà Vinted Après un week-end de violences et de pillages dans plusieurs villes de France, en marge de la mobilisation du 17 octobre contre «la vie chère», on assiste déjà à un festival de bonnes affaires sur la plateforme de revente Vinted. Sur les réseaux sociaux, les internautes, tantôt scandalisés, tantôt amusés, ont partagé des dizaines d’annonces postées par des vandales souhaitant se débarrasser de leur butin. Une photo montre par exemple des sacs débordant de produits Sephora. «Je m’y connais pas, je vends le sac 10 euros», explique le vendeur. D’autres annonces montrent des lots de rouges à lèvres neufs identiques ou une montagne de cosmétiques. On trouve aussi des cartes Pokémon de collection portant encore l’étiquette de prix du magasin. L’Union européenne affirme que le droit à manifester pacifiquement «doit être protégé» et dénonce les pillages L’Union européenne a appelé lundi la France à «protéger» le droit à manifester pacifiquement, tout en qualifiant d’«inacceptables» les pillages et incendies qui ont eu lieu au cours du week-end. «Il ne faut pas assimiler les personnes qui manifestent pacifiquement à celles qui commettent des actes de violence», a souligné un porte-parole de la Commission, Markus Lammert. «Les incendies volontaires, les pillages et les attaques contre les individus ou des bâtiments publics sont inacceptables», a-t-il ajouté. La Commission européenne s’est dite par ailleurs en «contact étroit» avec l’Arcom, le régulateur français du numérique, et prête à lui prêter assistance pour s’assurer que les réseaux sociaux respectent leurs obligations, et notamment l’interdiction de diffuser des messages incitant à la violence. «Quand les plateformes en ligne soupçonnent que des actes criminels puissent être commis, elles sont obligées d’en informer de manière proactive les autorités», a rappelé Thomas Regnier, porte-parole de l’UE sur le numérique, précisant qu’une nouvelle réunion avec l’Arcom était prévue lundi. À lire aussi «Un pays plus fracturé que jamais» : la presse étrangère sidérée par les violences en France À Nice, Éric Ciotti dénonce des actes «terrifiants» et une «intifada française» À Nice, une petite foule se rassemble devant l’hôtel de ville en plein centre alors que plusieurs commerces du centre ont subi des dégradations lors des violences de ce week-end en marge des manifestations. Un panneau #touchezpasànoscommerces est brandi. Une dame échange avec un homme devant une enseigne : «c’est affreux ce qui se passe». Le maire et patron de l’UDR, Éric Ciotti, prend la parole sous les applaudissements pour dénoncer, comme à plusieurs reprises depuis ce dimanche, des actes «terrifiants» et une «intifada française». «J’ai voulu que nous exprimions ensemble ce matin notre sursaut républicain», déclare-t-il sur le pas de la mairie qui affiche le drapeau aux couleurs de la ville en ciblant les groupes d’extrême gauche ainsi que les «factieux de Monsieur Mélenchon» qui «se savent minoritaires dans les urnes». Dans la foulée des manifestations qui ont encore provoqué plusieurs interpellations ce dimanche, il a aussi laissé transparaître une certaine colère : «Il n’est pas normal que la cinquième ville n’ait pas une compagnie de sécurité républicaine» a-t-il regretté en évoquant, le «détournement vers Marseille» d’une compagnie «10 minutes avant les manifestations» a Nice. Selon l’édile, il manquerait environ «250 effectifs» de police nationale. «Encore une fois, c’est Nice qui est abandonné», relève-t-on au sein de l’entourage du maire. À l’issue de ce discours tenu sur le parvis de l’hôtel de Ville, une Marseillaise retentit avant que le maire ne renouvelle son plein soutien aux commerçants niçois. Mais, en marge du rassemblement, le ton monte entre certaines personnes au sujet des causes de cette violence urbaine. Quelques huées finissent par retentir et un passant salue les policiers municipaux présents : «vous avez bien du courage», leur dit-il. Lecornu accuse «l’ultragauche» de vouloir «un désordre profond» jusqu’à la présidentielle Le premier ministre Sébastien Lecornu a accusé lundi le «mouvement de l’ultragauche» de vouloir «organiser un désordre (...) profond dans le pays jusqu’à l’élection présidentielle», après les violences du week-end en marge des mobilisations. «Il y a toute une nébuleuse qui peut s’activer pour même remettre en cause le calendrier de l’élection présidentielle et la tenue de l’élection présidentielle», a-t-il assuré à l’issue d’une cellule interministérielle de crise. Il a affirmé qu’il tiendrait «un point spécifique» avec le ministre de l’Intérieur et les services de renseignement sur cette question. À lire aussi Éric Delbecque : « La responsabilité morale et politique de LFI dans la désinhibition de la violence est évidente » 3000 commerces attaqués samedi et dimanche Le ministre des PME et du Commerce Serge Papin a indiqué «qu’au moins 3000 commerces» avaient été touchés par des dégradations ou des pillages ce week-end. Il s’exprimait à la suite de Sébastien Lecornu, à la suite d’une cellule interministérielle de crise. «Sur le nombre de commerces qui ont subi des dégradations ou des pillages, l’évaluation que l’on a aujourd’hui, c’est sans doute 3000», a détaillé de son côté le ministre du Commerce, Serge Papin. «On a un soutien qu’on est en train de travailler, un soutien dédié», a-t-il poursuivi. Serge Papin avait réuni dans la matinée à Bercy les fédérations représentant les commerçants, les artisans, les restaurateurs et hôteliers, ainsi que les banques et assurances, après des pillages survenus samedi en marge de diverses manifestations en France. À lire aussi « Pillages impunis, attaque de CNews, rôle de l’immigration : cette guerre “si vile” qui vient » Les maires dénoncent des «actes prémédités» et veulent un changement dans le maintien de l’ordre «Écœurés» et «révoltés», les maires de France ont dénoncé lundi des «actes très graves prémédités» après les violences qui ont touché samedi des mairies et ont appelé à «changer la doctrine d’intervention des forces de l’ordre». «Ces actes très graves ont été prémédités et leurs auteurs, qu’ils soient des ultras politisés ou des casseurs venus s’en prendre aux commerces, sont dangereux, organisés, armés, déterminés», écrit l’Association des maires de France (AMF) dans une déclaration transmise à la presse. «Maires, conseillers municipaux, agents du service public, nous nous engageons tous les jours pour faire vivre nos communes dans la paix et l’unité. Nous sommes aujourd’hui écœurés et révoltés», écrit l’AMF. «Incendier une mairie, agresser ses agents, les menacer de mort comme à Limoges, sont des actes qui vont bien au-delà du symbole. C’est une attaque organisée contre ce que nous avons en commun de plus précieux: la paix civile et nos libertés publiques fondamentales», ajoute l’association, qui a appelé à des rassemblements ce lundi midi devant les mairies. Des «mesures» mises en place «dès ce soir pour endiguer les casseurs» affirme Laurent Nuñez «Un certain nombre de mesures pour endiguer, empêcher d’agir les casseurs pilleurs» vont être mises en place «dès ce soir», a annoncé lundi le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez. «On va encore renforcer les effectifs de police et de gendarmerie sur le terrain et notamment ce week-end», a expliqué Laurent Nuñez, lors d’un point presse aux côtés du Premier ministre Sébastien Lecornu alors qu’une nouvelle journée de mobilisation est prévue samedi prochain. «Déjà hier (dimanche) soir, ça a un peu bougé dans Paris, dans certaines agglomérations régionales. Beaucoup de mobilité, beaucoup de réactivité. Tout ça, on va le mettre en place», a-t-il ajouté. L’état d’urgence sera instauré «si c’est utile», mais les couvre-feux «paraissent davantage adaptés», soutient Lecornu Le premier ministre, Sébastien Lecornu, a affirmé lundi qu’un état d’urgence pourrait être instauré «si c’est utile», tout en prévenant qu’il ne s’agit pas d’un «objet politique» et que la mise en place de couvre-feux lui paraît «davantage adaptés». «Ma détermination à rétablir l’ordre est totale», a dit Sébastien Lecornu après une cellule interministérielle d’urgence. L’état d’urgence, «c’est quand même quelque chose qui est lourd, y compris dans sa mise en place. Donc si c’est nécessaire, évidemment que nous pourrions le faire. A date, la question des couvre-feux, la mise en oeuvre de ces couvre-feux, me paraît davantage adaptée à la situation que nous pouvons connaître.» Les assureurs pressés par l’exécutif de faciliter les démarches des commerçants pillés Le gouvernement presse les assureurs de faciliter les démarches des commerçants dont les boutiques ont été attaquées dans le week-end. Des discussions sont en cours, indique Sébastien Lecornu, estimant qu’il s’agit notamment d’«accélérer les différentes expertises» et «éviter d’amener les commerçants dans des tracasseries administratives qui n’en finiraient pas». Le premier ministre appelle également les procureurs à veiller à ce que les assurances de responsabilité civile des casseurs interpellés et jugés soient mobilisées pour rembourser, «avant même que l’agent public ne soit mobilisé». Emmanuel Grégoire appelle à «retrouver une situation normale» À l’appel de l’Association des maires de France, le maire de Paris a pris la parole à midi devant l’Hôtel de Ville, entouré de plusieurs élus socialistes, dont Boris Vallaud et Raphaël Glucksmann, député européen et candidat à la présidentielle. Des Parisiens et de nombreux journalistes étaient également présents. «Notre obsession est de retrouver une situation normale et de réunir toutes les conditions pour que cela ne puisse pas se reproduire», a déclaré Emmanuel Grégoire, évoquant la tranquillité publique et la sécurité du quotidien. Il a toutefois estimé que la crise ne pouvait être résolue «uniquement sur un sujet de maintien de l’ordre». Un «fonds de soutien» va être débloqué pour les commerçants Le gouvernement va «débloquer un fonds de soutien» aux commerçants dont les boutiques ont été saccagées et pillées, annonce Sébastien Lecornu. «Il y a un besoin de trésorerie», a observé le premier ministre, rappelant que «bon nombre de commerçants avaient déjà fait leur stock pour Noël». Laurent Nuñez reporte son déplacement à Marseille Laurent Nuñez a reporté son déplacement prévu lundi après-midi à Marseille, en raison d’une réunion avec le premier ministre et d’autres membres du gouvernement, a annoncé son entourage. Le ministre de l’Intérieur devait se rendre à Marseille pour rencontrer le maire, les acteurs économiques et les forces de l’ordre. Laurent Nuñez «formule à nouveau tout son soutien au maire de Marseille, aux commerçants victimes des pilleurs et à l’ensemble des forces de l’ordre mobilisées sur le terrain», a ajouté son entourage. Le maire de Lyon fait face à la colère des habitants À Lyon, le maire Grégory Doucet (EELV) a appelé les habitants à se rassembler devant les mairies d’arrondissement. Présent dans le 3e, l’élu discute avec des riverains alors qu’une centaine de personnes, dont des élus d’opposition se sont réunis. «Quand est-ce que vous allez prendre des mesures pour empêcher cette racaille de recommencer ?» a lancé, remontée, une habitante à l’édile écologiste. «J’ai passé la soirée au centre de vidéosurveillance. On est là deuxième ville plus vidéo surveillée et on a les images des sites qui ont été attaqués. À cette heure ces images sont déjà transmises par nos équipes. Sur la vidéo surveillance, on poursuit la politique de Gérard Collomb», lui a répondu Grégory Doucet sans que cela ne fasse baisser l’énervement de cette habitante. Le chômage partiel à 100% dès mardi dans les commerces touchés Les salariés des commerces touchés vont pouvoir bénéficier dès mardi du chômage partiel pris en charge à 100%, annonce Sébastien Lecornu. La mesure sera en vigueur dès ce mardi par une «instruction ministérielle», a expliqué le premier ministre. Il s’agit d’une mesure de «protection de l’emploi» car «il est n’est pas question qu’il y ait de la casse sociale après qu’il y a eu de la casse tout court». Lecornu annonce avoir demandé aux préfets de «déclencher un certain nombre de couvre-feu» Le premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé avoir demandé aux préfets de «déclencher un certain nombre de couvre-feux» lundi soir qui seront «partiels» et «localisés» afin de protéger notamment les commerces, après un week-end marqué par des scènes de chaos dans plusieurs villes. La carte de ces couvre-feux devrait pouvoir être communiquée dans l’après-midi, après des discussions avec les maires concernés, a affirmé Sébastien Lecornu à l’issue d’une cellule interministérielle de crise. L’euro pâtit des tensions sociales et politiques en France L’euro fléchit lundi, après un week-end de manifestations en France entachées de violences, qui mettent en doute la capacité du pays à contenir sa dette et ajoutent une dose d’incertitude politique en amont de la présidentielle. «Les troubles politiques en France, la détérioration du moral et de la confiance en Europe et les interrogations sur la stabilité budgétaire continuent de peser sur la monnaie unique», a résumé Patrick Munnelly, analyste chez Tickmill. Après les scènes de chaos dans de nombreuses villes samedi en France, le président Emmanuel Macron a tenté de répondre aux inquiétudes dimanche soir par une allocution solennelle, qui, faute d’annonce majeure, n’a pas calmé les critiques. La gauche lui reproche de rester sourd aux revendications des manifestants, notamment autour du coût de la vie, tandis que la droite lui réclame davantage de fermeté. Ces heurts surviennent au moment où la France, deuxième économie de la zone euro, est sous l’étroite surveillance des marchés financiers en raison du poids de sa dette. Or «il sera difficile pour un gouvernement de mettre en œuvre la discipline budgétaire nécessaire pour réduire le déficit», a estimé Neil Wilson, analyste chez Saxo Bank. L’adoption du budget risque de se complexifier, dans un contexte où le gouvernement ne dispose déjà plus de majorité gouvernementale à l’Assemblée depuis la dissolution de 2024. Par ailleurs, l’«agitation sociale renforce les inquiétudes des investisseurs concernant les résultats des élections à venir l’année prochaine en France et en Italie», a souligné Lee Hardman, analyste chez MUFG. «Nous devons faire bloc» : le maire de Bordeaux dénonce «la haine et la violence» qui déferlent sur les institutions À midi, dans la cour de l’hôtel de ville, le maire de Bordeaux, Thomas Cazenave, a pris la parole à la suite des violences qui ont secoué le centre-ville. «L’hôtel de ville était bel et bien une cible pour les casseurs», a-t-il déclaré, dénonçant «la haine et la violence» qui cherchent à s’en prendre aux institutions. «Nous devons faire bloc. C’est une responsabilité collective, en premier lieu celle des responsables politiques», a-t-il insisté. À l’issue de son discours, le maire, accompagné de la préfète Sophie Brocas, a proposé aux élus présents de se rendre ensemble devant la résidence préfectorale. Au moins 145 gardes à vue en cours à Paris suite aux violences qui ont eu lieu dimanche Au moins 145 gardes à vue sont en cours lundi à Paris, après «diverses actions de dégradations, de pillages et de prise à partie des forces de l’ordre» dimanche et dans la nuit, a indiqué le parquet de la capitale. Le bilan provisoire, établi à 08H00 du matin, fait état de 145 gardes à vue. De son côté, une source policière évaluait à 184 le nombre de gardes à vue, notamment pour 36 magasins dégradés, dont 33 pillés, et de 176 feux de voie publique, sur des poubelles ou encore des Vélib. Samedi, en marge de la journée de mobilisation massive du 17 octobre, 855 personnes ont été interpellées, dont 557 placées en garde à vue. Parmi elles, 433 majeurs (78%), selon une analyse provisoire du ministère public. À lire aussi «On n’avait jamais vu ça» : la détresse des policiers face à l’extrême violence des casseurs «Dites à LFI d’arrêter d’attiser le feu» : à Paris les riverains en ont «ras le bol» Le maire du XIème arrondissement de Paris, David Belliard se fait interpeller par une habitante du quartier très remontée. «J’ai eu la peur de ma vie», lui dit-elle, la voix qui se brise. «On en a ras le bol! Dites à LFI d’arrêter d’attiser le feu! Qu’est-ce que c’est que l’éducation de ces jeunes? » «Il faut attendre ceux qui sont aux responsabilités, ceux qui gèrent le maintien de l’ordre», répond David Belliard, visiblement embêté. Le maire accompagné d’autres élus continue son chemin, sur son vélo électrique. Les discussions sont tendues ce matin. Bardella demande que les plateformes de revente en ligne coopèrent avec les enquêteurs Jordan Bardella a demandé lundi que la coopération soit accrue entre l’État et les plateformes de revente en ligne afin «d’identifier les profils qui tenteraient de revendre les marchandises volées» lors des pillages de commerces ce week-end. «Les Français ne toléreront pas que des prédateurs s’enrichissent sur le dos de la communauté nationale avec les fruits de leurs razzias», a dénoncé le président du RN lors d’une conférence de presse en citant «les plateformes de type Vinted, Ebay, Leboncoin et autres». Gabriel Attal a également fait la même demande. «Quand on voit que vous avez des jeunes qui, sur les réseaux sociaux ou sur des plateformes de vente en ligne, s’affichent avec des biens qui ont été volés pour les revendre, on doit pouvoir en identifier un certain nombre», a-t-il déclaré sur RTL. «Il y a des choses qui ont été volées, matériel informatique, qui à mon avis peuvent être géolocalisées. Il y a par ailleurs des annonces qui sont mises en ligne. Il y a un grand nombre de vidéos qui ont été postées sur les réseaux sociaux», a-t-il jugé. «Le meilleur moyen de protester c’est de voter» : Bardella appelle les Français à utiliser leur bulletin de vote dans les prochains mois «Le meilleur moyen de protester c’est de voter», affirme Jordan Bardella, lors d’une conférence de presse donnée ce lundi, en réaction aux violences de ce week-end. Le président du Rassemblement national appelle les Français à «utiliser leur bulletin de vote» dans les prochains mois, «l’arme la plus redoutable pour rétablir l’ordre» selon lui. Il accuse La France insoumise de «diviser et d’orchestrer l’insurrection», appelant Jean-Luc Mélenchon «à condamner les violences et à sortir de l’ambiguïté». Il accuse le gouvernement de faire preuve d’une «mansuétude inouïe» envers les groupes d’ultragauche. «L’ultra-gauche est le cancer de notre démocratie» défend-il. «On a le sentiment que le pouvoir s’effondre sur lui-même, qu’il est complètement dépassé» constate-t-il. Il promet des mesures fermes pour rétablir l’ordre en cas d’accès au pouvoir du Rassemblement national : «la France est prise en étau entre l’impuissance et la violence. Nous sommes prêts à rendre une France de l’ordre.» Il poursuit : «La France a besoin d’une refonte complète de sa politique sécuritaire : tolérance zéro pour ceux qui portent atteinte à l’ordre, abaissement de la majorité pénale à 16 ans, protection maximale pour les Français, contrôle de nos frontières». «Le principe est clair : tu touches à un policier, tu dors en prison» martèle-t-il. Les images de la cellule de crise présidée par Sébastien Lecornu La réunion de crise convoquée par le premier ministre Sébastien Lecornu à l’hôtel de Matignon a commencé. «On n’a pas la bonne politique, il y a trop de laisser aller» : un commerçant écœuré devant son magasin vandalisé Le propriétaire de SAV-Smartphone, boulevard Voltaire, est écœuré. Nathan avait fermé son magasin samedi comme d’habitude, pour le shabbat. Quand il est arrivé vers 20h, 90% de sa marchandise avait été pillée. Dans son magasin de 25 mètres carrés, près 300 casseurs étaient présents comme le montrent des vidéos. Le commerçant a installé un rideau de fortune pour la nuit, son magasin a été vandalisé de nouveau le dimanche. «On n’est pas mort, c’est que du matériel.. mais où va-t-on ?» Lui qui a subi deux braquages en 15 ans n’avait jamais vu d’attaque d’une telle ampleur. «On n’a pas la bonne politique. Il y a trop de souplesse, trop de laisser aller» affirme-t-il. Devant son enseigne, un homme aveugle bute sur les nombreux obstacles semés sur le trottoir. Des passants l’aident à les contourner. La maire de Denain (Nord) instaure un couvre-feu jusqu’à dimanche La maire socialiste de Denain (Nord) Anne-Lise Dufour-Tonini a instauré un couvre-feu nocturne pour les mineurs comme les personnes majeures jusqu’à dimanche, après les violences commises en marge de la mobilisation du 17 octobre. «Cette mesure exceptionnelle s’appliquera du dimanche 18 octobre au dimanche 25 octobre 2026 inclus, chaque nuit de 21 heures à six heures du matin», a annoncé l’édile de gauche dans un communiqué publié dimanche sur Facebook. Cet arrêté municipal «permet de concentrer la police sur les casseurs au lieu de les envoyer contrôler des gens qui sont là... pour voir» et ne concerne pas les gens qui se déplacent pour travailler ou les urgences réelles, a précisé Mme Dufour-Tonini. Samedi 17 octobre, à Denain, «une cinquantaine de jeunes» ont «tenté de reproduire ce qu’ils voyaient à la télévision», notamment des «feux de poubelles, tentative de barricade, vitrines attaquées, mobilier urbain saccagé, caméras brûlées», a dénoncé l’élue. «Nos policiers municipaux et nationaux ont été caillassés et visés par des tirs de mortiers d’artifice», a-t-elle ajouté. Ni Le Pen ni Bardella ne participeront à la réunion des chefs de parti autour de Lecornu «Ni Marine Le Pen ni moi ne nous rendrons à cette réunion des chefs de partis», a affirmé Jordan Bardella en conférence de presse. Le président du RN a toutefois indiqué que son parti sera représenté, «sans doute par un vice-président». «Voyez bien à quoi en est réduit le président de la République, a-t-il poursuivi. Le pays est à feu et à sang et le garant de l’ordre public organise des réunions. Je pense que ça dit beaucoup d’un pouvoir qui a abdiqué face à la violence et qui a manifestement commencé à faire ses cartons.» La coordination des gilets jaunes du 17 octobre annonce un «acte II» pour samedi prochain La coordination de gilets jaunes à l’origine des manifestations samedi dernier en France contre le coût de la vie, qui ont viré au chaos dans plusieurs villes, annonce lundi matin un «acte II» avec de nouvelles actions pour samedi. Sur le site 17octobregiletjaune.net, cette coordination a affiché une carte des mobilisations prévues le 24 octobre avec déjà plusieurs dizaines d’actions programmées. «Il y a clairement une énorme poussée pour qu’il y ait un Acte II», a expliqué à l’AFP Benjamin Ball, éditeur de ce site. À lire aussi « Ce mouvement ne va pas faiblir » : les « gilets jaunes » répondent présents dans toute la France Les commerçants «sidérés face au déchaînement de violence», des mesures de soutien «annoncées prochainement» Une réunion s’est tenue ce lundi 19 octobre à 9 heures entre le ministre du Commerce, Serge Papin, et les fédérations de commerçants, enseignes, artisans, restaurateurs, ainsi que des représentants des banques et assurances. Tous les secteurs ont fait part de «leur sidération face au déchaînement de violence et aux pillages dont ont été victimes les commerçants, et insisté sur le nécessaire retour au calme». Dans un communiqué, le cabinet de Serge Papin affirme «l’engagement de l’État aux côtés des commerçants touchés» et que «des mesures de soutien seront annoncées prochainement». L’ensemble des demandes des commerçants seront versées à la CIC. Ils souhaitent une «prise en charge rapide par les assurances, une aide à la trésorerie, le recours à l’activité partielle et la mise en place d’un soutien psychologique». Face au choc de violences, Lecornu a réuni une cellule interministérielle de crise Face au choc des violences, le premier ministre Sébastien Lecornu a ouvert à 10h une cellule interministérielle de crise portant sur les volets «économie-commerce», «assurance» et «suivi judiciaire», selon Matignon. Il doit s’exprimer à l’issue de cette réunion, d’après ses services. Le premier ministre a par ailleurs été chargé par Emmanuel Macron de réunir partis, syndicats, collectivités et parlementaires. À Lyon, LFI demande la démission du préfet La section rhodanienne de La France insoumise (LFI) a appelé à la démission du préfet, Étienne Guyot, à la suite des graves débordements du rassemblement du 17 octobre. «Nous condamnons la stratégie de maintien de l’ordre irresponsable de la préfecture du Rhône, qui a conduit la police à inonder la ville de gaz lacrymogènes, a de fait entravé le droit de manifester à plusieurs endroits, et utilisé des armes à «létalité réduite» contre des manifestants-es pacifiques», précise le parti mélenchoniste par voie de communiqué. Apparu aux côtés du maire de Lyon, Grégory Doucet (EELV) ce dimanche matin devant le kiosque de l’office du tourisme incendié, Étienne Guyot avait défendu un «dispositif important» face aux 20.000 personnes rassemblées la veille entre Rhône et Saône. Dispositif qui n’a pas empêché ce bâtiment emblématique de la place Bellecour d’être ravagé par les flammes, ni le pillage de dizaines de commerces. Le préfet avait annoncé l’interpellation de 160 personnes essentiellement majeures, dans la nuit de samedi à dimanche en plus des 20 lors de la manifestation. Dimanche 18 individus ont encore été interpellés alors qu’ils tentaient de poursuivre les pillages. Tout rassemblement ou manifestation est interdit à Marseille de 12h à 20h La préfecture de police des Bouches-du-Rhône a annoncé par arrêté préfectoral l’interdiction de «tout rassemblement et manifestation sur l’ensemble de la commune» de Marseille de midi à 20 h ce lundi, après des violences et pillages dans la ville en marge de la journée de manifestation de samedi. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez est attendu dans l’après-midi dans la deuxième ville de France, dont le maire DVG Benoît Payan a vivement mis en cause dès samedi les conditions du maintien de l’ordre, dénonçant un manque de forces de l’ordre mobilisées, et a qualifié de «farfelus» les chiffres de la préfecture affirmant qu’il y avait eu jusqu’à 30.000 pillards impliqués. L’Allemagne appelle ses ressortissants à la «prudence» en France après les violences Le ministère allemand des Affaires étrangères a appelé ses ressortissants se trouvant en France à la «prudence» après les violences survenues en marge des manifestations. Dans une mise à jour dimanche soir des conseils aux voyageurs et consignes de sécurité du ministère allemand des Affaires étrangères pour la France, il est indiqué que «de nouvelles manifestations et, le cas échéant, de nouveaux débordements dans les prochains jours ne peuvent être exclus». «Faites preuve de prudence et évitez les manifestations dans la mesure du possible», est-il écrit. Le ministère a ajouté que les ressortissants allemands devaient impérativement suivre les «instructions des forces locales de sécurité et de maintien de l’ordre». «Veuillez noter qu’en raison de récentes modifications législatives, vous vous exposez à des amendes ainsi qu’à des demandes de dommages et intérêts si, après en avoir reçu l’ordre, vous ne quittez pas une manifestation non autorisée et violente», ajoute-t-il. À lire aussi «Un pays plus fracturé que jamais» : la presse étrangère sidérée par les violences en France Ce lundi matin à Paris, des commerçants désespérés devant leur magasin vandalisé Dans le 11e arrondissement, boulevard du Temple et boulevard Voltaire, des gens vont au travail au pas de course, d’autres attendent devant leur magasin détruit. Une touriste québécoise affolée, demande à des policiers d’extraire sa valise d’un Franprix mis à sac, dont le sol est jonché de verre. Elle avait fait appel au service de consigne Bounce. Plus loin, une femme d’une soixantaine d’années attend son fils devant Optical City, son magasin vandalisé. «Tout a été pris. On a réparé le rideau dimanche car il avait été cassé la veille. Ils l’ont de nouveau détruit dimanche…» Son fils de 37 ans est «à plat», «il était parti de zéro, maintenant on est en dessous de zéro». Des camions poubelle, le SAMU, un tracteur et la police circulent dans le secteur, assez animé ce lundi matin. Près de 16,7 millions de téléspectateurs ont suivi l’allocution d’Emmanuel Macron Quelque 16,7 millions de téléspectateurs en moyenne ont suivi dimanche soir l’allocution d’Emmanuel Macron sur l’ensemble des chaînes qui la diffusaient, au lendemain des violences en marge des manifestations de samedi, selon les chiffres de Médiamétrie publiés lundi. Cette allocution solennelle, qui est traditionnellement le format d’intervention présidentielle le plus suivi, a été diffusée à 20h00 sur TF1, France 2, M6 et les chaînes d’information en continu, pendant une durée de 8 minutes environ. Début mars 2025, une telle allocution d’un quart d’heure consacrée à la situation internationale avait été suivie par plus de 15 millions de téléspectateurs toutes chaînes confondues (71,6% de PDA). Et le 31 décembre dernier, les vœux d’Emmanuel Macron avaient rassemblé 8,9 millions de téléspectateurs. Plus de 2000 commerces touchés par les violences du week-end selon le président de CCI France Le président du réseau des chambres de commerce et d’industrie en France (CCI France) a estimé lundi que l’on «dépassera les 2000» commerces directement touchés par les violences du week-end dans le pays, évaluant les dégâts à «des centaines de millions d’euros». Dimanche à 20h00, «on avait un premier pointage à 1500 (commerces touchés, NDLR), mais sachant que (n’étaient) pas comptées certaines villes (...), on sera au moins à 10-20% de plus», a expliqué Alain Di Crescenzo sur RTL. En outre, les violences «ont continué au moins dans quatre villes de France pendant la nuit», à «Paris, Marseille, Lyon et Nantes», a-t-il souligné, «donc on dépassera les 2000, ça c’est quasiment sûr, pour des centaines de millions d’euros de casse». Dans la capitale, le BHV Marais a fait savoir à l’AFP qu’une «trentaine de personnes a enfoncé l’entrée» de l’emblématique grand magasin parisien dimanche. Ils «ont saccagé le rez-de-chaussée du magasin. Le bâtiment a été dégradé à l’extérieur, et de nombreux vols de marchandises ont été commis», a indiqué la direction, qui a appelé à «respecter le travail des 700 salariés au BHV qui se battent chaque jour pour redresser le magasin». La Bourse de Paris chute de 1,08 % à l’ouverture dans un climat de tensions sociales La Bourse de Paris reculait nettement lundi à l’ouverture, se repliant de 1,08 % dans les premiers échanges, quand Londres cédait 0,29 % et Francfort 0,50 %. Les Bourses européennes reculaient elles aussi, les investisseurs se focalisant sur les actifs français après les pillages et violences survenus samedi en France en marge de la mobilisation pour le pouvoir d’achat, des tensions qui ravivent les craintes sur la dette du pays. LIRE AUSSI - Violences du 17 octobre : la Bourse de Paris en nette baisse après les évènements du week-end Le ministre de la Ville condamne «une forme d’insurrection» et une délinquance «nourrie par le narcotrafic» Le ministre de la Ville, Vincent Jeanbrun, a qualifié lundi «de forme d’insurrection» les violences en France et dénoncé une délinquance «nourrie par le narcotrafic» sur Sud Radio. Le ministre, lui-même victime d’une attaque à son domicile en 2023 en tant que maire de L’Haÿ-les-Roses (Val-de-Marne) lors des émeutes liées à la mort de Nahel, a jugé qu’il s’agissait d’un «phénomène insurrectionnel» avec une «volonté de s’attaquer à nos institutions». «Notre pays a été blessé collectivement (...), blessé mais pas mort, notre pays tient debout», a-t-il ajouté. «Il faut avoir l’humilité de reconnaître que ce qui s’est passé samedi est nouveau», avec une conjonction de «manifestations» qui peuvent dégénérer en fin de cortège, de «pillages» et de «violences urbaines type guérilla». Interrogé sur le fait de savoir si «une fraction délinquante de la banlieue» avait «mis à sac une partie de la France», Vincent Jeanbrun a répondu qu’il «y avait une petite partie de nos quartiers populaires qui abrite une forme de délinquance notamment nourrie par les narcotrafiquants». «Vous avez des jeunes et moins jeunes qui sont parfaitement formés à cette espèce de violence, à cette espèce de guérilla urbaine, et ça ne s’apprend pas à l’école. Donc ça s’apprend où ? Dans les rues de certains quartiers, avec des forces obscures des narcotrafiquants qui apprennent à notre jeunesse très tôt à attaquer la police et à la détester», a-t-il dit. L’accès au musée du Louvre bloqué par des manifestants en soutien aux lycéens Devant la pyramide du Louvre, des étudiants d’écoles d’art et de culture manifestent et bloquent l’entrée du musée, pour exprimer leur «soutien» au mouvement des lycéens et dénoncer «la répression policière», a appris l’AFP auprès de la direction et de deux syndicats. «Nous sommes fiers de vous annoncer que nous bloquons le plus grand musée du monde», clame un tract consulté par l’AFP et affiché aux abords du Louvre. Selon la direction, ce mouvement mené par les étudiants de l’École du Louvre est sans lien direct avec le musée, qui est simplement utilisé «comme une chambre d’écho» et qui n’a pu ouvrir ses portes normalement à 9H00. «Les touristes qui attendent sont agressifs avec nous car ils ont payé leur billet», rapporte l’une des manifestantes qui distribuent des tracts en français et en anglais. Au moins 351 interpellations à Paris, après une nouvelle vague de violences Suite à une nouvelle vague de violences qui a eu lieu dimanche à Paris, «les policiers ont pu procéder à 351 interpellations» indique la préfecture de police de Paris. «Hier à Paris, des groupes de jeunes délinquants ont à nouveau cherché à dégrader et piller des commerces au cours de la soirée et de la nuit» rapporte-t-elle. Raphaël Glucksmann accuse Jean-Luc Mélenchon de miser «sur le chaos» et de servir de «marchepied pour l’extrême droite» «Jean-Luc Mélenchon mise sur le bruit, la fureur, le chaos depuis des années» accuse Raphaël Glucksmann au micro de RTL ce lundi matin, interrogé sur la responsabilité de LFI sur le niveau de violence atteint ce week-end. «Jean-Luc Mélenchon est incapable de sortir de cette logique. Il reprend la possibilité du slogan ACAB dans toutes les manifestations. En agissant ainsi, il est le marchepied de l’extrême droite» défend le candidat de la gauche sociale-démocrate à la présidentielle. «Qui profitera de ce chaos ? C’est Marine Le Pen» alerte-t-il. «On doit montrer que la démocratie ne condamne pas à l’inaction, que l’état de droit n’est pas dissous» affirme-t-il. Il appelle à mettre fin au «climat délétère» qui sévit en France, à «reconstruire le débat public et à apaiser la République». «De toute évidence, un manque d’anticipation», reconnaît la porte-parole Maud Bregeon «L’État continuera d’être aux côtés des maires, il n’a abandonné personne», assure la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, sur LCI. «Toute la lumière devra être faite», assure-t-elle, reconnaissant «de toute évidence, un manque d’anticipation». Aussi ministre déléguée à l’Énergie, elle assure n’avoir «jamais entendu» une demande «d’empathie» du chef de l’État à l’égard des forces de l’ordre. «Il a fait une parfaite distinction» dans les revendications, déclare-t-elle. La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a réclamé une commission d’enquête sur les violences. «C’est la liberté absolue du Parlement […] Nous serons à leur entière disposition», a déclaré Maud Bregeon. Aussi soutien du candidat Horizons, Édouard Philippe, la ministre a infligé une violente charge à l’égard des Insoumis. «Ils ont évidemment une responsabilité morale et politique, ça ne date pas d’il y a quelques jours», a-t-elle estimé. «Jean-Luc Mélenchon se moque du monde, il n’a pas juste appelé à manifester. Il prône une forme de sédition avec la République», accuse-t-elle encore. Benoît Payan dénigre le chiffre de 30.000 pilleurs à Marseille Invité de France Inter ce lundi matin, le maire de Marseille Benoît Payan a pointé la responsabilité de l’État, incapable «d’avoir anticipé ce qui s’est passé». L’édile a directement fustigé la «doctrine d’emploi» des forces de l’ordre, la qualifiant «d’inefficace». «Pourquoi y a-t-il eu un mouvement de repli des CRS qui a permis aux casseurs de s’introduire dans la mairie ?», a-t-il fait mine de s’interroger. Comme son homologue Emmanuel Grégoire, le maire de Marseille a fustigé ceux qui «laissent pourrir la situation pendant des mois». Mais a également largement critiqué le chiffre de 30.000 pilleurs à Marseille avancé par la préfecture. «30.000 pilleurs ? Mais de qui on se moque ?», a ironisé l’édile. Benoît Payan a critiqué la récupération politique faite par «l’extrême droite et les conservateurs» des évènements de ce week-end. «Ils se saisissent de ça pour confondre des justes revendications et des gens qui ne sont là que pour casser parce que la porte est ouverte.» «Si les démocrates ne savent pas montrer qu’ils savent gérer la situation, la question de la tentation majoritaire sera majeure», a alerté le maire de Marseille. Une trentaine de commerçants pillés à Paris cette nuit, annonce le maire de Paris Invité de France Inter, Emmanuel Grégoire a annoncé qu’une «trentaine de commerçants avait été pillée à nouveau cette nuit». Il y a également eu «des intrusions dans des halls d’immeubles». «C’est évidemment insupportable (…) la question du rétablissement des moyens des forces de l’ordre est essentielle», a martelé l’édile, fustigeant le fait qu’il n’y a «pas assez de forces de sécurité publiques dans nos villes», en conséquence de quoi «la police se retrouve complètement submergée, débordée». «Il faut traquer les pilleurs qui ont été identifiés» : Raphaël Glucksmann appelle une réponse ferme du gouvernement «C’est d’une gravité sans précédent» déplore Raphaël Glucksmann sur RTL, interrogé sur les violences qui ont eu lieu ce week-end en France. «J’ai eu le ressentiment que la France se dissolvait, que la République se disloquait, que l’État n’existait plus» s’alarme-t-il. Le candidat de la gauche sociale-démocrate à la présidentielle condamne ce qu’il considère comme une «attaque de la République», évoquant notamment l’incendie de la mairie de Limoges et la vandalisation de la mairie de Marseille. Il pointe la responsabilité de «groupes politiques ultra-organisés et de hordes de pillards qui ont profité du chaos pour piller». Il appelle au rétablissement de l’ordre public, regrettant le manque d’anticipation du gouvernement : «comment peut-on justifier qu’il n’y ait eu qu’une compagnie de CRS à Marseille ? Il y a un vrai problème. Nous avons des bandes qui opèrent sans problème au cœur de nos villes. Comment explique-t-on qu’il y ait si peu d’équipes sur le terrain ?» insiste-t-il. Il réclame une réponse politique ferme «de peur que ces pillards ne sèment la jungle dans notre pays.» «Il faut aller traquer ceux qui ont été identifiés, qu’ils répondent de leurs actes devant la justice. Il faut qu’on montre qu’on est capables d’appliquer nos lois» affirme-t-il. Raphaël Glucksmann exige du gouvernement qu’il «annonce quelque chose de concret», et qu’il ait une vraie «réponse politique pour ces centaines de milliers de manifestants et ces lycéens» qui manifestent depuis plusieurs semaines. À ses yeux, Emmanuel Macron n’est qu’un «président qui commente sa propre impuissance». «On aurait dû avoir une réponse politique au mouvement lycéen» regrette-t-il. Il propose un «plan de sauvetage sur l’école prêt à l’emploi» qui prévoit l’augmentation du nombre de professeurs, la rénovation des bâtiments et l’augmentation du niveau de rémunération des professeurs. À la question de l’appel à manifester du jeudi 5 novembre, il répond que «le droit de manifester est un droit fondamental et l’État se doit de protéger ce droit. Il faut un dispositif de sécurité complètement différent. On ne peut pas se permettre un défaut de prévention» exige-t-il au micro de RTL. Emmanuel Grégoire dénonce un «pourrissement» du mouvement social «organisé par le gouvernement» Invité de France Inter ce matin avec le maire de Marseille Benoît Payan, le maire de Paris Emmanuel Grégoire a dénoncé un «pourrissement» du mouvement social «organisé par le gouvernement». «Il faut comprendre ce qui a dysfonctionné dans l’ordre public», a martelé l’édile socialiste, questionnant «le nombre de personnes présentes dans les forces de l’ordre et le nombre de casseurs.» Le maire de Paris a notamment protesté contre les «nasses» qui auraient été organisées samedi par les forces de l’ordre et «empêchant les manifestants de bonne foi de sortir». Pour lui, il faut donc fournir une «réponse politique». «L’une des plus grandes faillites sécuritaires», selon Jordan Bardella Le président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella dénonce sur Europe 1/CNEWS «l’une des plus grandes faillites sécuritaires». «La France a été humiliée», martèle-t-il. Ces scènes «d’une rare violence», nécessitent «des mesures très fortes», pour le responsable nationaliste. Appelant à «rétablir l’ordre par tous les moyens légaux possibles», l’eurodéputé assure qu’en cas d’arrivée au pouvoir, le parti appliquera «le principe du casseur payeur» et «la suspension des aides sociales». «Tu touches un policier, tu dors en prison», a-t-il encore lâché. Le parti procédera aussi à la dissolution de «toutes les organisations d’ultragauche» en cas d’élection. Sans appeler à la démission du président de la République, il juge : «S’il souhaite évidemment partir, ce que je ne crois pas, il rendra service à beaucoup de gens». «Manifestement, on a sous-estimé la violence», a-t-il encore estimé, comme son rival Renaissance Gabriel Attal sur RTL. Gérald Darmanin annonce «2331 gardes à vue» à 8 heures en France Sur le plateau de France 2, Gérald Darmanin annonce que ce lundi, à 8 heures, il y a au total «2331 gardes à vue» en France en lien avec les violences du week-end. «70% des personnes en garde à vue sont des majeurs, donc ce ne sont pas des lycéens. (…) Très souvent, ils sont connus des services de police et de justice». Le garde des Sceaux précise que «dans l’immense majorité, il y a plus de 80% de poursuite de la garde à vue», ce qui montre, selon lui la grande «fermeté» des parquets. «Il y a déjà des dizaines de détentions provisoires, dont 13 à Marseille», fait-il par ailleurs savoir. «Nous avons failli, incontestablement», reconnaît à son tour Gérald Darmanin, tout en apportant son soutien à Laurent Nuñez «C’est un grand ministre de l’Intérieur, il y a un moment difficile. Nous avons failli, incontestablement, il l’a reconnu lui-même», déclare sur le plateau de France 2 Gérald Darmanin. «Ce qu’a dit le président de la République et le ministre de l’Intérieur, c’est qu’il y a eu un défaut dans les renseignements. On ne fait de bonnes polices, sans bons renseignements», souligne-t-il. «Manifestement, [notre renseignement] ne sait pas lutter contre l’ultra-gauche», regrette-t-il. «Dans les années qui viennent, l’une des menaces qui touchera notre pays avec la criminalité organisée et le terrorisme, ce sont les factieux d’ultra-gauche.» «C’est un grand choc» : la déléguée générale de la Fédération du commerce déplore un «état de désolation» Sur les réseaux sociaux, de nombreuses vidéos montrent des magasins ravagés par les pilleurs. Ce lundi matin, Judith Jiguet, la déléguée générale de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD) déplore «un état de désolation», qui a entraîné un «grand choc» de la part des commerçants. «Le chiffre de 2000 commerces sera atteint ou dépassé», affirme-t-elle sur BFM Business. «Ça dit que le commerce est toujours en première ligne, c’est ce qui apporte de la vitalité dans les territoires», ajoute la représentante, qui pointe un «objectif politique pour empêcher la vie dans les villes». D’ici une heure, Judith Jiguet rencontrera le ministre du Commerce, Serge Papin afin de «porter la voix de ce secteur» et notamment des «entrepreneurs qui ont perdu le travail d’une vie». Un conseil exceptionnel des entreprises se tiendra également mardi 20 octobre. «Le contribuable de Limoges ne paiera pas un centime» à cause d’une «défaillance d’État», martèle le maire de Limoges Le maire de Limoges a largement pointé la responsabilité de LFI dans le chaos qui a régné en France ce week-end. Ces derniers sont «hors du champ républicain depuis longtemps». «Dans un état de droit, la violence n’est pas légitime. Ces gens soufflent sur les braises, ce sont des séditieux», a fustigé Guillaume Guérin sur RCF Notre Dame. «C’est lié à une défaillance de l’État, qui doit assumer les conséquences» de l’incendie, a conclu le maire. Il est donc «hors de question que le contribuable de Limoges paie un centime [dans la reconstruction de la mairie]. J’ai besoin qu’on applique la jurisprudence Notre-Dame à Limoges, et que la prise en charge financière soit faite par l’État», a-t-il encore appuyé, prévenant que s’il n’obtenait pas gain de cause, il démissionnerait ainsi que sa majorité municipale. «S’il faut démissionner pour que l’État se rende compte qu’il y a un problème dans ce pays, je démissionnerai», a ponctué Guillaume Guérin. Guillaume Guérin, maire de Limoges : «La police de ce pays doit être dotée de plus de moyens» «Je veux des actes, j’ai besoin que la police de ce pays soit dotée de moyens», a martelé le maire de Limoges Guillaume Guérin au micro de RCF Notre Dame ce lundi matin, dont la mairie a été incendiée au cours des manifestations organisées ce 17 octobre. «Le cas de Limoges est symptomatique d’un dysfonctionnement majeur au sein des services de l’État. Le droit de manifester en France est sacré, mais casser est un délit, et vouloir brûler des gens dans une mairie est un crime». L’édile a relaté les circonstances qui ont conduit à l’incendie de la mairie : «En marge de ces manifestations, des gens dans le cortège étaient venus pour casser du flic et détruire des bâtiments institutionnels. C’est l’ultragauche française, entre 500 et 600 à Limoges. Ils étaient armés, mieux que certains de nos policiers. La violence des affrontements entre black blocs et police nationale a été telle que les seconds se sont retrouvés à cours de munitions en cours d’après-midi», a assené Guillaume Guérin. En «10 minutes», la mairie est tombée sous les mains de ces «professionnels de la guérilla urbaine», face à une police «qui n’avait pas moyen de les contenir». Ces casseurs «doivent payer», d’autant que beaucoup parmi eux «sont solvables» : «les parents de ces jeunes émeutiers, de ces jeunes bourgeois qui veulent faire la révolution, sont solvables», a-t-il scandé. Guillaume Guérin a insisté à de nombreuses reprises sur la «bravoure» dont ont fait preuve les forces de police. «La seule arme qui leur restait, c’étaient des armes létales. Samedi à Limoges, on aurait pu en avoir recours car nos policiers se sont retrouvés en danger mortel. Certains se sont vus mourir», a-t-il martelé, insistant sur le fait que la police n’est en rien responsable de ce qui s’est produit puisque les forces de l’ordre ont été «d’un calme olympien». Gabriel Attal plaide «temporairement» pour «le recours à des forces armées» Le candidat Renaissance, Gabriel Attal, plaide sur RTL pour qu’à ce stade «l’ensemble des forces de police soient concentrées sur la sécurité des Français». Et plébiscite «temporairement» «le recours à des forces armées». L’ancien premier ministre assure qu’il y a eu «manifestement» «une faille» dans l’anticipation des événements. Si certains responsables politiques réclament la mise en place d’un «état d’urgence», le trentenaire, lui, ne ferme pas la porte. Avant d’estimer «qu’il faut des exemples et des images», en préconisant «d’aller chercher des personnes qui sont identifiées». «On est dans une question civilisationnelle», martèle l’ex locataire de Matignon. Dimanche, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a remis sa démission à Emmanuel Macron, qui l’a refusée. «Je comprends qu’il ait présenté sa démission, je comprends que le président l’ait refusée», a-t-il commenté. «Je suis responsable de tout ce qui se passe sur le terrain», admet Laurent Nuñez Le ministre de l’Intérieur est l’invité de la matinale de France Inter. Il a expliqué les raisons pour lesquelles il avait remis sa démission au président de la République. «Je prends ma part de responsabilité», tient-il à faire savoir. «J’ai remis ma démission parce que je suis responsable de tout ce qui se passe. Le sujet qui se pose maintenant c’est comment faire en sorte que ça ne se reproduise pas.» «Il y a eu plusieurs centaines de commerces pillés, avec l’action de nombreux casseurs. Nous avons eu des anticipations de participations qui étaient deux fois et demie de moins [à la réalité]», affirme Laurent Nuñez. «Le dispositif s’est trouvé en asymétrie par rapport au volume de participants, de manifestants mais aussi de casseurs, de pilleurs et de militants d’ultragauche qui ont fait dégénérer les cortèges», reconnaît le ministre de l’Intérieur, ajoutant qu’il y a eu, «en partie, un manque d’anticipation sur les forces disponibles.» Il confirme également qu’il y a eu une «perte de contrôle» de la police dans certaines villes. «Nous ne lâcherons rien» pour retrouver les casseurs, assure la procureure de Paris «Nous ne lâcherons rien» pour retrouver les personnes ayant commis des violences et pillages dans la capitale depuis samedi, en marge de la mobilisation massive du 17 octobre, a assuré lundi la procureure de Paris. «Nous allons rester mobilisés autant de temps qu’il faudra» pour répondre à ces «actes odieux», a poursuivi Laure Beccuau au micro de TF1, notamment grâce à des investigations approfondies, sous la forme d’enquêtes préliminaires concernant «les faits les plus graves». «Sont-ils sûrs, tous ces individus qu’on va se mettre à rechercher, qu’ils ne se sont pas (blessés) en coupant une vitre, qu’ils n’ont pas laissé une trace de sang ? Ont-ils bien pensé à ne pas laisser d’ADN, d’empreintes ? Ont-ils bien pensé que nous allions les pister sur leur trajet de retour dans les transports en commun ?», énumère Laure Beccuau. À lire aussi Défaut d’anticipation, effectifs débordés, bâtiments sans protection : les raisons d’un fiasco sécuritaire Le campus de Sciences Po Paris est bloqué ce lundi matin Le campus de Sciences Po Paris est bloqué depuis ce matin. La direction de l’IEP demande aux élèves de ne pas rejoindre l’établissement. Aux extrémités de la rue saint Guillaume, des étudiants tiennent un barrage filtrant. Une voiture de police stationne devant. Mobilisation 17 octobre : une adolescente perd un œil à Mulhouse, l’IGPN saisie Le parquet de Mulhouse annonce dimanche avoir saisi l’inspection générale de la police nationale (IGPN) après qu’une adolescente a été blessée en marge de la journée de mobilisation contre la vie chère et a perdu un œil. Le parquet a saisi la délégation de l’IGPN à Metz d’«une enquête de flagrance pour violences aggravées», a précisé le procureur de la République de la ville, Nicolas Heitz, dans un communiqué. Selon les premières investigations, la victime est «une jeune femme âgée de 17 ans, née à Mulhouse», a-t-il dit. «Malheureusement, malgré l’intervention chirurgicale réalisée en urgence, la perte de son œil gauche est définitive», a-t-il ajouté. Les investigations devront «déterminer le déroulé précis des faits ayant conduit à cette blessure grave», a souligné le procureur. Elles «seront nécessairement complexes compte tenu de l’importance du nombre de personnes présentes et du caractère extrêmement difficile des opérations de maintien de l’ordre qui ont été menées», a-t-il estimé. Macron demande à la police «de nouveaux modes d’action» face aux «casseurs» Emmanuel Macron a demandé de déployer une nouvelle doctrine de maintien de l’ordre «face aux casseurs», tentant ainsi d’enrayer la crise politique après les scènes de chaos dans de nombreuses villes samedi. Le président a de nouveau réclamé de la «transparence», pointant «les défaillances d’anticipation et de renseignements» qui ont conduit à des émeutes et des destructions. Une gestion qui a abouti à des chiffres vertigineux de 2400 interpellations et près d’un millier de forces de l’ordre blessées, selon les autorités, mais qui a été étrillée notamment par les maires de Paris, Marseille ou Limoges. Surtout, face au saccage des rues et aux pillages des magasins dont l’ampleur a sidéré le pays samedi, Emmanuel Macron a également demandé au ministre de l’Intérieur de déployer «au plus vite sur le terrain de nouveaux modes d’action (...) en matière de lutte contre les casseurs». Violences du 17 octobre : Nuñez a présenté dimanche sa démission à Macron, qui l’a refusée Laurent Nuñez reste place Beauvau. Au vu des violences d’une rare ampleur qui ont émaillé la journée de mobilisation du 17 octobre contre la vie chère, ainsi que, dans une moindre mesure, celle du lendemain, le ministre de l’Intérieur a présenté dimanche sa démission à Emmanuel Macron. Réclamée par les Écologistes, les Insoumis et le RN, celle-ci a été refusée dans la foulée par le président, fait savoir l’Élysée. Car si les services de renseignement ont peut-être mal évalué l’étendue et l’intensité des saccages - qui ont entraîné près de 2400 interpellations - et que le dispositif de maintien de l’ordre n’ait pas toujours été adapté pour affronter un tel chaos, le «contexte actuel» impose, selon la présidence, «un commandement continu des forces de l’ordre». Pour autant, dans le sillage de son allocution, Emmanuel Macron charge à nouveau Laurent Nuñez de «prendre toutes les dispositions pour faire la transparence» sur les «défaillances d’anticipation et de renseignements qui ont conduit aux violences». Face caméra, il l’avait déjà exhorté à tirer «toutes les leçons» de la journée de samedi, prenant ainsi à témoin l’opinion et la classe politique en attente, comme lui, de «réponses claires». Au moins 117 interpellations à Paris suite à une nouvelle nuit de violences Pour la deuxième nuit consécutive, la capitale française a été la cible de pillards, qui ont pris pour cibles petits commerces, magasins de luxe, et centres commerciaux. Suite à de nouvelles interpellations, la préfecture de police de Paris recense 117 interpellations au total, à 1 h du matin. Des gilets jaunes co-organisateurs du 17 octobre dénoncent un «discours vide» de Macron et demandent une rencontre à l’Élysée Des gilets jaunes co-organisateurs de la journée de mobilisation de samedi, qui a tourné au chaos dans plusieurs villes, ont dénoncé dimanche soir un «discours vide» d’Emmanuel Macron et demandé à être reçus à l’Élysée avec des représentantes de divers secteurs mobilisés. «Nous demandons cette rencontre, que nous jugeons nécessaire, y compris symboliquement» car «la population de France mérite d’être enfin considérée, entendue et écoutée», selon un communiqué de la coordination de gilets jaunes, qui faisait partie des multiples organisations ayant appelé à se mobiliser le 17 octobre, avec des étudiants et lycéens et certains syndicats. L’allocution du président de la République «nous a confortés dans cette idée, car son discours vide illustre parfaitement la déconnexion de nos dirigeants et leur refus d’écouter» et «en 2020, Emmanuel Macron avait promis de recevoir un groupe de Gilets jaunes à l’Élysée» mais n’a «pas tenu cette promesse, comme bien d’autres», expliquent-ils. «Si le président accepte, nous constituerons une délégation structurée à l’image du 17 octobre, qui réunira des gilets jaunes et des représentant.es du plus grand nombre possible de secteurs mobilisés», affirment-ils. Ces gilets jaunes appellent aussi à «poursuivre les perturbations et les blocages logistiques», ainsi qu’à «faire de la journée de grève interprofessionnelle du 5 novembre le point de départ de la grève et du blocage général reconductible». Commerçants, banques et assureurs réunis ce lundi à Bercy après les pillages Le ministre français du Commerce Serge Papin a annoncé dimanche qu’il réunirait lundi matin à Bercy les fédérations représentant les commerçants, les artisans, les restaurateurs et hôteliers, ainsi que les banques et assurances, après les pillages de samedi en marge des manifestations. «À la suite des saccages et des pillages de ce samedi, je réunirai demain matin (lundi, NDLR) à 9h00 à Bercy les fédérations de commerçants, d’enseignes, d’artisans et de restaurateurs aux côtés des banques et les assurances», a annoncé dans un message publié dimanche après-midi sur X le ministre, dont le portefeuille couvre également les PME, l’artisanat, le tourisme et le pouvoir d’achat. «Cette réunion aura pour objet d’établir le bilan des dégâts matériels, l’impact sur l’activité économique et de définir les actions possibles en soutien à la réparation et à la pérennité des entreprises touchées», a précisé le ministère. Côté commerce, sont entre autres conviés la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), le Conseil du commerce de France, l’Alliance du commerce, la Fédération du commerce coopératif et associé (FCA), ou encore des organisations représentant le commerce de l’habillement, les bijoutiers-horlogers, les enseignes d’équipements sportifs et les entreprises alimentaires de proximité, selon une liste publiée par le ministère. Le maire de Marseille juge que les casseurs sont «plutôt restés tranquilles» dans sa ville Le maire de Marseille, Benoît Payan, a jugé dimanche soir sur BFMTV que «les casseurs sont plutôt restés tranquilles» dans sa ville samedi, en mettant en doute le chiffre spectaculaire de 30.000 pilleurs avancé par la préfecture de police des Bouches-du-Rhône. Vent debout sur le manque d’effectifs policiers dans sa ville lors de la manifestation de samedi, durant laquelle des individus ont pénétré dans la mairie et attaqué le commissariat central de la police municipale, M. Payan a souligné que «les forces de l’ordre, ce n’est pas de la chair à canon, et les lycéens non plus». «Les forces de l’ordre en sous-nombre, en sous-effectifs, c’est les mettre en danger, c’est mettre en danger les lycéens. Par contre, les casseurs, eux, sont plutôt restés tranquilles. C’est pour ça que, malheureusement pour l’État, tout ça est archivé dans des vidéos à Marseille», a-t-il déclaré, à la veille de la visite à Marseille du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. «Je respecterai la loi, je n’ai pas le droit de les diffuser. Mais s’il y a une commission d’enquête parlementaire, je les donnerai», a-t-il lancé sans autre précision. À lire aussi «C’était la guerre» : à Marseille, les commerçants écœurés par les pillages et les violences du 17 octobre Macron «n’a rien compris à ce qui se passe dans le pays», affirme Binet Emmanuel Macron «n’a rien compris à ce qui se passe dans le pays», a affirmé dimanche soir à l’AFP la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, estimant que le président n’a pas répondu dans son allocution aux attentes exprimées par les manifestants samedi. «Le problème dans son discours de ce (dimanche) soir, c’est qu’il ne fait aucune annonce concrète pour répondre à la mobilisation des jeunes, à la vie chère ou au déclassement des services publics et à la multiplication des licenciements», a souligné la responsable de la deuxième centrale syndicale, qui avait appelé à participer aux manifestations du 17 octobre aux côtés de gilets jaunes, de jeunes et de militants du climat. «C’est très grave parce qu’en fait, on attendait beaucoup de choses de son intervention puisque la sortie de crise est entre ses mains», a-t-elle relevé. Jugeant que la journée de samedi était «le résultat de dix ans de macronisme, dix ans de passage en force, dix ans de politique au service des plus riches», la syndicaliste a regretté que le président «disserte sur un chaos dont il est le principal responsable». Guadeloupe : couvre-feu pour les mineurs après des violences Le préfet de la région Guadeloupe a instauré dimanche un couvre-feu pour les mineurs dans les communes de Pointe-à-Pitre et des Abymes, après des violences urbaines en marge du mouvement contre la vie chère au cours desquelles trois policiers ont été blessés par balles. Une interdiction de circuler pour les jeunes âgés de moins de 18 ans, non accompagnés d’un adulte exerçant l’autorité parentale, sera en vigueur de 20H00 dimanche (00H00 lundi GMT) à 06H00 lundi matin (10H00 GMT), selon un arrêté préfectoral. Cette mesure vise «avant tout à protéger les mineurs qui pourraient se trouver sur les lieux de violences», a expliqué le préfet Thierry Devimeux dans un communiqué. Dans la nuit de samedi à dimanche, de multiples barricades enflammées ont été érigées et «plusieurs commerces et entreprises ont été vandalisés voire détruits», détaille la préfecture. Au cours des heurts, les forces de sécurité ont essuyé des jets de projectiles et des «tirs d’armes à feu», blessant trois policiers. Les forces de l’ordre ont constaté la présence de «nombreux mineurs au sein des groupes d’émeutiers», a indiqué Thierry Devimeux. Le préfet a condamné «avec la plus grande fermeté ces actes de violence inacceptable», ajoutant qu’ils constituaient des délits qui «ne sauraient être confondus avec l’expression pacifique de revendications». Malgré la crise et les critiques en France, Macron sur le front du pétrole lundi dans le Golfe Très critiqué après un week-end de violences qui compromet la fin d’un quinquennat déjà chaotique, Emmanuel Macron arrive lundi dans le Golfe, où il a maintenu sa tournée, avec l’objectif de sécuriser des volumes de pétrole et de diesel pour faire baisser les prix à la pompe. Un air de déjà-vu, ou presque. En 2018, quand la troisième manifestation des gilets jaunes avait viré à l’émeute, avec le saccage de l’Arc de Triomphe, le chef de l’État était en déplacement en Argentine. Il avait constaté les dégâts et la colère à son retour en France le lendemain. Dimanche, l’Élysée a fait savoir que le président maintenait sa tournée dans le Golfe de lundi à mercredi malgré la crise née des nombreuses violences samedi autour des manifestations «contre la vie chère». Et, dans son allocution, Emmanuel Macron a expliqué que ce déplacement avait pour but de «sécuriser nos approvisionnements», les manifestants ayant notamment fait part d’«une inquiétude (...) sur le prix des carburants». À Paris, encore des heurts et des magasins pillés dans la nuit Des heurts à Paris, où de nouveaux magasins ont été pillés, des tentatives d’intrusion à Lyon, Marseille et près de Nantes... Au lendemain de violences massives, des incidents ont de nouveau éclaté dimanche, notamment dans la capitale. La préfecture de police (PP) a évoqué 108 interpellations à Paris dimanche, dont 66 dans la soirée, et dénombré au moins cinq magasins pillés, dont un commerce de vêtements, un Darty à Belleville et deux supermarchés. Dans le centre de la capitale, la PP a fait état de «groupes épars de jeunes délinquants d’opportunité continuant de chercher à piller des magasins dans le secteur Châtelet/Les Halles». Près du boulevard Sébastopol, plusieurs dizaines de jeunes ont crié des slogans anti-policiers, jetant des bouteilles de verre en direction des forces de l’ordre, selon une reporter de l’AFP. Une porte d’entrée de l’emblématique grand magasin BHV Marais a été brisée et éventrée et des pilleurs se sont introduits à l’intérieur, a constaté une journaliste de l’AFP. Vers le musée Pompidou, la vitrine d’une boutique d’optique Afflelou a été cassée, a aussi observé l’AFP. Des groupes de jeunes, tous vêtus de noir et cagoulés, se déplaçaient rapidement dans les rues à la recherche d’un point d’atterrissage, au milieu de riverains et de touristes qui flânent, parfois obligés de se couvrir le nez d’une serviette en papier face aux gaz lacrymogènes. Bienvenue sur ce direct Bonjour à tous et bienvenue sur ce direct, consacré aux violences qui ont émaillé les manifestations du 17 octobre. À retenir 3570561 (profil non modéré) le Allez hop une taxe émeute maintenant Zico_Paolo le Des milliards à l Ukraine depuis des annees alors que la France devait deja en priorité constuire au moins 30 000 places de prison, recruter en masse des policiers et faire sauter l excuse de minorité ,ces politicards ne sont plus credible. Vive mai 2027 et l arrivee du Front National et meme si c est la chienlit apres l election pdt qq temps on enverra les blindés .Ras le Bol ! Si vis pacem le Qu’à t’il fait comme 1er ministre??? Nihil de nihilo…rien de rien! Alors vos conseils, non merci!

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