EN DIRECT - Blocus des lycées : 735 établissements perturbés vendredi, «30% de moins» que la veille, selon le ministre de l’Éducation
EN DIRECT - Blocus des lycées : 735 établissements perturbés vendredi, «30% de moins» que la veille, selon le ministre de l’Éducation
Le garde des Sceaux Gérald Darmanin a demandé aux procureurs d’engager la responsabilité civile des parents en cas de dégâts provoqués par leurs enfants lors du mouvement de blocage des lycées, afin de leur faire «payer les réparations», a-t-il dit vendredi.
Le direct
Faits Essentiels
- Une intersyndicale de l’éducation appelle à la mobilisation mardi, «y compris par la grève»
- Plusieurs millions d’euros de dégâts matériels déjà estimés en France
- «On n’a pas eu d’engagements concrets», déplorent les représentants des syndicats lycéens, qui appellent à poursuivre les mobilisations
- La CGT et Solidaires appellent à se mobiliser le 6 octobre aux côtés des lycéens
- «7 millions d’euros déjà partis en fumée» en Île-de-France, déplore Valérie Pécresse
- Un policier en civil violemment agressé à Belfort, Nuñez annonce l’ouverture d’une enquête «pour tentative d’homicide volontaire»
- 564 établissements perturbés ce vendredi
- 600 individus interpellés ce vendredi à 11 heures
- Les entrées de deux lycées parisiens endommagées par le feu
- 40 proviseurs ont été blessés, déplore le ministre de l’Éducation nationale
- Une centaine de lycées «ont connu des dégradations sévères», annonce Édouard Geffray
- Gérald Darmanin exhorte les procureurs à requérir «la responsabilité civile», «c’est-à-dire que les parents soient solidaires financièrement des exactions de leurs enfants»
- Près de 2000 personnes interpellées jeudi en France
Deux jeunes interpellés lors des manifs condamnés jeudi en comparution immédiate
À Belfort, deux jeunes hommes de 18 ans interpellés lors des mobilisations lycéennes ont été jugés jeudi en comparution immédiate. Le premier a été condamné à un an de prison avec sursis probatoire, tandis que le second a écopé de 140 heures de travail d’intérêt général. Ils étaient notamment poursuivis pour des jets de projectiles et des violences envers les forces de l’ordre, le second ayant également reconnu avoir incendié une poubelle.
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Un «plan» pour accélérer le remplacement des professeurs non remplacés, annonce Édouard Geffray
Le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray a annoncé le lancement, dès la semaine prochaine, d’un «plan d’action» pour accélérer le remplacement des professeurs absents. L’objectif est de «sensiblement» accélérer les remplacements et de les prioriser dans les classes à examen, notamment en première et en terminale. Il a également évoqué un chantier sur le rythme scolaire, précisant qu’aucune réforme ne pourrait intervenir avant 2027.
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La réponse judiciaire aux blocages des lycées doit être «rapide» mais «pédagogique» pour le procureur de Nanterre
Dans les Hauts-de-Seine, où près de 200 personnes ont été placées en garde à vue en lien avec des blocages de lycée, la réponse judiciaire doit être «rapide», «dissuasive» mais «pédagogique», l’écrasante majorité étant mineure et sans antécédent, a déclaré vendredi le procureur de Nanterre dans un entretien à l’AFP. Il faut garantir «une réponse rapide» tout en préservant la «personnalisation de la sanction et des poursuites»: pour les jeunes gardés à vue «très majoritairement» mineurs, «la voie éducative doit être toujours priorisée», a détaillé Yves Badorc.
Près de 90% des adolescents mis en cause n’ont pas d’antécédents, selon le magistrat, qui précise que ces chiffres pourraient évoluer. Le plus souvent, ces adolescents ont été interpellés pour violences sur personne dépositaire de l’autorité publique, tout en sachant que «quand il y a plusieurs infractions (soupçonnées), c’est la plus grave et donc celle-ci qui a été retenue», a indiqué le procureur.
Dans ce département, qui compte 65 lycées et a connu plusieurs blocages, notamment à Asnières-sur-Seine, une seule jeune fille majeure - de tout juste 18 ans - a été entendue en comparution immédiate mercredi, un choix de poursuite «politique» pour son avocat. Elle sera jugée début décembre. Parmi les jeunes poursuivis, près de la moitié ont été déférés et parmi eux, 57% ont fait l’objet d’une mesure alternative (stage de citoyenneté, réparation pénale, ...). Un peu plus de 16% des gardes à vue s’achèvent par un classement sans suite.
«Il faut qu’on puisse comprendre pourquoi des élèves qui n’ont jamais eu de problème peuvent aller et souhaitent d’abord aller au contact des policiers», souligne le magistrat, qui évoque un travail à venir avec la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), l’Éducation nationale et l’État pour favoriser «une prise de conscience» et restaurer «la concorde». Yves Badorc souhaite aussi «impliquer les parents sans les stigmatiser», estimant «qu’ils doivent aussi porter le discours de ceux qui sont responsables».
Le président de la Fédération des sapeurs-pompiers «condamne très fermement les violences»
À Marseille, des pompiers ont été pris à partie jeudi alors qu’ils intervenaient sur un feu de détritus devant un lycée. Un de leurs camions a été incendié et un pompier a eu le nez fracturé.
«Je voudrais bien sûr condamner très fermement les violences qui sont faites envers celles et ceux qui probablement demain leur porteront secours», a déclaré vendredi le président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF), Jean-Paul Bosland, lors du discours de clôture du congrès annuel.
De nouvelles fortes tensions à Pantin, une bobine de câble de chantier utilisée dans une barricade
À Pantin, les tensions se poursuivent en marge du blocus lycéen, avec des barricades dressées face aux forces de l’ordre. Les policiers ont chargé et utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser le rassemblement. Des manifestants ont notamment utilisé une bobine de câble de chantier pour renforcer une barricade.
«Vous êtes responsables de vos enfants» : des préfets adressent un courrier de mise en garde aux parents
Des millions d’euros de dégâts, des policiers et personnels éducatifs blessés : le blocus des lycées organisé aux quatre coins du pays va coûter très cher. Alors que le garde des Sceaux Gérald Darmanin a demandé vendredi aux procureurs d’engager la responsabilité civile des parents dont les enfants auraient participé de près ou de loin au saccage des établissements, certains préfets ont fait le choix de s’adresser directement aux parents de sorte que le message soit bien reçu.
C’est le cas notamment d’Alexandre Brugère, le préfet des Hauts-de-Seine (92). Réputé pour sa fermeté sur le terrain du régalien, le représentant de l’État a adressé vendredi un courrier aux parents d’élèves du département. Dans cette missive que nous avons pu consulter, le préfet Brugère constate « l’intensification » des violences depuis une semaine. « Feux de poubelles, tirs de mortiers d’artifice à bout portant, jet de projectiles, fabrication d’engins incendiaires, port de couteaux, battes de baseball et barres de fer, transport de bouteilles d’acide, etc. » À l’échelle du département, 19 policiers et 3 personnels de l’Éducation nationale ont été blessés.
Pour pallier ces actes de « violence pure » et par mesure de sécurité, le rectorat a imposé la tenue de cours en distanciel dans certains établissements. Mais cela ne suffit pas. Pire, le préfet indique que « les meneurs » seraient « en train d’essayer d’étendre le mouvement aux collèges, mettant en danger des enfants de 11 à 15 ans. »
D’où ce rappel à destination des parents. « Vous êtes responsables de vos enfants. Vous avez le devoir moral et la responsabilité juridique de les protéger, en empêchant par tout moyen de se rendre sur les lieux de rassemblement », écrit-il. Et de les mettre en garde : « Conformément aux dispositions de notre droit, votre responsabilité pénale et civile serait engagée en cas de violences imputables à vos enfants. [ …] Il n’y a aucune raison que des adolescents soient dehors, sur la voie publique, munis d’armes, de cagoules ou d’équipements de protection. »
735 établissements perturbés vendredi, «30% de moins» que la veille, annonce Édouard Geffray
Le mouvement de blocage des lycées s’est poursuivi vendredi avec «735 établissements qui ont été perturbés d’une manière ou d’une autre sur la journée», soit «30% de moins qu’hier», a indiqué le ministre de l’Éducation Édouard Geffray.
«Globalement, nous avons également eu moins de violence contre les personnels, puisqu’aujourd’hui 3 personnes ont malheureusement été blessées contre 31 hier», a ajouté le ministre lors d’un point presse organisé à l’issue d’une journée de rencontres avec les organisations syndicales, lycéennes et de parents d’élèves.
Le bilan des dégâts depuis le début du mouvement s’établit à «près d’un million d’euros» dans les Hauts-de-France
Dans les Hauts-de-France, le bilan des dégâts depuis le début du mouvement s’établit à «près d’un million d’euros», a indiqué la région à l’AFP. Il s’agit de portails, portillons et autres grilles de sécurité à remplacer et sécuriser.
Une mobilisation «partie du bas», accélérée par les réseaux sociaux
Hashtags, vidéos partagées et boucles de messagerie privée... Les réseaux sociaux ont joué un rôle de catalyseur dans le mouvement des lycéens, estime la sociologue Valérie Becquet, dans un entretien avec l’AFP. «Au début, ils permettent de mobiliser. On utilise des hashtags pour donner à voir, mobiliser, médiatiser, de manière à ce qu’il y ait de plus en plus d’établissements qui rejoignent le mouvement», explique-t-elle.
«Ensuite, il y a une forme de structuration. Le fait de discuter (dans des groupes de discussions), de partager ses expériences... on est déjà dans un mouvement qui s’organise. Les lycéens sont nés avec les réseaux sociaux et mettent au service du mouvement des pratiques, des usages qui sont déjà présents dans leur quotidien», poursuit Valérie Becquet. «Avec les réseaux sociaux, ils peuvent proposer un autre récit que celui proposé dans les médias traditionnels, un récit qui n’est pas construit : on allume son téléphone, on fait une vidéo, on la poste. Il n’y a pas d’intermédiaire, de conférence de rédaction, c’est du direct», enchaîne-t-elle.
Mortiers, cocktail molotovs … la police nationale publie des clichés des objets saisis
La police nationale a publié sur X des photos de plusieurs objets saisis par les forces de l’ordre en marge des rassemblements lycéens. Elle affirme que des «individus violents» s’immiscent dans ces mobilisations. Les objets présentés - hache, mortiers, cocktails molotov - ont été récupérés par les policiers au cours de la journée.
Devant les lycées bloqués, des parents entre fierté et angoisse
Depuis le début de la mobilisation des jeunes, les parents, directement interpellés par le gouvernement, hésitent sur l’attitude à adopter. Devant la cité scolaire Claude Monet dans le 13e arrondissement, Anya, 53 ans, se hisse sur la pointe des pieds. Son fils est en seconde et elle redoute qu’il soit venu manifester avec ses camarades. «On lui a interdit de venir. J’espère qu’il n’est pas là, mais il est sorti de la maison, alors... On a peur que la situation se dégrade», avoue cette mère de famille, qui n’ose pas s’approcher davantage en raison d’une poubelle en feu à quelques mètres de là.
À ses côtés, une autre mère affiche un soutien sans réserve. Son fils participe au blocus. «Moi, je suis derrière eux», assure-t-elle. «Ce qui me fait peur pour eux, c’est la police, c’est tout», poursuit-elle, regrettant que les étudiants du campus de Tolbiac, situé juste derrière, n’aient pas encore rejoint le mouvement. «Bon, ça suffit, maintenant ! Vous arrêtez !», s’énerve Lan Tan, 53 ans, en s’adressant à des garçons cagoulés, après l’incendie de la poubelle.
Représentante de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) et mère d’une élève de seconde, elle se relaie avec d’autres parents devant le lycée pour «assurer la sécurité des enfants». «C’est important de les encadrer, même de loin pour éviter les débordements. Hier, ils ont tiré des mortiers juste devant un groupe, c’était n’importe quoi! On leur a dit et ils ont compris», se félicite-t-elle, pas du tout intimidée par les grands gaillards devant elle.
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«Tuons-le» : à Marseille, un mineur de 15 ans arrêté pour avoir menacé de mort son professeur d’espagnol
Des menaces de mort prises très au sérieux par les autorités. Ce jeudi 1er octobre à Marseille, les forces de l’ordre ont procédé à l’interpellation d’un mineur de 15 ans soupçonné d’avoir menacé de mort son ancien professeur d’espagnol au sein d’un collège privé. Le jeune homme, placé en garde à vue dans la foulée, aurait diffusé ses menaces via les réseaux sociaux.
Selon des sources policières concordantes, le professeur visé par ces menaces de mort avait déposé plainte après avoir pris connaissance de ces messages. L’auteur des faits avait publié plusieurs phrases en ligne : «cadeau pour notre prof d’espagnol ce gros pervers», «participer avec nous, tuons-le» (sic), «faites un meurtre» ou encore «ensemble, offrons-lui une vie de merde». Ces menaces auraient circulé auprès de certains camarades de classe du mis en cause et ont été portées à la connaissance de l’enseignant.
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Le député UDR Antoine Valentin saisit la justice contre les élus LFI Thomas Portes et Bally Bagayoko
Le rôle joué par les élus de La France insoumise (LFI) dans les blocages et émeutes des lycées pourraient-ils être pénalement répréhensibles ? Pour le député UDR (Union des droites pour la République) Antoine Valentin, la réponse est oui. L’élu savoyard du parti d’Éric Ciotti a saisi le procureur de la République au titre de l’article 40 du code pénal contre deux élus LFI, le député Thomas Portes et le maire de Saint-Denis Bally Bagayoko.
Antoine Valentin pointe du doigt une vidéo postée par Thomas Portes lui-même sur son compte X le 1er octobre. On y voit le député affublé de son écharpe poser l’avant-bras sur le bouclier d’un policier pour l’empêcher d’avancer. Une «entrave physique apportée (…) à l’action de fonctionnaires de police», souligne Antoine Valentin dans le document adressé au procureur de la République, que le Figaro a consulté. «Ces faits me semblent de nature à caractériser le délit de rébellion», souligne le député UDR.
Antoine Valentin reproche enfin à Bally Bagayoko d’avoir affirmé publiquement le 29 septembre, en marge du blocage du lycée Paul-Eluard, que «la violence, à un moment donné, elle peut être légitime». Des propos assumés sur Franceinfo le 1er octobre, qui pourrait constituer une «provocation à commettre un délit». Dans son courrier, l’élu ne cite pas la phrase complète de Bally Bagayoko : «Le problème que l’on dit à tous ces jeunes, c’est que (la violence) peut être légitime, mais chaque fois qu’on peut l’éviter, c’est mieux.»
Le maire de Saint-Denis a déjà été dénoncé à la justice pour ces propos par le préfet de Seine-Saint-Denis. Il est aussi cité dans d’autres plaintes liées à des violences commises dans le cadre des blocages des lycées. «Je répondrai naturellement à toute sollicitation de la justice», avait réagi l’élu sur le réseau social X. «Chacune de mes visites aux différents blocus a cherché à garantir des conditions sûres et sereines à la jeunesse pour qu’elle puisse exprimer ses revendications», s’est-il par ailleurs défendu.
Intervention des forces de l’ordre sur un campus de Strasbourg
Les forces de l’ordre sont intervenues vendredi après-midi sur un campus de Strasbourg, à la demande de la présidente de l’université, au deuxième jour de manifestations lycéennes violentes dans la cité alsacienne. «Suite à des tensions entre des lycéens et un groupe d’individus violents ayant allumé, sur le campus de l’Esplanade, un feu de poubelle alimenté par un dispositif incendiaire et du mobilier pédagogique, j’ai dû faire intervenir les forces de l’ordre à 14H55 pour éviter la mise en danger de la communauté universitaire, de la majorité pacifique des lycéens ainsi que la dégradation des biens publics par des casseurs», a déclaré Frédérique Berrod, présidente de l’université dans un court communiqué.
Vendredi, des affrontements ont opposé forces de l’ordre et étudiants sur ce campus proche du centre-ville, a constaté un journaliste de l’AFP. Des manifestants ont allumé un feu avec des conteneurs à ordures sur les rails du tramway, et certains ont lancé des projectiles sur les forces de l’ordre, qui ont répliqué par de nombreux tirs de gaz lacrymogène. Un cortège de plusieurs centaines d’étudiants et de lycéens en colère s’est ensuite mis en marche en direction du centre-ville, bloqués par des policiers qui les ont repoussés à grand renfort de gaz lacrymogène.
«La justice est mobilisée» assure Darmanin
«Dans le prolongement de la réunion de l’ensemble des procureurs généraux hier, j’ai confirmé, par circulaire, la nécessité d’une réponse pénale ferme et rapide contre les violences commises en marge des blocages de lycées», a indiqué le ministre de la Justice Gérald Darmanin.
Et d’annoncer plusieurs mesures prises : «Mineurs pris en charge sans délai, parents convoqués par les procureurs de la République et victimes informées pour engager leur responsabilité civile : la justice est mobilisée.»
Une intersyndicale de l’éducation appelle à la mobilisation mardi, «y compris par la grève»
Une intersyndicale de l’Éducation nationale appelle vendredi à participer à la journée de mobilisation des lycéens mardi prochain, «y compris par la grève».
«Nos organisations appellent à davantage soutenir et entendre les revendications lycéennes», affirment dans un communiqué la FSU, la CGT, FO, la CFDT, l’Unsa, Sud et Solidaires. «Nous appelons les collègues à se saisir des possibilités de mobilisations le 6 octobre, y compris par la grève.»
«On aurait tort de laisser les images terribles d’un lycée en feu éclipser les inquiétudes profondes de la jeunesse de France», estime Barrot
«Le calme doit impérativement revenir dans les lycées et les universités. Oui, le droit de manifester est inaliénable. Mais les violences sont inexcusables et l’instrumentalisation cynique de la jeunesse à des fins politiques est irresponsable», a écrit sur X Jean-Noël Barrot.
«Pour autant, on aurait tort de laisser les images terribles et consternantes d’un lycée en feu éclipser les inquiétudes profondes et les aspirations légitimes de la jeunesse de France», poursuit le ministre des Affaires étrangères.
«Vivre sur une planète habitable, dans un pays qui se sera adapté aux conséquences dévastatrices du changement climatique. Libérée du boulet de la triple dette financière, écologique et technologique. Assurée de pouvoir diriger sa vie et réaliser ses rêves», ajoute-t-il. Et de conclure : «Toutes celles et ceux qui entendent solliciter le suffrage des Français devront garantir qu’aucune de leurs propositions ne pénalise la jeunesse et ne creuse plus encore le fossé entre des générations qu’il est urgent de réconcilier.»
Les proviseurs, cibles d’une violence jugée «inédite»
«Délirant», «sidération»: les chefs d’établissement s’alarment d’être devenus la cible d’une partie des lycéens mobilisés, une violence qu’ils jugent «inédite», alors qu’ils assurent partager nombre de leurs revendications sur le manque de moyens. «Il y a une forme de sidération face aux violences qu’on a subies hier dans pas mal d’établissements», confie vendredi à l’AFP Agnès Andersen secrétaire générale du syndicat de chefs d’établissement ID-FO.
Un tract encourageant à s’en prendre à un chef d’établissement de Marseille circule également sur les réseaux sociaux. «Le premier qui met un “take” (qui agresse) au proviseur, il a les sous d’une cagnotte», peut-on lire. «On a passé un cap qui est complètement délirant. C’est extrêmement choquant», dénonce Bruno Bobkiewicz, secrétaire général du SNPDEN-Unsa, principal syndicat des chefs d’établissements. Dans ce contexte, «j’ai conseillé de suspendre les cours», explique de son côté Mme Andersen.
Plusieurs millions d’euros de dégâts matériels déjà estimés en France
Les dégradations dans les lycées, touchant notamment les portails d’entrée, coûtent d’ores et déjà plusieurs millions d’euros, selon les dernières estimations des régions Île-de-France, Grand Est et Auvergne-Rhône-Alpes. Les régions sont gestionnaires des bâtiments et des personnels techniques des lycées.
En Île-de-France, qui compte 468 établissements, la présidente Valérie Pécresse (LR) les a chiffrés à 7 millions d’euros «Saccages dans les lycées d’Île-de-France : 7 millions d’euros déjà partis en fumée», a-t-elle écrit sur le réseau social X vendredi.
Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Fabrice Pannekoucke a de son côté estimé vendredi à «entre 25 et 30 millions d’euros» les dégâts provoqués par les violences liées au blocage des lycées, mais l’estimation est au sens large car incluant les abords et les véhicules endommagés. Cette région compte plus de 300 lycées.
Le président de la région Grand Est Franck Leroy a fait état d’une facture de près d’un million d’euros. «Le montant des dégâts à l’échelle de la région, avoisine sans doute le million d’euros (...), entre portes de lycées fracassées, tentatives d’intrusion dans les loges des gardiens, de façades endommagées...»
«On n’a pas eu d’engagements concrets», déplorent les représentants des syndicats lycéens, qui appellent à poursuivre les mobilisations
Au sortir de leur entretien avec le ministre de l’Éducation, les représentants des syndicats lycéens ont indiqué avoir «obtenu un certain nombre de réponses, notamment sur le temps scolaire, la santé mentale et l’état des bâtiments». «En revanche, on n’a pas eu d’engagements concrets de la part du ministre. On est un peu déçus», a indiqué le représentant du syndicat «Lycéens».
«La mobilisation doit donc se poursuivre dans les lycées. (…) On est fiers d’appartenir à cette génération qui est capable de se mobiliser pour ses droits», ont conclu les représentants des lycéens.
Face aux violences, des élèves appellent à «faire les choses bien»
«On voulait plus de profs, résultat on a eu plus de violences»: à Bordeaux, La Rochelle ou Agen, des lycéens regrettaient vendredi les violences en marge du mouvement, tout en restant déterminés à poursuivre leur mobilisation. «Ce matin, notre lycée devait être ouvert mais des jeunes qui ne sont pas du lycée sont venus juste pour mettre le feu», témoigne Éliott, élève de 16 ans dans un établissement de La Rochelle devant lequel plusieurs centaines d’élèves se sont rassemblés.
«On voulait juste faire un blocus en étant pacifiques, comme hier où tout s’était très bien passé, mais ce matin, ça a dégénéré», selon cet élève de première. Deux autres lycées de la ville sont, eux, restés fermés après des violences jeudi. «On voulait plus de profs, résultat on a eu plus de violences. C’est vraiment n’importe quoi», déplore Maël, autre élève de première âgé de 16 ans.
Devant un lycée d’Agen, une représentante des élèves a appelé vendredi à «faire les choses bien». «Aujourd’hui on se fait entendre sur le manque de moyens, les températures anormales dans les salles de classe, le manque de profs... Restez motivés, c’est comme ça qu’on gagnera», a-t-elle lancé.
Dans le Rhône, 31 interpellations et cinq blessés, dont un policier
Après les tensions matinales à Lyon, la préfecture du Rhône dénombre 31 interpellations sur les 30 établissements touchés par le mouvement.
Par ailleurs, cinq personnes ont été blessées, dont un policier. Cet après-midi, une manifestation a réuni 300 personnes devant l’hôtel de région.
59 interpellations dans les Bouches-du-Rhône, dont 27 à Marseille
À la mi-journée, la préfecture de police des Bouches-du-Rhône a indiqué que 19 établissements ont été concernés par des regroupements, que 1800 personnes ont participé à ces attroupements, et qu’au plus fort de la mobilisation, il y a eu 59 interpellations dans le département, dont 27 à Marseille.
L’on déplore ce jour quatre blessés : une personne âgée a été bousculée, deux policiers de la CRS81 ont été légèrement blessés à la suite de jets de pavés et un enseignant a été aspergé d’essence volontairement, puis agressé physiquement par deux individus.
Quelques incidents matériels restent également à déplorer : des feux de mobiliers urbains - principalement des poubelles -, des barrages et barricades - rapidement dégagés par les forces de l’ordre -, ainsi que des tirs de mortiers.
«Un drame aurait pu survenir» : à Aix-en-Provence, des individus armés de barres de fer ont pénétré dans un centre de gérontologie
Des individus armés de barres de fer sont entrés dans un centre de gérontologie à Aix-en-Provence jeudi, dans le contexte de blocus des lycées, a annoncé la maire de la ville, Sophie Joissains, sur son compte Facebook. Dans cet établissement, «des personnes âgées en situation d’extrême vulnérabilité sont soignées», précise-t-elle. «Un drame aurait pu survenir.»
Selon les informations du Figaro, il s’agit de l’établissement de l’Hospitalité Saint-Thomas, dont le personnel a été choqué. Aucun blessé n’est toutefois à déplorer. Des membres de la direction seraient allés au-devant des individus, qui cherchaient surtout du matériel à dérober afin d’aller le faire brûler ailleurs.
La CGT et Solidaires appellent à se mobiliser le 6 octobre aux côtés des lycéens
La CGT et Solidaires appellent à participer à la journée de mobilisation des lycéens mardi prochain, dénonçant la «répression» dont ils sont victimes et apportant leur soutien à leurs revendications. «Comme elle le fait déjà devant les établissements, la CGT sera le 6 octobre aux côtés des lycéens, étudiants et personnels de l’éducation mobilisés», annonce le syndicat dans un communiqué.
La CGT «appelle toutes ses organisations à protéger leur droit à se mobiliser et à mettre à leur disposition les moyens nécessaires pour s’organiser, notamment en ouvrant les bourses du travail et les maisons du peuple pour leur permettre de se réunir» et en sécurisant les mobilisations. «Dans le respect de leur autonomie, nous devons être nombreux et nombreuses aux côtés des jeunes», peut-on encore lire dans un communiqué qui dénonce «l’escalade répressive» du gouvernement face aux «revendications légitimes» des lycéens.
La CGT indique avoir saisi, avec la Ligue des droits de l’Homme et la FCPE, le Défenseur des droits «pour l’alerter sur cette violente répression». Dans un communiqué diffusé jeudi, l’union syndicale Solidaires appelait également «à participer à la journée de mobilisation nationale du 6 octobre, y compris par la grève». Solidaires demande à ses adhérents de «se tenir aux côtés de la jeunesse en lutte dans le respect de son autonomie pour soutenir ses revendications et faire respecter le droit de manifester».
«7 millions d’euros déjà partis en fumée» en Île-de-France, déplore Valérie Pécresse
«Saccages dans les lycées d’Île-de-France : 7 millions d’euros déjà partis en fumée», a écrit sur X la présidente de la région Valérie Pécresse.
«Quel incommensurable gâchis. Les casseurs brûlent l’avenir de nos lycéens en prétendant défendre l’égalité des chances : c’est injustifiable et irresponsable !», a-t-elle ajouté.
Raphaël Glucksmann condamne les violences mais juge les revendications des lycéens «extrêmement légitimes»
Le candidat de Place publique à la présidentielle Raphaël Glucksmann a estimé que les revendications des lycéens sont «extrêmement légitimes et extrêmement importantes», tout en condamnant les «violences de manière extrêmement ferme», à l’issue de la visite d’une usine Renault, fabricant des moteurs électriques et thermiques.
Carole Delga, présidente de la région Occitanie, soutient les revendications des lycéens mais appelle au calme
Carole Delga, présidente de la région Occitanie, a tenu à s’adresser aux lycéens de sa région, alors que «les dégradations dans nos lycées représentent déjà près de 3 millions d’euros de dégâts».
«Votre colère, je l’entends. Vous avez raison de vous mobiliser, de demander de meilleures conditions d’études, des professeurs remplacés, davantage de moyens pour préparer votre avenir», assure Carole Delga en introduction de sa lettre. «Mais la violence n’est jamais une réponse.»
«Depuis mardi, les dégradations dans nos lycées représentent déjà près de 3 millions d’euros de dégâts. Ce sont 3 millions d’euros qui ne pourront pas être consacrés à améliorer vos lycées et vos conditions d’études». Et de conclure : «Alors je vous le demande : ne laissez personne détourner votre colère. Faites-vous entendre. Mais faites-le dans le calme et sans violence.»
La police nationale invite les parents dont les enfants participent aux blocus à leur rappeler des consignes de sécurité
Sur X, le compte officiel de la police national envoie un message aux parents dont les enfants participent aux blocus et mobilisations lycéennes. «Rappelez-lui les bons réflexes pour sa sécurité. La présence d’individus violents et parfois armés conduit à des situations qui peuvent rapidement dégénérer», rappelle la description de la publication, accompagnée d’une courte vidéo.
«Pour sa sécurité, il doit rester à distance et respecter les consignes des policiers.» Par ailleurs, la police nationale invite les parents disposant «d’informations concernant des faits susceptibles de présenter un risque» de les signaler sur le site «Ma Sécurité».
Le syndicat de la magistrature appelle à mettre un terme à la «brutalisation du mouvement social des lycéens»
Le syndicat de la magistrature appelle à mettre un terme à la «brutalisation du mouvement social des lycéens», rapporte Franceinfo, citant un communiqué. «Cessons de réprimer la jeunesse pour la faire taire», a-t-il ajouté.
Le syndicat accuse le gouvernement d’avoir «fait le choix d’une réponse brutale» face à «la colère légitime des lycéens (et lycéennes)». Selon lui, cette stratégie n’est «pas adaptée à la particulière vulnérabilité de ce mouvement composé essentiellement d’enfants».
Le syndicat de la magistrature fustige le «gazage des élèves, interpellations brutales, utilisation d’armes sublétales mutilantes – LBD, grenades explosives». Et de déplorer : «Aucune stratégie d’apaisement et de désescalade n’est avancée par le ministre de l’Intérieur.»
«Il y aura un mort : un proviseur ou un gamin qui passait par là», alerte Thibault de Montbrial
Le mouvement lycéen a dégénéré en émeutes partout en France. Sur le plateau de Points de Vue (Le Figaro TV), Thibault de Montbrial s’attend au pire. «Vu la trajectoire sur laquelle on est, il va y avoir un mort. Ce mort, ce sera un proviseur, un prof ou un gamin qui passait par là et qui n’était pas gréviste. Cela pourrait être aussi un automobiliste qui se prendra une pierre dans la figure alors qu’il est au volant de sa voiture », alerte l’expert en sécurité et président du Centre de réflexion sur la sécurité intérieure (CRSI).
Endommagé par un incendie, le lycée Mandela à Nantes fermé jusqu’à la Toussaint
Le lycée Nelson Mandela à Nantes, dont le hall d’entrée a été détruit par un incendie, restera fermé «jusqu’aux vacances de la Toussaint» et les cours seront assurés «en distanciel», a-t-on appris vendredi auprès de la région Pays de la Loire. «En raison des dégradations», il est «impossible» d’ouvrir l’établissement au public, le hall étant «complètement détruit». Il faut «sécuriser le lieu», a-t-on précisé de même source. Plusieurs lycées de Nantes sont par ailleurs fermés jusqu’à mardi inclus, pour des raisons de sécurité, toujours selon la région.
Au lendemain de l’impressionnant incendie qui a embrasé l’entrée du lycée Nelson Mandela, une centaine d’élèves de l’établissement se sont rassemblés vendredi dans le calme dans un parc public proche de l’établissement. Dans une prise de parole commune, autour d’une banderole et d’un portrait de l’ancienne figure anti-apartheid, les élèves ont exprimé leur désarroi et se sont désolidarisés des actions violentes, a constaté l’AFP.
«Les cours en distanciel vont renforcer les inégalités contre lesquelles on lutte», a regretté Lily, 17 ans, en terminale générale. «Je suis un peu sous le choc et en colère du fait qu’on ne parle de notre lycée que quand il y a des violences. Cela décrédibilise notre cause», a-t-elle déploré. Les cours en présentiel ne pourront pas reprendre dans cet établissement avant début novembre.
Pour Alain Patron, 68 ans et père d’un élève de terminale à Mandela, «ce qui est arrivé est à pleurer». «Des jeunes cagoulés et masqués ont mis le feu à une puis deux puis trois poubelles et c’est allé très vite (...) On a eu l’impression d’un commando organisé, décrit-il. C’est affligeant de voir que le mouvement pacifique a été débordé par la violence».
«Un lycée en feu, des lieux d’éducation pris pour cibles, ce sont des échecs, dans une démocratie qui se veut “adulte”», a déclaré la maire PS de Nantes Johanna Rolland dans un communiqué. «Pour nous c’est insupportable», a-t-elle dénoncé. Situé sur l’île de Nantes, le lycée public polyvalent Nelson Mandela accueille plus de 1700 élèves et étudiants, selon son site internet.
SONDAGE - LFI accusé d’encourager la violence dans un but électoraliste
Dans un contexte politique tendu, entre vie chère, nécessité d’économies et campagne présidentielle, la menace d’une crise sociale couvait, mais personne n’avait imaginé cette soudaine mobilisation des lycéens, qui a dérivé dans la violence ces derniers jours. Établissements bloqués, blessés, tensions diverses…
Près de 900 actions ont été recensées, jeudi, dans toute la France, par les autorités. Au point que le premier ministre, Sébastien Lecornu, a convoqué une cellule de crise interministérielle pour tenter d’apaiser une situation qui s’embrase, au sens propre, par des incendies volontaires, mais aussi sur le terrain politique avec La France insoumise (LFI), soupçonnée d’entretenir la fronde. Rejointe par les étudiants, la mobilisation lycéenne s’est durcie : des proviseurs ont été agressés et des policiers et des manifestants, blessés.
La maire de Vincennes demande aux habitants de ranger leurs poubelles et de ne laisser aucun objet sur la voie publique
La maire de Vincennes (Val-de-Marne) Charlotte Libert a envoyé ce vendredi un message à ses administrés leur demandant de ranger leurs poubelles. «Par précaution, je demande aux Vincennois de rentrer leurs poubelles, et de ne laisser aucun objet sur la voie publique aux abords des collèges et des lycées, afin de limiter les risques d’incendie et de protéger chacun.»
Un policier en civil violemment agressé à Belfort, Nuñez annonce l’ouverture d’une enquête «pour tentative d’homicide volontaire»
Dans une publication sur X, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a repartagé les images «d’une rare violence» et «insoutenables» de l’agression d’un policier à Belfort. «Le policier volontairement ciblé a été hospitalisé après avoir perdu connaissance», rapporte le ministre. «Son état n’inspire heureusement plus d’inquiétude majeure à cette heure.»
Laurent Nuñez a par ailleurs annoncé qu’une enquête a été ouverte par le procureur de Belfort «pour tentative d’homicide volontaire». «Tout sera mis en œuvre pour identifier les auteurs de cet acte abject. Total soutien aux policiers et gendarmes qui interviennent dans des conditions difficiles et quand ils engagent la force, conformément à mes instructions, ils ne font pas face à des manifestants mais à des émeutiers.»
Les faits se sont déroulés vendredi à 09H15, aux abords du lycée Courbet de Belfort, alors que l’officier en civil venait d’interpeller un jeune homme, a indiqué le procureur de Belfort, Paul-Edouard Lallois, à l’AFP. Le policier «a été pris à partie par une horde sauvage de jeunes gens qui l’ont fait tomber au sol et roué de coups de poing et de pied, notamment au niveau de la tête», a-t-il poursuivi. Le jeune interpellé en a profité pour s’enfuir.
Au lycée Guillaume-Budé (Val-de-Marne), des profs en colère contre des violences policières rejoignent les élèves
«Ce qui m’a fait rejoindre le mouvement, c’est que la police tape mes élèves !» : indignés de «l’usage disproportionné de la force» par la police, des enseignants se sont joints vendredi au mouvement de leurs élèves au lycée Guillaume-Budé à Limeil-Brévannes (Val-de-Marne).
«Je soutenais la mobilisation de loin, j’encourageais mes élèves en classe, jusqu’à l’interpellation violente de plusieurs élèves (cette semaine, NDLR). J’ai été sous le choc», explique Bastien, professeur d’économie qui a requis l’anonymat, manifestant avec des centaines de lycéens sur le parvis de l’établissement.
Une vingtaine de professeurs, en plus de plusieurs surveillants, se sont mobilisés vendredi aux côtés des élèves, marqués par le souvenir encore vif d’actes de violences perpétrées, selon les manifestants, par les forces de sécurité mercredi aux abords du lycée.
Emile, professeur d’histoire-géographie, dénonce un «usage disproportionné de la force» par la police qui fait face «à des gamins de 50 kilos». Il constate une «ostracisation des lycéens de banlieue parisienne». «On va prendre le moindre acte isolé violent pour en faire un fait national. Il suffit qu’une poubelle brûle pour qu’on oublie leurs revendications», regrette-t-il.
«On va mettre le feu à l’Élysée» : sous contrôle judiciaire, le militant d’extrême gauche Ritchy Thibault interpellé en marge d’un blocage lycéen
Ritchy Thibault ne manque jamais une occasion de faire parler de lui. Le militant anarchiste et ancien collaborateur parlementaire de la députée LFI Ersilia Soudais a été interpellé jeudi à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) en marge du mouvement de blocage des lycées, selon plusieurs vidéos diffusées en ligne par Valeurs actuelles et Europe 1. Une information confirmée au Figaro par son avocat, qui précise que Ritchy Thibault a été placé en garde à vue. Il devrait communiquer à l’issue. L’activiste était sous contrôle judiciaire avec interdiction de participer à une manifestation.
À Paris, les images du lycée professionnel Gaston-Bachelard endommagé par les flammes
L’entrée du lycée professionnel Gaston-Bachelard dans le XIIIe arrondissement de Paris a été noircie par les flammes ce vendredi 2 octobre. Un feu de vélo et de poubelles s’est propagé aux grilles de l’établissement, a indiqué la préfecture de police. Les sapeurs-pompiers de Paris ont éteint le feu vers 07H55, selon la même source.
Les portes d’entrée et les marches menant à l’établissement ont été endommagées, et quelques vitres cassées par l’incendie, selon un photographe de l’AFP.
564 établissements perturbés ce vendredi
564 établissements ont fait ou font l’objet d’actions ou de perturbations depuis le début de la journée, a appris Le Figaro du ministère de l’Éducation nationale.
Le ministre Édouard Geffray avait indiqué plus tôt dans la matinée que près de 400 lycées (sur les 3700 dans le pays) étaient fermés vendredi, de nombreux établissements prévoyant d’assurer les cours à distance.
A Paris, le lycée de Beaugrenelle incendié par des manifestants
«Rue Saint Charles à Paris, le lycée de Beaugrenelle a été incendié par les manifestants ce vendredi matin. Des pétards sont également lancés alentour par les adolescents», constate sur place l’envoyée spéciale du Figaro.
La conseillère de Paris en charge des lycées Inès de Raguenel et la conseillère régionale Catherine Michaud dénoncent une «violence injustifiable».
600 individus interpellés ce vendredi à 11 heures
600 personnes ont été interpellées ce vendredi à 11 heures, a appris Le Figaro de source policière.
«Tuez-la !» : une policière agressée à Paris en marge des blocages lycéens
Cette scène «intorélable» est dénoncée à l’unisson par le ministre de l’Intérieur, la préfecture de police et les syndicats de police. «Une policière traquée comme une proie», cingle notamment Alliance Police en relayant les images des faits dénoncés. On y voit une policière poursuivie en courant par un groupe de jeunes proférant des insultes. «Sale p*te ! Tuez-la !». L’un d’entre eux la rattrape et la fait chuter. Ils s’agglutinent autour d’elle. «Alors que la fonctionnaire se trouvait à terre, elle aurait reçu plusieurs coups de pied», indique la préfecture de police de Paris contactée par Le Figaro.
Ces faits se sont déroulés jeudi après-midi, avenue Gambetta, dans le XXe arrondissement de Paris, en marge des manifestations lycéennes. La victime est une lieutenant stagiaire qui intervenait en renfort place Auguste-Métivier, dans le XIe arrondissement. Au cours de la journée, la situation s’est tendue et les forces de l’ordre présentes sur place ont été confrontées à «une centaine de manifestants visant les effectifs de police. La lieutenant stagiaire s’est arrêtée pour récupérer une radio de police tombée au sol. Elle a alors été rattrapée par plusieurs individus la menaçant de mort», souligne la préfecture de police.
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La Ciotat : un enseignant du lycée de la Méditerranée «aspergé d’essence»
Un enseignant du lycée de la Méditerranée de La Ciotat (Bouches-du-Rhône) a été «aspergé d’essence» et «a pris un coup de pied», alors qu’il tentait de calmer la situation «très tendue» sur place, a appris Le Figaro auprès du rectorat de l’académie Aix-Marseille.
L’auteur a été identifié. Interpellé, il a été relâché «en raison de la virulence des lycéens qui faisaient face aux policiers». Un véhicule léger de la police a également été «aspergé d’essence», sans départ de feu.
Éric Ciotti veut «couper les allocations sociales» et «retirer les logements sociaux» des parents de casseurs
«Oui, il faut faire payer les parents de casseurs. L’annonce du ministre de la Justice va dans le bon sens», estime le maire (UDR) de Nice, après que Gérald Darmanin a annoncé avoir exhorté les procureurs à requérir «la responsabilité civile» des parents des mineurs coupables de casse.
«Mais il faut aller plus loin : couper les allocations sociales et retirer les logements sociaux. Le groupe UDR dépose une proposition de loi pour le permettre», ajoute-t-il sur X.
Le maire du 17e arrondissement de Paris condamne «les dégradations» commises «par des factieux extrémistes»
«Je condamne fermement les dégradations commises ce matin à l’entrée de plusieurs établissements du 17e arrondissement par des factieux extrémistes. Les revendications lycéennes ne peuvent justifier aucune violence. Soutien aux policiers pris pour cible dans l’exercice de leur mission», écrit sur X Geoffroy Boulard (LR).
Dans une lettre, le préfet des Pyrénées-Orientales demande aux parents des mineurs interpellés «d’exercer leur autorité»
«J’ai décidé d’écrire personnellement aux parents des mineurs qui ont été interpellés pour des faits de violences ou de dégradations dans le contexte des manifestations lycéennes. Dans cette lettre, je rappelle la gravité des faits constatés et je demande aux parents d’exercer leur autorité parentale», annonce sur X le préfet des Pyrénées-Orientales Pierre Regnault de la Mothe.
«Je tiens à vous exprimer ma plus vive réprobation face au comportement inacceptable de votre enfant (…) Je vous enjoins de veiller sans délai à ce que le comportement de votre enfant soit conforme aux lois et règlements», écrit-il.
Nantes : dix jeunes interpellés ce matin, grande tension aux abords du lycée Bougainville
À Nantes (Loire-Atlantique), dix jeunes ont été interpellés vendredi en début de matinée, en particulier aux abords du lycée Bougainville, à l’occasion de la nouvelle journée de mobilisation lycéenne.
Les forces de l’ordre ont procédé, dans une grande tension, à des dispersions de rassemblement et à la levée de plusieurs tentatives de blocus, en essuyant des tirs de mortier aux alentours de 8 heures. Au moins une personne interpellée était armée d’une barre de fer.
Renforcés dès jeudi soir par des unités venues du reste du département, d’importants effectifs de police et de CRS ont été déployés en centre-ville pour faire appliquer les arrêtés préfectoraux interdisant tout rassemblement autour de plusieurs établissements scolaires. La situation semblait revenue au calme en fin de matinée, en amont d’un rassemblement étudiant prévu à 13h au miroir d’eau, devant le château des Ducs de Bretagne.
Simon Cherner, journaliste Le Figaro Nantes.
REPORTAGE - « Wesh, il a brûlé » : à Nantes, sidération après l’incendie du lycée Nelson Mandela
Une élève en pleurs serre son amie dans les bras. Devant le lycée Nelson Mandela, à Nantes, c’est la sidération. « Wesh, notre lycée a brûlé », s’exclament des lycéens arrivant devant un établissement scolaire partiellement calciné. À 9h15 ce jeudi matin, les pompiers et les CRS étaient encore présents sur place. Une heure plus tôt, un incendie s’est propagé à l’intérieur de ce lycée international situé sur l’île de Nantes, et inauguré en 2014. Sur leurs téléphones, les jeunes visionnent avec émotion d’immenses flammes d’une dizaine de mètres dans le hall d’entrée.
Des personnels qui travaillaient à l’intérieur ont été évacués tôt. « Dès 8h, on a vu des flammes rentrer », raconte une interne en classe de terminale, qui ne sait pas dans quel état est sa chambre. Elle a appris en revanche que celle d’une de ses amies a brûlé. Le self aurait aussi été touché. Une chose est sûre, il s’agit d’un « incendie volontaire », selon la proviseure adjointe, qui s’est confiée à l’AFP.
Sur place, les témoignages recueillis convergent vers une même version. Les fauteurs de troubles ne seraient pas les lycéens de Nelson Mandela, mais des jeunes extérieurs qui les auraient rejoints. Ces casseurs cagoulés et vêtus de noir auraient jeté des pavés sur les vitres, et lancé des mortiers sur la façade. Certains indiquent que le feu serait parti d’une poubelle. « Nous, on a participé à quelque chose mardi. On avait des choses à dire sur le permis de tuer, les APL qui baissent, la loi Cazeneuve… Là, c’est vraiment décevant », reprend la jeune interne, déplorant ces intrusions violentes. Selon les versions, certains pensent qu’il pourrait s’agir de jeunes venus d’autres lycées, voire d’ailleurs.
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18 lycées fermés en région bordelaise, selon le parquet de Bordeaux
En Région bordelaise, 18 lycées sont fermés dans le cadre de la manifestation nationale de revendication des lycéens. Environ 6000 lycéens sont mobilisés, notamment à Bordeaux, Mérignac, Bègles, Langon et Libourne selon le parquet de Bordeaux.
Près de 500 gendarmes, policiers et sapeurs-pompiers ont été dépêchés sur le terrain pour faire face aux nombreuses infractions relevées. La Belle Endormie n’ayant pas été épargnée par les scènes de destruction par le feu des biens publics et privés, de jets de pavés, de mortiers et de projectiles et d’intrusions dans les établissements scolaires. Cinq policiers et un sapeur-pompier est policiers ont été blessés, tandis que deux enseignantes ont été pris à partie devant leur lycée.
Quatre blessés sont aussi à déplorer parmi les lycéens. Le recteur de la Gironde, Jean-Marc Huart, doit recevoir 58 élèves élus aux Conseils de la vie lycéenne ce lundi à 11 heures pour ouvrir «un espace dialogue et de concertation». la préfète de la Gironde, Sophie Brocas, et le vice-président de l’Éducation en Nouvelle-Aquitaine, Jean-Louis Nembrini, seront à ses côtés.
Marie-Hélène Hérouart, journaliste Le Figaro Bordeaux.
Une enquête ouverte après l’agression filmée d’une policière à Paris
Le parquet de Paris a indiqué vendredi avoir ouvert une enquête après «la diffusion sur les réseaux sociaux d’images d’une policière agressée en marge des blocus des lycées».
Cette enquête pour «violences en réunion sur personne dépositaire de l’autorité publique» a été confiée à la sûreté territoriale, a précisé le parquet, sollicité par l’AFP.
«Une jeune lieutenant stagiaire de la préfecture de police a été poursuivie, projetée au sol et agressée par plusieurs individus dans le 20e arrondissement de Paris», avait déploré le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez dans un message sur X jeudi.
Il avait promis de «retrouver et poursuivre en justice» les auteurs de cette agression, et évoqué quelque 300 policiers et gendarmes «blessés en intervention» jeudi.
Au lycée Roger Verlomme (15e arr. de Paris), la situation a dégénéré
Au lycée Roger Verlomme (15e arrondissement de Paris), la situation a dégénéré. La porte du lycée est complètement calcinée, plusieurs vélos sont également brûlés. Une centaine d’élèves sont devant le lycée, la plupart encore choqués.
Le feu se serait déclenché à la suite de tirs de mortier en direction de la porte de l’établissement. Les circonstances sont floues. Selon les lycéens, des élèves de l’établissement sont venus ce matin avec des mortiers. Une «maman d’élève» de la primaire d’à côté serait intervenue pour empêcher les jeunes de tirer. Un affrontement aurait eu lieu et les tirs se seraient, par inadvertance, dirigés vers le lycée. En «deux minutes», les pompiers sont rapidement intervenus pour éteindre le feu.
Romain Mercier, journaliste au Figaro Étudiant.
Les deux enfants de François Ruffin participent aux manifestations, il évoque «de la tendresse»
«Je suis père de deux enfants et tous les deux participent aux manifestations lycéennes. Il y a la tendresse de les voir faire ce que nous avons fait avant eux, de les voir s’engager et vivre cette formation civique, politique et collective», a écrit sur X François Ruffin, député Debout! de la Somme et candidat à l’élection présidentielle.
L’élu a également fait part de son «inquiétude» à l’idée «qu’ils se retrouvent coincés entre la police et les casseurs.» Sur BFMTV ce matin, il défendait l’idée d’une «réponse politique» aux blocages.
«Ils nous décrédibilisent» : des mobilisations lyonnaises noyautées par des casseurs
À Lyon, le quartier Foch, dans le cossu 6e arrondissement, a été noyé sous les lacrymogènes autour de 10 heures ce vendredi matin en réponse à des tirs de mortiers d’artifice. De nombreux élèves du lycée Herriot voisin sont rassemblés, tandis que l’établissement a gardé portes closes. « Il y a des gens qui ne sont pas du lycée et viennent avec des mortiers, ils nous décrédibilisent », regrette un élève, pancarte en main.
Au total 44 établissements du département du Rhône n’ont pas ouvert ce vendredi matin. En presqu’île lyonnaise, la situation est également tendue devant le lycée Ampère. L’établissement était ouvert mais accueille plus d’élèves en raison d’un important rassemblement devant la porte. De très nombreux CRS casqués sont présents aux abords de l’école.
Par Antoine Sillières, Le Figaro Lyon.
Les forces de l’ordre tentent de lever un barrage à Quimper
«À Quimper, au lycée Chaptal où plusieurs centaines de jeunes sont rassemblés, les forces de l’ordre font usage de gaz lacrymogène pour lever le blocage», relate ce vendredi matin le média «ICI Breizh Izel» (ex-France Bleu Breizh).
Les images publiées par le média montrent des lycéens s’enfuir face aux vagues de gaz lacrymogène projeté par les forces de l’ordre.
Les entrées de deux lycées parisiens endommagées par le feu
Le feu a endommagé les entrées de deux lycées parisiens en plein mouvement de contestation de lycéens en France, a constaté vendredi matin un photographe de l’AFP.
Les sapeurs-pompiers de Paris sont intervenus au lycée Léonard de Vinci dans le XVe arrondissement (sud de la capitale) pour éteindre les flammes au pied de la grille d’entrée.
Dans le sud-est de Paris, dans le XIIIe arrondissement, l’entrée d’un lycée professionnel a été noircie par les flammes après qu’un feu de vélo et de poubelles s’est propagé aux grilles de l’établissement, a indiqué la préfecture de police. Les sapeurs-pompiers de Paris ont éteint le feu vers 07h55, selon la même source.
Quatre mineurs déférés jeudi à Toulon, une dizaine d’autres présentations devant le juge ce vendredi
À Toulon, quatre mineurs ont été déférés hier au tribunal judiciaire. Ils sont soupçonnés d’avoir commis des infractions dans le cadre des blocus lycéens.
Parmi eux : un mineur de 16 ans soupçonné d’avoir jeté des pierres contre les forces de l’ordre le 30 septembre devant son lycée de Six-Fours-les-Plages et de s’être rebellé pendant son interpellation, blessant un policier. Il a été présenté à un juge des enfants et confié à la protection judiciaire de la jeunesse en attendant son jugement.
Deux autres mineurs de 16 ans ont fait l’objet d’une mesure de réparation pénale pour avoir dégradé la fenêtre d’un lycée et d’avoir incendié une poubelle devant un établissement de Toulon. Enfin, un mineur de 13 ans a reconnu avoir lancé un tube en acier en direction de la proviseure d’un lycée, sans que cette dernière ne soit atteinte.
Le procureur de la République de Toulon indique que nombreuses autres gardes à vue sont en cours et une dizaine de défèrements devant le parquet est déjà programmée pour la journée du 2 octobre.
Nicolas Farmine, journaliste Le Figaro Marseille
DÉCRYPTAGE - La bascule et l’escalade du mouvement lycéen ébranlent l’exécutif
Une situation en passe de devenir hors de contrôle. Trois jours après la première mobilisation nationale des lycéens, l’appel au blocage du 1er octobre, auquel se sont joints les étudiants, a vu la violence monter d’un cran, avec plusieurs incendies devant des établissements, des échauffourées avec les forces de l’ordre, ainsi que des élèves et personnels d’éducation blessés. Le premier ministre, Sébastien Lecornu, a convoqué une cellule de crise jeudi après-midi. Selon les services de renseignements français, le mouvement de blocus des lycées est une « manœuvre organisée par LFI et ses proxys de l’ultragauche », a indiqué Matignon à l’issue de cette réunion.
De source gouvernementale, « 900 établissements ont été perturbés » jeudi et 1949 personnes interpellées. Trois types de profils sont à l’œuvre : des jeunes « très politisés » en première ligne, une « grande masse de lycéens » et des « perturbateurs venus de cités » qui utilisaient des mortiers d’artifice et procédaient à des pillages. Les tribunaux du ressort de Paris (Paris, Bobigny, Créteil…) recensaient en fin d’après-midi 130 gardes à vue de mineurs et 42 défèrements. Depuis lundi, 1793 gardes à vue ont été comptabilisées en France.
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«Si vous n’écoutez pas les lycéens, ce mouvement va continuer et s’étendre», prévient Éric Coquerel
Appelle-t-il au calme en ce vendredi matin ? S’il refuse de répondre à cette question, c’est que le député insoumis Éric Coquerel «appelle surtout à continuer à soutenir cette mobilisation». «Avant de parler des quelques débordements survenus, il faut peut-être d’abord écouter ce que disent ces jeunes», a fait savoir le président de la commission des finances de l’Assemblée.
Et si «les télévisions - qui parfois filment pendant 40 minutes des poubelles en feu comme si on était en guerre - allaient plutôt parler aux jeunes, ils verraient qu’ils ont des revendications très précises».
Et les revendications sont longues si l’on en croit l’élu, qui cite notamment les conditions de travail dégradées, les classes surchargées ainsi que le manque d’infirmier et de médecin scolaire dans quasiment tous les lycées. Il évoque aussi «l’angoisse de Parcoursup» qui, cette année, «est une vraie boucherie» pour «des centaines de lycéens qui n’ont pas d’affectation».
«Avant de traiter la question des événements spectaculaires, comme l’incendie à Nantes qu’on condamne évidemment, il faudrait les écouter (…) Car si vous n’écoutez pas les lycéens, ce mouvement va continuer et s’étendre», prévient-il, alors que ce qu’il se passe aujourd’hui dans ces établissements scolaires est, selon lui, «insupportable».
«Battons-les dans les urnes» : Philippe sceptique face à l’interdiction de LFI proposée par Retailleau
Édouard Philippe dénonce «l’exploitation cynique des lycéens par LFI», en pleine mobilisation dans les lycées, mais il préfère mener un «combat politique» plutôt qu’un «combat juridique» contre la gauche radicale. Un désaccord avec son rival des Républicains, Bruno Retailleau, convaincu que la «question se pose» d’interdire la formation de Jean-Luc Mélenchon, qu’il accuse d’«essayer d’organiser l’insurrection».
L’interdiction de LFI, «je ne crois pas que ce soit possible d’un point de vue juridique, je suis même certain que ça ne l’est pas. Et surtout, je crois que ce n’est pas sur ce terrain qu’il faut lutter contre La France insoumise, contre ses excès», a indiqué l’ancien premier ministre jeudi, lors d’une réunion publique à Annemasse (Haute-Savoie). «Battons-les dans les urnes», a-t-il fait valoir, «n’ayons pas peur de la démocratie».
Entre 25 et 30 millions d’euros de dégâts en Auvergne-Rhône-Alpes
Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Fabrice Pannekoucke a estimé vendredi à «entre 25 et 30 millions d’euros» les dégâts provoqués par les violences liées au blocage des lycées, répétant que les «casseurs» devront être «pénalisés» financièrement.
«On est dans l’estimation, et, à date, nous sommes entre 25 et 30 millions d’euros» de dégâts, «entre les établissements, les abords des établissements et les véhicules attaqués», a déclaré le président LR de la Région sur la radio franceinfo. Selon lui, 93 lycées restaient fermés vendredi sur un peu plus de 300 dans la région.
Il a également affirmé que les services de la région procédaient à «l’identification» des «fauteurs», travaillant «main dans la main dans ce sens avec les forces de l’ordre, y compris avec la préfecture».
«Ils se mettent en scène, il y a beaucoup de vidéos sur les réseaux sociaux, on a aussi des captations de nos vidéo-surveillance, et des vidéos faites directement dans les établissements», a-t-il détaillé.
«Il faut poursuivre chacun de ces casseurs pour que chaque euro de dégât soit un euro de pénalisation qui arrive derrière. Le contribuable ne peut être appelé sur des évènements comme celui-là», a aussi affirmé le chef de l’exécutif régional, reprenant la position de Laurent Wauquiez, patron des députés LR et conseiller spécial de la région Auvergne-Rhône-Alpes.
«Les casseurs devront payer», avait-il lancé jeudi, assurant que la région préparait «le dépôt de plus de 400 plaintes», visant à «demander devant la justice des réparations», à ceux qui «ont transformé nos lycées en scènes de guerre».
L’ancien président de la région Auvergne-Rhône-Alpes avait aussi annoncé la suspension des aides régionales versées aux «casseurs et à leurs familles», citant les Pass-Région, la tarification des cantines ou des transports scolaires.
Le ministre de l’Éducation demande l’aide des parents car «dans la rue, les enfants sont en danger»
Le ministre de l’Éducation Édouard Geffray a demandé vendredi de l’aide aux parents car «dans la rue, les enfants sont en danger».
«Les parents, très clairement doivent se mobiliser et dire à leurs enfants de ne pas aller» dans les blocages, a-t-il enjoint sur BFMTV. «Maintenant ce qui compte c’est de faire en sorte que nos enfants ne soient plus dans la rue parce qu’ils sont en danger».
Les blocages des lycées sont un «laboratoire du chaos» organisé par LFI, selon François-Xavier Bellamy
«Ce n’est pas une mobilisation lycéenne, ce n’est pas un mouvement lycéen, c’est un laboratoire du chaos», dénonce François-Xavier Bellamy. Selon lui, La France insoumise organise à travers ces blocages «la répétition générale du chaos qu’elle cherche à organiser en France». «La question de la dissolution de LFI doit être posée aujourd’hui», a-t-il ajouté.
L’eurodéputé appelle à répondre à chaque acte violent commis en marge de la mobilisation par des sanctions «immédiates» et «visibles». Il met également en cause la responsabilité des parents : «Il faut que les familles sachent que si elles laissent leurs enfants partir dans des mouvements violents comme ceux-là, elles auront elles aussi à en rendre des comptes.»
40 proviseurs ont été blessés, déplore le ministre de l’Éducation nationale
Quarante proviseurs ont été blessés depuis le début du mouvement de blocage des lycées, a annoncé vendredi Édouard Geffray.
«À ce stade, on a eu 65 personnels blessés, 40 proviseurs parmi eux. 40 quand même», a déclaré le ministre sur BFMTV, sans entrer dans le détail des blessures les concernant.
Une centaine de lycées «ont connu des dégradations sévères», annonce Édouard Geffray
«Depuis le début de la semaine, plus d’une centaine de lycées ont connu des dégradations sévères», a annoncé ce vendredi sur BFMTV le ministre de l’Éducation nationale.
Gérald Darmanin exhorte les procureurs à requérir «la responsabilité civile», «c’est-à-dire que les parents soient solidaires financièrement des exactions de leurs enfants»
«Lorsqu’on s’attaque à des professeurs, quand l’on s’attaque aux services publics, évidemment, il faut que la Justice soit au rendez-vous. Il y a une minorité agissante et violente. On doit interpeller ces personnes et les présenter devant la justice», a déclaré le garde des Sceaux sur RTL. Environ 1800 personnes (1793) ont été placées en garde à vue depuis lundi à la suite d’interpellations par les forces de l’ordre lors de débordements dans le cadre du mouvement de blocage des lycées, a annoncé jeudi soir la Chancellerie. «Dont 90% de mineurs», tandis qu’un tiers des interpellés l’ont été pour des violences commises contre les personnes.
«J’ai demandé aux procureurs généraux de faire requérir par les procureurs une réponse ferme, la plus rapide possible, mais surtout de demander la responsabilité civile, c’est-à-dire que les parents soient solidaires financièrement des exactions de leurs enfants», a ajouté le ministre de la Justice.
«Ce n’est pas le rôle des politiques» : Olivier Faure critique l’appel de LFI à la mobilisation lycéenne
«Il n’appartient pas aux politiques de dire aux lycéens ce qu’ils doivent faire», a déclaré Olivier Faure ce vendredi matin sur RTL. Interrogé sur les appels de LFI à la mobilisation, le premier secrétaire du PS a répondu : «Ce n’est pas le rôle des politiques. Le rôle des politiques, c’est de donner des réponses, pas d’organiser le mouvement social.»
Il estime par ailleurs que le mouvement lycéen a été «récupéré par des casseurs» qui l’ont «dévoyé».
L’éditorial de Vincent Trémolet de Villers : « Jean-Luc Mélenchon, la stratégie de l’école brûlée »
La mélenchonologie est une science inexacte. Le matin, on nous promet un Insoumis tempéré - écharpe et chapeau mitterrandien ; l’après-midi, on retrouve un révolutionnaire excité à la première étincelle. La violence volontaire ? Les futurologues la prévoyaient en cas de second tour face à Marine Le Pen. Le premier est dans sept mois et pourtant, mardi, on ne trouvait pas moins de quarante élus de LFI attisant la colère partout où c’est possible en France. Le conflit plutôt que le débat, la tension contre la délibération : on l’a compris, ce mouvement cédera toujours à la tentation d’une émeute, quel que soit le candidat, quel que soit le résultat, quelles que soient les circonstances. Le manichéisme du « eux » et « nous » expulse sans ménagement tous ceux qui se détournent de la doctrine Insoumise. Il repose sur un renversement sémantique à faire rosir de plaisir un marxiste-léniniste.
Ainsi, il n’y a pas d’« ensauvagement » de la société, mais une « sauvagerie policière ». L’État n’est plus dépositaire de la violence légitime, c’est « la jeunesse » qui est autorisée à se venger des poubelles, des camions de pompiers, des écoles refaites à neuf. Le racialisme ? Jean-Luc Mélenchon, qui évacuait ce soupçon lors de sa déclaration de candidature, en fait très dangereusement un clivage. En dénonçant comme « raciste » Valérie Pécresse, BFMTV ou Sébastien Lecornu ; en échauffant les esprits par cette accusation morale, la gauche radicale en fait évidemment des cibles.
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Près de 2000 personnes interpellées jeudi en France
Près de 2000 personnes ont été interpellées jeudi en France, a annoncé le ministère de l’Intérieur, lors de l’acte II de ce mouvement de la jeunesse, qui réclame davantage de moyens pour l’Education nationale.
Le ministre Laurent Nuñez, qui a réuni jeudi soir les préfets, directeurs de la police et de la gendarmerie et responsables des services de renseignement, a dénoncé «une aggravation de la situation qui n’a plus rien de l’expression légitime de revendications lycéennes mais présente désormais toutes les caractéristiques d’une situation de violences urbaines».
EXCLUSIF - la note de renseignement qui pointe le rôle clé de LFI
Le Figaro a eu accès aux analyses du service de renseignement à la main du préfet de police de Paris. Dans une note récente, dont nous publions les extraits, ces fonctionnaires alertent leur hiérarchie et remettent à plat les événements pour bien comprendre comment la révolte gagne du terrain, attisée, selon eux, par la gauche la plus radicale.
La galaxie Mélenchon à la manœuvre, vraiment ? Le premier ministre, Sébastien Lecornu, en est convaincu : « LFI et ses proxys de l’ultragauche » sont « à l’origine du mouvement » qui a basculé en « violences urbaines », croit pouvoir affirmer l’hôte de Matignon. Ses services relèvent que, ce 29 septembre, une vingtaine d’élus nationaux LFI étaient d’ailleurs « impliqués dans le mouvement », de Lille à Rennes, en passant par Toulouse, Albi, Rouen, Clermont-Ferrand, Bègles ou Avignon.
« Actions lycéennes en Seine-Saint-Denis : un mouvement à la physionomie inédite ». Ainsi est titré le rapport dont nous extrayons les éléments clés. Ses conclusions témoignent, à tout le moins, qu’il y a lieu de prendre l’affaire des lycées très au sérieux. Car le mouvement s’est étendu dans de nombreuses villes en région désormais, avec des agressions commises, y compris contre des professeurs, de multiples dégradations et incendies qui se propagent, de Nantes à Marseille, selon des ressorts que les experts parisiens pensent avoir cernés, pour leur part, sur leur territoire.
Blocage des lycées : la note de renseignement qui pointe le rôle clé de LFI
Le mouvement de blocage des lycées devrait se poursuivre ce vendredi
Le mouvement de blocage des lycéens et des étudiants, qui s’est enflammé jeudi dans plusieurs grandes villes de France, devrait se poursuivre vendredi, le gouvernement espérant l’apaisement après avoir condamné des «violences urbaines». À sept mois de la présidentielle, dans un climat social et politique électrique, cette mobilisation est plus que sensible.
Tous les préfets ont pris jeudi soir des arrêtés d’interdiction de manifester vendredi aux abords des lycées fermés ce jour-là, en réponse à un mouvement de blocage des établissements émaillé de violences, a appris l’AFP auprès du ministère de l’Intérieur.
Ainsi le préfet de police de Paris, Patrice Faure, a interdit les rassemblements aux abords de 13 lycées parisiens fermés vendredi, dont les noms ont été énumérés dans l’arrêté. Dans tous les départements, la même consigne a été donnée, a-t-on ajouté au ministère de l’Intérieur.
Bonjour à tous
Bonjour à tous, soyez les bienvenus sur ce direct consacré au mouvement de blocage des lycées, qui se poursuit ce vendredi.
Retrouvez tous les articles consacrés à ce sujet sur le site du Figaro.
À retenir
- Près de 2000 personnes ont été interpellées jeudi en France, a annoncé le ministère de l’Intérieur, lors de l’acte II de ce mouvement de la jeunesse, qui réclame davantage de moyens pour l’Éducation nationale.
- Le ministre Laurent Nuñez, qui a réuni jeudi soir les préfets, directeurs de la police et de la gendarmerie et responsables des services de renseignement, a dénoncé «une aggravation de la situation qui n’a plus rien de l’expression légitime de revendications lycéennes mais présente désormais toutes les caractéristiques d’une situation de violences urbaines».
- Selon les services du premier ministre, ce serait une «manœuvre organisée par LFI et ses proxys de l’ultragauche». Suite à ces accusations, le coordinateur de LFI Manuel Bompard a reproché à Matignon de «sombrer dans le complotisme».
Schtroumpfarceur
le
JAMAIS on aura eu un si bon president ! on porte beaucoup d espoirs sur la releve ! c est ce que me disent TOUS les vitriers !
On-peut-être-content
le
L'État est formidable. Il flingue les retraités qui le respectent malgré leur opposition et encense les jeunes qui cassent, et ne le respectent pas. L'État est promoteur de l'inversion des valeurs qui ruine notre pays
Schtroumpfarceur
le
JAMAIS le pays n aura connu une telle harmonie , j en suis rendu à supposer qu il y a un concours interne entre ministères !
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