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HACA : Avec 1,4 million d’abonnés, le RNI domine Facebook, mais le PAM le devance en interactions

Avoir des centaines de milliers d’abonnés ne garantit pas une forte capacité de mobilisation numérique. C’est l’un des principaux enseignements d’une étude de la Haute Autorité de la communication audiovisuelle (HACA), qui dresse un état des lieux de la présence en ligne des partis politiques marocains représentés au Parlement. Réalisée entre janvier et mai 2026, en dehors de toute campagne électorale, l’enquête montre que la performance numérique repose moins sur la taille de l’audience que sur la capacité à générer de l’interaction et de l’engagement. Intitulée « Réseaux sociaux et communication politique : entre impact et risques de désinformation », cette étude, élaborée par le groupe de travail consacré à la régulation et aux médias numériques, analyse l’activité de douze formations politiques sur Facebook, TikTok, X, YouTube ainsi que sur leurs sites internet officiels. L’objectif est de mesurer leur visibilité, leur régularité de publication et leur aptitude à maintenir un lien avec les citoyens en dehors des périodes électorales. Les partis concernés sont le Rassemblement national des indépendants (RNI), le Parti authenticité et modernité (PAM), le Parti de l’Istiqlal (PI), l’Union socialiste des forces populaires (USFP), le Mouvement populaire (MP), le Parti du progrès et du socialisme (PPS), l’Union constitutionnelle (UC), le Parti de la justice et du développement (PJD), le Mouvement démocratique et social (MDS), le Front des forces démocratiques (FFD), la Fédération de la gauche démocratique (FGD) et le Parti socialiste unifié (PSU). Facebook, toujours au cœur de la communication partisane La plateforme de Meta demeure de loin l’espace privilégié des formations politiques marocaines. Entre janvier et mai 2026, les onze partis actifs sur Facebook ont publié 2.651 contenus, générant plus de 1,17 million d’interactions. En termes d’audience, le RNI domine avec près de 1,4 million d’abonnés, devant le PJD (1,2 million), le PAM (562.000), le PPS (389.000), l’Istiqlal (156.000) et l’USFP (145.000). Mais ce classement est bouleversé lorsqu’on s’intéresse à l’engagement. Le PAM arrive en tête du nombre total d’interactions avec 390.733 réactions, commentaires et partages, suivi du PJD (336.268) et du RNI (177.470). Rapporté à la taille de la communauté, le Mouvement populaire affiche toutefois la meilleure performance avec un taux d’engagement de 135,6 %, devant le PAM (69,5 %) et l’Istiqlal (62,4 %). À l’inverse, le RNI ne dépasse pas 12,7 %, tandis que l’Union constitutionnelle plafonne à 1,5 %. Pour la HACA, ces chiffres illustrent les limites des indicateurs bruts. Une communauté importante n’implique pas automatiquement une forte capacité de mobilisation, tout comme une audience réduite peut générer une activité particulièrement intense. Les stratégies de publication diffèrent également sensiblement. Le PJD a publié 733 contenus durant la période étudiée, contre 471 pour le PPS, 371 pour le RNI, 330 pour le PAM et 306 pour l’Istiqlal. À l’autre extrémité du classement, l’Union constitutionnelle n’a publié que 15 contenus, contre 77 pour le Mouvement populaire. TikTok, terrain favorable au PAM L’étude révèle également l’importance croissante de TikTok dans les stratégies numériques partisanes. Six partis ont été analysés sur cette plateforme : le PAM, le RNI, le PPS, le Mouvement populaire, la Fédération de la gauche démocratique et l’Istiqlal. Au total, 925 vidéos ont été publiées, générant plus de 2,4 millions de vues et 59.461 interactions. Le PAM se distingue très nettement : avec seulement 52 vidéos, il cumule 1.911.992 vues, soit près de 80 % du total enregistré par les six partis. Le PPS arrive loin derrière avec 241.042 vues, suivi de la Fédération de la gauche démocratique (103.253) et du RNI (101.910). Paradoxalement, c’est le RNI qui a produit le plus de contenus, avec 686 vidéos mises en ligne sur la période. Cette hyperactivité n’a toutefois pas été synonyme de performance : son taux d’engagement atteint 1,07 %, contre 2,65 % pour le PAM et 2,63 % pour la Fédération de la gauche démocratique. L’étude conclut ainsi que la fréquence de publication ou le nombre d’abonnés ne suffisent pas à expliquer les résultats. La nature des contenus, leur adéquation avec les attentes du public et leur potentiel de diffusion jouent un rôle déterminant. Sur X, l’USFP tire son épingle du jeu Le constat est similaire sur X, où seuls quatre partis remplissaient les critères retenus pour l’analyse : le RNI, le PAM, le PPS et l’USFP. Le RNI dispose de la plus importante communauté avec 31.400 abonnés, loin devant le PAM (10.700), le PPS (6.957) et l’USFP (3.122). Il est également le plus actif avec 619 publications, contre 296 pour le PAM, 49 pour le PPS et 48 pour l’USFP. Pourtant, l’USFP enregistre le meilleur niveau d’interaction, avec 253 réactions au total, contre 106 pour le RNI, 59 pour le PPS et 39 pour le PAM. Son taux de participation atteint 2,73 %, loin devant celui du PPS (1,67 %), du RNI (0,33 %) et du PAM (0,27 %). La HACA y voit une nouvelle illustration du décalage entre quantité de contenus produits et efficacité réelle de la communication numérique. Une multiplication des publications sans engagement proportionnel peut, au contraire, diluer la visibilité des contenus. Le PJD domine YouTube Sur YouTube, cinq partis ont été étudiés : le PJD, le RNI, le PAM, le PPS et le Mouvement populaire. Les chaînes concernées ont diffusé 507 vidéos, totalisant 1,77 million de vues et plus de 24.000 interactions. Le PJD arrive en tête du nombre d’abonnés avec 102.000 inscrits, devant le PAM (47.200) et le RNI (27.300). Le RNI est le plus actif avec 186 vidéos publiées, qui cumulent 851.944 vues. Le PJD suit avec 169 vidéos, 800.285 vues et surtout 21.800 interactions. En matière d’engagement, le PJD domine nettement avec un taux de 2,72 %, devant le PPS (1,71 %) et le Mouvement populaire (1,21 %). Le RNI n’atteint, lui, que 0,09 %. Selon l’étude, les performances du RNI ont été largement portées par une vidéo devenue virale, sans que cette visibilité ponctuelle ne se traduise par un niveau d’interaction comparable. À l’inverse, le PJD présente un équilibre plus solide entre production, audience et participation. Les sites web, un espace dominé par trois partis L’étude s’est également intéressée aux sites internet officiels des douze formations politiques. Sur les 3.865 articles publiés durant les cinq mois observés, près de la moitié provient du seul PJD, avec 1.849 articles, soit 47,9 % de la production totale. Le PAM suit avec 948 articles (24,5 %), tandis que le RNI en publie 524 (13,6 %). Ensemble, ces trois partis concentrent près de 86 % des contenus mis en ligne sur les sites officiels. L’USFP arrive ensuite avec 142 articles, devant le PPS (134), le Mouvement populaire (110), le Front des forces démocratiques (83) et la Fédération de la gauche démocratique (41). À l’autre extrémité, l’Union constitutionnelle ne publie que huit articles, tandis que l’Istiqlal et le Mouvement démocratique et social n’en diffusent qu’un seul chacun sur l’ensemble de la période. La HACA rappelle néanmoins que ce critère mesure uniquement la fréquence de publication et non l’influence réelle ou la qualité des contenus. Une influence numérique à géométrie variable Au terme de son analyse, l’instance de régulation estime que le « poids numérique » d’un parti ne peut être réduit ni au nombre d’abonnés ni au volume de publications. Facebook demeure le principal espace de proximité avec les citoyens, TikTok offre un fort potentiel de viralité auprès des jeunes publics, YouTube favorise les formats explicatifs, X reste un outil de réaction rapide à l’actualité, tandis que les sites institutionnels conservent avant tout une fonction informative et documentaire. L’étude met ainsi en évidence un paysage partisan où l’influence numérique repose de plus en plus sur la capacité à susciter l’engagement plutôt que sur la simple accumulation d’audience. Ajoutez votre commentaire Conditions de publication : Les commentaires ne doivent pas être à caractère diffamatoire ou dénigrant à l'égard de l'auteur, des personnes, des sacralités, des religions ou de Dieu. Ils ne doivent pas non plus comporter des insultes ou des propos incitant à la haine et à la discrimination.

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